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Macro-économie / Taux / politique prudentielle / banques centrales / BRI / Inflation

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La politique prudentielle plus qu’une contrainte, un outil ? / La lutte contre l'inflation nécessite d'envisager toutes les possibilités

Un resserrement prudentiel afin de faciliter celui monétaire. Voici la possibilité explorée par la Banque des règlements internationaux dans son dernier rapport trimestriel.
Banque des reglements internationaux ©Pierre GLEIZES/REA
Banque des reglements internationaux ©Pierre GLEIZES/REA

"Nous constatons que le durcissement de la politique prudentielle permet d’éviter la domination financière. " Le dernier rapport trimestriel de la Banque des règlements internationaux dresse un constat sans appel ; l’utilisation de la politique prudentielle est nécessaire pour éviter qu’une ou plusieurs Banques centrales n’hésitent à utiliser la politique monétaire par crainte de déstabiliser le système financier.

Un outil à utiliser certes, mais l’institution précise que le "choix du moment est essentiel et le bon moment dépend de la nature de l’instrument prudentiel". Puisque "certaines exigences réglementaires sont conçues pour être renforcées en période d’expansion financière, lorsque le risque systémique augmente, et pour être allégées en période d’effondrement, lorsque le risque systémique se matérialise". Les auteurs avancent qu’il est crucial de travailler à une plus grande résilience afin de préserver la stabilité financière. In fine, il s’agit de "donner aux banques centrales une plus grande marge de manœuvre pour relever leur taux directeur et combattre les pressions inflationnistes sans entraîner de tensions financières".

 

Les mains libres

 

L'outil n'est pourtant pas nouveau, mais il retrouve de sa pertinence dans la situation actuelle. Les équipes de la BRI estiment ainsi que sur les 38 épisodes associés à des épisodes de stress financier, "pas moins de 33 se sont produits après 1985 et 20 après 1990. Une raison essentielle est que, jusqu’au début des années 1980, les systèmes financiers étaient largement réprimés par un large éventail de réglementations et de contrôles, tant nationaux que transfrontaliers. " L’ensemble de cet arsenal de mesure réduisant alors considérablement les possibilités de déséquilibres du secteur financier.

De fait, pour avoir les mains libres en période de resserrement budgétaire, la banque basée à Bâle rappelle une évidence ; "plus le niveau d’endettement initial est élevé, plus la pression sur le système financier sera forte au fur et à mesure" des hausses de taux. Le niveau initial d’inflation au début de l’action des banquiers centraux ne jouerait ainsi qu’à la marge et "il ne devrait avoir une influence sur la probabilité de tensions financières que dans la mesure où il induit un resserrement monétaire plus important et plus prolongé. "

 

Pas de solution miracle

 

Passé ce constat, la question du timing reste prépondérante tant "le calibrage des mesures prudentielles devient complexe", notamment afin de ne pas faire coïncider l’arrivée des conditions financières trop strictes précisément quand l’économie connaît une crise.

Là réside tout l’art des banquiers centraux, d’un côté si "l’effet est suffisamment fort, il pourrait affaiblir l’économie et donc le système financier." Alors que dans le même temps, les mesures prudentielles renforcées contribuent à "la résilience du système financier face à un durcissement des conditions financières." D’autant plus que de telles "mesures sont particulièrement utiles lorsque le resserrement monétaire intervient dans un contexte de fortes pressions inflationnistes, qui induiraient un resserrement plus intense, ou de dette privée plus élevée." Or, il s’agit de "deux caractéristiques essentielles du contexte macro-financier actuel " selon la BRI.

Pas de miracle cependant, la meilleure réponse a une crise est de préparer une réponse solide en amont. La meilleure "idée étant de mettre en place des tampons, en renforçant la capitalisation et la position de liquidité des prêteurs ou en améliorant la capacité des emprunteurs à faire face à une détérioration de leurs flux de trésorerie, de leurs revenus ou de leurs bilans". Des efforts déjà entrepris par un "certain nombre de pays", tant en réaction "aux expansions financières observées lors de la reprise post-pandémique", que lors de la dernière décennie. Des mesures appelées à être poursuivies, notamment en raison des nouveaux défis inflationnistes que va induire la transition énergétique.

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