Macro-économie / Taux / crédit immobilier / France / crédit à la consommation / ménages
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Les ménages français lèvent le pied sur le crédit / Leur situation financière les rend plus prudents
Les ménages hexagonaux sont de moins en moins enclins à souscrire à de nouveaux crédits mais pas inquiets quant à leur capacité à rembourser ceux déjà contractés. Un constat qui semble indiquer que l’heure est davantage à la résilience dans l’Hexagone qu’à la dépense tous azimuts.
La 35ème publication du rapport annuel de l’Observatoire des crédits aux ménages (OCM) est cependant particulièrement rassurante en ce qui concerne la question de la charge du remboursement des crédits passés. Il est fait état qu’en 2022, " le sentiment partagé par 87,3 % des ménages est celui de charges de remboursement supportables : cette proportion se situe au-dessus de sa moyenne de longue période (85,6 %)." Une situation qui s’explique notamment par un recours peu fréquent au taux variable, notamment en ce qui concerne l’immobilier.
Calme à l’horizon
Après le beau temps, la pluie ? C’est ce qui semble avoir succédé à cet environnement de taux bas qui était propice à la consommation de crédits. Les ménages ont ainsi été jugés par l’OCM comme ayant " cette année tenu compte de l’excès d’optimisme des années passées." De fait et ce "pour la plupart des ménages, le pouvoir d’achat se serait dégradé dans un contexte de reprise de l’inflation, comme cela s’observe aussi chez les ménages ne détenant pas de crédit."
Un constat qui explique en grande partie la faible appétence des ménages actuels à contracter de nouveaux crédits, l’OCM argue ainsi que " les intentions de souscrire des crédits immobiliers (3,9 %) sont les plus faibles de ces 25 dernières années et très en deçà de leur moyenne de longue période, comme d’ailleurs celles concernant les crédits à la consommation (3,6 %)."
Usure en vue
Le rapport ne traitant pas directement des sujets liés à l’usure, même si les auteurs n’écartent pas de s’y attarder dans le futur, nul doute que le resserrement des conditions de crédit n’est pas étranger à cette frilosité des ménages hexagonaux. Alors que la Banque de France a annoncé la mensualisation temporaire du taux d’usure, reste à voir si cela produira des effets notables sur la propension des Français à investir dans les actifs immobiliers.
Pour l’heure, ils semblent moins à enclin à faire des dépenses annexes et plutôt à prioriser les dépenses principales : l’OCM relève ainsi que la "détention des crédits destinés à l’acquisition d’un autre logement diminue (5,5 %), après 2 années durant lesquelles elle se maintenait à haut niveau (6,0 %). Et la détention des crédits pour financer des travaux recule encore : 4,2 %, au plus bas depuis 1989", alors que dans le même temps "la part des ménages accédant à la propriété se maintient à 24,1 %, un de ses plus hauts niveaux depuis 20 ans." Une donne déjà présente dans les dernières publications de la Banque de France sur le crédit immobilier, qui soulignait que cette proportion ne déclinait pas encore et notamment en ce qui concerne la part des ménages modestes qui représentent toujours près de 20 % des primo-accédants.
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