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Berkshire Hathaway entre perte et profit / Warren Buffett ardent défenseur des rachats d’actions
"Les mauvaises herbes se fanent […] alors que les fleurs s'épanouissent. ". C’est avec son sens de la poésie habituel que Warren Buffett s’est adressé aux actionnaires de sa société d’investissement Berkshire Hathaway dans son rapport annuel d’investissement publié ce week-end. " Il suffit de quelques [investissements] gagnants pour faire des merveilles", a aussi rappelé celui qui a bâti sa fortune sur ses investissements intuitifs.
En apparence, l’exercice 2022 de son fonds d’investissement pourrait sembler mitigé au vu de l’importante perte nette de 22,82 milliards de dollars publiée, à comparer au bénéfice de 89,8 milliards de dollars enregistré l’année précédente. Ce dernier avait beaucoup profité de la progression des marchés d’actions américains, qui se sont beaucoup moins bien comportés l’an dernier.
Mais, beaucoup plus important, le bénéfice d'exploitation de l'entreprise, qui désigne le résultat calculé selon les normes GAAP (ou "generally accepted accounting principles " soit les règles comptables en vigueur aux Etats-Unis) mais hors les plus ou moins-values des participations, a établi un record à 30,8 milliards de dollars. "Charlie [Munger, associé de Warren Buffett] et moi nous concentrons sur ce chiffre opérationnel et vous invitons à faire de même. Le chiffre GAAP, sans notre ajustement, fluctue de façon sauvage ", a souligné l’homme d’affaires.
Et à l’Oracle d’Omaha de pointer, à l’appui de son raisonnement, le " comportement erratique " du résultat net d’un trimestre à l’autre en 2022, entre un bénéfice de 5,5 milliards de dollars au premier trimestre, puis une perte de 43,8 milliards de dollars au deuxième, une perte de 2,7 milliards de dollars au troisième trimestre, suivie d’un bénéfice de 18,2 milliards de dollars au quatrième. En comparaison, le résultat d’exploitation a, il est vrai, montré un comportement beaucoup plus régulier, avec des bénéfices de 7 milliards de dollars au premier trimestre, de 9,3 milliards de dollars au deuxième, de 7,8 milliards de dollars au troisième et de 6,7 milliards de dollars au quatrième.
"Les gains en capital, bien sûr, ont été extrêmement importants pour Berkshire au cours des dernières décennies, et nous nous attendons à ce qu'ils soient encore très positifs dans les décennies à venir ", soutient le milliardaire de 92 ans, fidèle à sa vision de long terme. Mais, pointe-t-il, "leurs fluctuations trimestre par trimestre, régulièrement et inconsidérément mises en avant par les médias, désinforment totalement les investisseurs ".
Le moteur de l’assurance dommage
Outre un bénéfice d’exploitation record, le patron de Berkshire Hathaway met aussi en avant l’acquisition réalisée l’an dernier pour 11,6 milliards de dollars d'Alleghany, groupe d’assurance dommage, dans la grande tradition du fonds, l’assurance dommage étant depuis toujours le secteur de prédilection du milliardaire. "Notre activité d'assurance dommages a été le moteur de la croissance de Berkshire depuis 1967", a d’ailleurs rappelé Warren Buffett. Il en a d’ailleurs aussi rappelé la raison, : le fait que "les assureurs reçoivent les primes à l'avance et paient les sinistres plus tard ", soit un modèle économique qui "consiste à encaisser maintenant et à payer plus tard " et permet aux assureurs d’investir ces fonds dont ils disposent temporairement pour leur propre bénéfice.
Et puis, les rachats d’actions, une pratique à laquelle le célèbre investisseur a pourtant été longtemps opposé, auront encore été importants en 2022 pour Berkshire Hathaway. Après leur niveau record de 27,1 milliards de dollars de 2021, les rachats par la société de ses propres actions se sont élevés à 7,9 milliards de dollars en 2022. Une pratique dont le groupe a également bénéficié au travers de ses participations, en particulier chez Apple et American Express, dont les rachats ont permis à Berkshire d’augmenter sa participation "sans aucun coût pour nous ", a souligné Warren Buffett.
Sur ce sujet, l’investisseur légendaire ne s’est d’ailleurs pas retenu d’envoyer une pique manifeste au président américain, Joe Biden, qui a récemment appelé à relever drastiquement le niveau de la fiscalité sur les rachats d’actions, souhaitant faire passer le taux d'imposition de 1% à 4%. Selon Warren Buffett, " lorsque l’on vous dit que tous les rachats sont nuisibles aux actionnaires ou au pays, ou particulièrement bénéfiques aux PDG, vous écoutez soit un analphabète économique, soit un démagogue".
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