Taux - Dette Souveraine / crédit immobilier / France / Banque de France
Taux - Dette Souveraine
crédit immobilier / France / Banque de France
Un crédit immobilier hexagonal loin de faire pâle figure / Sa normalisation est l’une des plus progressives qui soit
Un Hexagone sous tension. La hausse des taux d’intérêt cristallise les craintes d’un effondrement de la production de crédit immobilier dans le pays. La Banque de France tempère cependant la frénésie intellectuelle issue du resserrement monétaire et réitère sa confiance dans l’architecture de l’écosystème hexagonal, en particulier sa dimension réglementaire.
Retour à la normale
Plus qu’une détérioration inquiétante de la production de crédit immobilier, l’institut d’émission voit un retour de cet indicateur à sa moyenne de long terme. C’est donc sans surprise qu’il est avancé que "le crédit immobilier revient aujourd’hui logiquement aux niveaux de taux d’intérêt et de volume de production de la période antérieure à 2015." Une situation certes peu habituelle mais meilleure qu’ailleurs sur le vieux continent, les équipes de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, arguant notamment que la "normalisation se passe de façon la plus progressive et ordonnée pour les emprunteurs : le crédit y est moins cher, plus abondant et plus sûr que chez tous nos voisins européens."
Une nouvelle bienvenue pour l’Hexagone, puisque comme nous l’écrivions en début d’année, le poids de la production immobilière est très importante en France. Par exemple en ce qui concerne les crédits à l’habitat, ils pesaient 9,7 % du PIB hexagonal l’an passé, contre 6,1 % pour l’Allemagne ou 4,8 % pour l’Espagne. De quoi légitimer le maintien de la confiance dans les mesures d’octroi du HCSF, puisqu’il est rappelé que leur objectif "n’est pas en effet de rendre le crédit plus rare, mais de le rendre plus sûr." Les quelques flexibilités permises aux Banque sont d’ailleurs réservées très majoritairement aux primo-accédants (à 80 %).
De quoi légitimer tant le maintien d’un taux d’effort maximum de 35 %, que celui de la maturité maximum de 25 ans pour les crédits immobiliers à l’octroi ou encore d’une marge de flexibilité de 20 % de la production trimestrielle.
Rester sur ses gardes
La situation n’en est pas idyllique pour autant et la note de la Banque de France en convient aisément, reconnaissant que "la remontée des taux d’intérêt rend bien sûr les emprunts moins attractifs et certaines mensualités trop lourdes." Néanmoins elle considère avoir pris les mesures nécessaires pour éviter que l’économie ne se grippe avec " le bon réglage du taux de l’usure, désormais mensualisé, [qui] y contribue. L’accès au crédit reste équitable entre les différentes catégories d’emprunteurs (dont les primo-accédants) et les différents âges."
De quoi laisser passer l’orage de la normalisation et ce d’autant plus qu’il y aurait actuellement une moindre demande en provenance des ménages, étant donné qu’ils " ont satisfait beaucoup de leurs demandes durant ces années, y compris jusqu’au premier semestre 2022. "
La France n’a cependant pas que des avantages pour surmonter cette conjoncture délicate, en particulier l’endettement de ses ménages est actuellement évalué à 66 % du PIB là où la moyenne de la zone euro est de 58 %. Une raison parmi d’autres pour expliquer la volonté des autorités françaises de maintenir un cadre réglementaire qui encadre strictement le risque dans l’Hexagone.
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