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Transition écologique ; Investissements ; BEI ; IRA ; Entreprises ; Changement climatique ; Neutralité carbone

Environnement / transition écologique / Investissements / BEI

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L’Europe encore trop hésitante sur le climat / Des investissements toujours à la traîne

L’Union européenne investit trop peu dans la transition écologique, selon un rapport de la Banque européenne d’investissement. Si les progrès sont réels, ils sont encore trop faibles pour tenir les engagements climatiques et faire jeu égal avec les États-Unis.
Il manquerait près de 360 milliards d'euros par an pour limiter les émissions de gaz à effet de serre en Europe, selon la BEI (Arnaud HEBERT/REA)
Il manquerait près de 360 milliards d'euros par an pour limiter les émissions de gaz à effet de serre en Europe, selon la BEI (Arnaud HEBERT/REA)

L’Europe risque de rater le coche de la transition verte. Les investissements des entreprises et des gouvernements du Vieux Continent pour limiter le changement climatique "progressent" mais restent "nettement" insuffisants pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, alerte la Banque européenne d’investissement (BEI) dans son dernier rapport. "Les investissements en faveur du climat dans l’Union européenne (UE) ont rebondi après avoir chuté pendant la pandémie", reconnaît la BEI à l’occasion de son Forum annuel au Luxembourg. "Mais ils doivent considérablement s’intensifier si l’Europe veut atteindre ses objectifs", ajoute-t-elle.

L’investissement annuel nécessaire pour parvenir à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030 – un autre engagement climatique de l’UE – s’élèverait à 1 040 milliards d’euros, selon les calculs de la BEI. L’Europe est pourtant encore loin du compte : entre 2010 et 2020, les Vingt-Sept ont en moyenne dépensé 683 milliards d’euros par an. Ce sont donc près de 360 milliards qui sont venus à manquer chaque année lors de la dernière décennie.

 

La menace américaine

 

L’urgence est d’autant plus pressante que de l’autre côté de l’Atlantique l’Inflation Reduction Act (IRA), vaste plan de soutien de presque 400 milliards de dollars à la transition écologique adopté par l’administration Biden, "renforcera le défi compétitif posé par les entreprises américaines" à leurs concurrentes européennes.

Même si ce n'est pas l'avis de tout le monde, les mesures de subventions américaines ont "le potentiel pour encourager les entreprises à relocaliser aux États-Unis les industries vertes innovantes", souligne la banque spécialisée dans le financement à long terme des priorités de l’Union européenne. D’où l’impératif pour les gouvernements européens, de "protéger les investissements publics en les érigeant en priorité", par exemple en puisant dans les fonds de relance post-Covid, intime la BEI.

Mais le déficit d’investissement sur le continent par rapport aux États-Unis dépasse largement le simple cadre de la transition écologique. Les chiffres de la BEI montrent ainsi la persistance d’un écart d’investissement productif des entreprises de 1,5 à 2 points de pourcentage de PIB entre les deux zones économiques, qui s’est installé depuis la crise financière. Pire, les entreprises européennes seraient également moins susceptibles d’innover que les entreprises américaines, un écart qui se creuse sur les dernières années.

 

Pour "une voie claire et ambitieuse"

 

Tout n’est pas noir non plus. Ainsi, presque neuf entreprises européennes sur dix ont déclaré avoir investi sous une forme ou une autre pour atténuer les effets du changement climatique, la plupart d’entre elles ayant pris des mesures en matière d’efficacité énergétique et de réduction des déchets. La crise énergétique n’y serait pas pour rien puisque les firmes qui perçoivent les coûts énergétiques comme un obstacle majeur sont plus susceptibles, de l’ordre de 3 points de pourcentage, d’investir dans la transition écologique.

Pour autant, les perspectives d’investissement des entreprises européennes pour lutter contre le changement climatique restent "mitigées", l’incertitude et les obstacles administratifs affaiblissant les incitations à l’investissement créées par les coûts élevés de l’énergie. La BEI déplore toujours l’absence d’une "voie claire et ambitieuse pour la transition verte".

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