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Régulation / Concurrence / cryptoactifs / fmi

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Le FMI tape à son tour sur les cryptoactifs / Mieux vaut prévenir que guérir

Les mois passent et les différentes institutions financières internationales tapent tour à tour sur les cryptoactifs. Le Fonds monétaire international vient de dévoiler neuf principes, conçus pour aider ses membres à construire des politiques prenant en compte les spécificités des cryptoactifs.
Bitcoin. John Marshall Mantel/ZUMA-REA/ZUMA-REA
Bitcoin. John Marshall Mantel/ZUMA-REA/ZUMA-REA

"Ne rien faire est intenable, car les cryptoactifs peuvent continuer à évoluer malgré le ralentissement actuel". Après la Banque des règlements internationaux, c’est donc au tour du Fonds monétaire international de prendre la parole sur ce sujet brûlant.

Il faut dire que les critiques contre les cryptoactifs sont bien plus audibles actuellement, à la suite des difficultés récentes d’acteurs importants du secteur et la baisse globale de la valorisation des différents actifs. Le discours du FMI s’inscrit également en droite ligne avec les préoccupations de souveraineté ravivées par la pandémie. L’une des propositions effectuées fait la part belle à la sauvegarde de " la souveraineté et la stabilité monétaire en renforçant les cadres de politique monétaire" et ce en veillant à "ne pas accorder aux cryptoactifs le statut de monnaie officielle ou de cours légal. "

La prudence est bel et bien de mise comme lorsqu’il est question de " se prémunir contre une volatilité excessive des flux de capitaux " ou plus important encore de veiller à "l’impact des cryptoactifs sur la stabilité du système monétaire international." Un paysage dans lequel le FMI se verrait bien jouer le rôle de "passerelle" et de "leader d’opinion" pour piloter la coopération internationale sur le sujet.

 

Fin de l’insouciance

 

L’eldorado de la crypto et le mirage de l’argent facile associé toucheraient donc à leur fin. C’est du moins l’issue que semble lui prédire l’institution dirigée par Kristalina Georgieva. Dans l’esprit de son conseil d’administration, il est devenu urgent de serrer la vis et d’appliquer "un traitement fiscal sans ambiguïté des cryptoactifs", en exposant à la vue de tous les risques fiscaux qui y sont associés.

Un travail qui nécessitera tant un développement des règles prudentielles spécifiques aux acteurs du marché des cryptoactifs, que de développer un cadre juridique sécurisé. Ce qui doit permettre de traiter les risques associés de façon efficiente. Une question érigée en priorité par le FMI, puisque ses "administrateurs observent généralement que si les avantages potentiels supposés des cryptoactifs ne se sont pas encore matérialisés, des risques importants sont apparus."

 

Un pour tous, tous pour un

 

Parmi les écueils accompagnant la démocratisation des cryptoactifs, figurent les risques macroéconomiques, en particulier l’efficacité de la politique monétaire. Qui s’accompagnent "de graves préoccupations concernant la stabilité financière, l’intégrité financière, les risques juridiques, la protection des consommateurs et l’intégrité du marché", ce qui de fait aurait "des répercussions sur les politiques qui sont au cœur du mandat du FMI." Ce dernier doit lui permettre de contribuer à renforcer la coopération mondiale, afin de développer des infrastructures numériques adéquates selon le mot d’ordre "même activité, même risque, même réglementation."

Autant de dangers à l’horizon qui poussent le FMI à recommander la construction d’un "cadre de surveillance conjoint entre les différentes agences et autorités nationales", qui serait suivi "d’accords de collaboration internationaux pour améliorer la supervision et l’application des réglementations relatives aux cryptoactifs." Un système à même de dissuader les États de faire d’une cryptomonnaie une monnaie officielle, à l’instar du Salvador. Pour mieux mesurer les dangers d’un tel choix, l’institution basée à Washington propose que "les risques budgétaires posés par les cryptoactifs, y compris les dettes éventuelles envers le gouvernement [soient] pleinement divulgués dans le cadre de la déclaration des risques budgétaires des pays. "

Le conseil d’administration du FMI se défend cependant de tuer toute velléité de progrès et il rappelle "que la réglementation doit veiller à ne pas étouffer l’innovation, et que le secteur public pourrait tirer parti de certaines des technologies sous-jacentes des cryptoactifs pour atteindre ses objectifs de politique publique." Un discours similaire à ce que Fabio Panetta, membre du directoire de la Banque centrale européenne, avance pour défendre les bienfaits du projet d’euro numérique ou autre prospection de monnaie numérique de banque centrale.

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