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Crédit Suisse / UBS / Agence de notation / S&P / Moody's / Fitch

krach Le défi de l'intégration de Credit Suisse dans UBS / Les agences de notation pointent les risques d’exécution

KRACH BANCAIRE. Le rachat en urgence de Credit Suisse ne signifie pas que tout risque a définitivement disparu. Les agences de notation, dont c’est le métier, pointent à juste titre celui lié à l’intégration de l’établissement en difficulté par UBS. Tout en maintenant leur vision très solide du profil de crédit de la première banque suisse à ce stade, elles seront attentives au bon déroulement de l’opération et n’excluent pas d’abaisser leur note si jamais les choses venaient à tourner plus mal que prévu.
L'intégration de Credit Suisse dans UBS ne sera pas une mince affaire - Rafael Henrique/ZUMA-REA/ZUMA-RE
L'intégration de Credit Suisse dans UBS ne sera pas une mince affaire - Rafael Henrique/ZUMA-REA/ZUMA-RE

Quelle est la somme d’une grande banque à faible risque et d’une banque moins grande mais très risquée ? Réponse : une banque encore plus grande, toujours solide, mais au profil de crédit placé sous surveillance. Les trois grandes agences de notation, S&P, Moody’s et Fitch viennent toutes d'abaisser leur perspective, passée de "stable" à "négative", sur leur note à long terme (chacune confirmée à respectivement A-, A3 et A+) de la plus grande banque suisse UBS après l'annonce que celle-ci allait racheter sa consoeur Credit Suisse pour la sauver de la faillite.

Alors que l’union des deux banques devrait être réalisée "si possible" d'ici fin 2023, a indiqué Credit Suisse, son intégration par UBS représente assurément un défi. Le risque d'exécution est "important étant donné la taille et le profil de crédit plus faible de Credit Suisse et en particulier la complexité de la liquidation d'une grande partie des opérations de banque d'investissement de Credit Suisse", souligne notamment S&P. A l’origine des scandales qui l’ont fragilisée, ce métier a largement contribué aux pertes subies l’an dernier par la deuxième banque helvète. Pour l’intégrer à sa propre division de banque d’investissement, UBS va devoir user d’une extrême précaution.

Afin de ne pas récupérer d’éventuels cadavres dans les placards, la création d’une structure de défaisance pour les actifs toxiques ou soumis à des contentieux s’avérera nécessaire. Dans le même temps, le vaste programme de restructuration lancé en octobre dernier par Credit Suisse, prévoyant la suppression de 9 000 emplois à l'échelle mondiale, dont 2 000 en Suisse, est appelé à s’amplifier.

 

Défi financier et culturel

 

UBS prévoit ainsi des réductions de coûts de plus de 8 milliards de dollars par an d'ici à 2027 liées au rapprochement. Mais des retards dans la restructuration et les perturbations que celle-ci pourrait engendrer sur les revenus font peser un "risque d'affaiblissement de la position concurrentielle du groupe combiné ou d'une sous-performance par rapport à ses objectifs financiers", met en garde S&P.

L’un des enjeux consistera à "conserver le personnel clé de Credit Suisse pendant la durée de la transaction" tout en "minimis[ant] la perte de clients qui se chevauchent dans ses activités bancaires et de gestion de fortune en Suisse", abonde Moody’s. Le défi s’annonce également culturel avec "la nécessité d'unifier les cultures de deux organisations quelque peu différentes, tout en veillant à ce que l'appétit pour le risque et les contrôles soient à la fois améliorés et maintenus aux niveaux définis par UBS", ajoute l’agence. 

Fitch ne dit pas autre chose, voyant "un risque d'exécution important pendant une période prolongée". L'acquisition prévue est "susceptible d'affaiblir la rentabilité du groupe pendant la phase de restructuration et d'intégration", selon l’agence, qui pointe aussi "l'affaiblissement potentiel de l'activité, du risque et du profil financier d'UBS au cours de l'intégration et de la restructuration du Credit Suisse dans un environnement de plus en plus difficile".

 

Des risques mais faibles

 

Les importantes mesures de soutien dont les autorités helvètes ont assorti le rachat de Credit Suisse doivent néanmoins permettre à UBS d'accélérer la liquidation des actifs toxiques "hérités" et de limiter efficacement les coûts financiers de l'intégration. S&P juge ainsi que les risques pour UBS "sont faibles dans l'ensemble en raison de la protection importante conférée par les conditions de la transaction". Notamment, UBS va bénéficier d'une garantie de quelques 9 milliards de francs du gouvernement qui sert d'assurance si des problèmes devaient être découverts dans des portefeuilles très spécifiques de Credit Suisse.

Également, la dépréciation totale controversée des quelques 16 milliards de francs suisses d'instruments additionnels de niveau 1 (AT1) de CS renforcera encore les fonds propres de base de l'entité combinée. Cet amortissement intégrale renforcera le ratio Common Equity Tier 1 (CET1) de Credit Suisse d'environ 600 points de base à environ 20%, pro-forma fin 2022, estime Moody’s.

Les deux groupes bancaires disposent par ailleurs d’un accès sans restriction aux facilités proposées par la Banque nationale suisse (BNS), ainsi que d'une aide sous forme de liquidités jusqu’à concurrence de 100 milliards de francs.

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