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Zone euro : le stress bancaire pourrait affecter la croissance /
Un durcissement des conditions de crédit en gestation ?
Les mois passant, la liste de vents contraires auxquels l’économie de la zone euro est confrontée ne fait que s’allonger. En effet, la croissance économique des vingt pays partageant la monnaie unique pourrait être pénalisée par le fait que l’on observe depuis quelques semaines une montée de l’incertitude vis-à-vis du secteur bancaire ; incertitude nourrie par les faillites de trois banques américaines et par l’acquisition, menée tambour battant, de Credit Suisse par UBS.
Restriction du crédit ?
Le principal canal à travers lequel l’activité économique du Vieux continent pourrait être affectée est celui de “la réduction des prêts bancaires - mesurés par les normes de crédit dans l’enquête sur les prêts bancaires de la Banque centrale européenne - qui se contractent déjà en réponse à la hausse des taux d’intérêt”, avance une étude de Goldman Sachs.
Pour estimer cet impact, les économistes de la banque américaine ont notamment comparé les variations historiques des conditions d’accès au crédit et celles des cours des actions des banques, spread de crédit et indices de stress financier.
Tant et si bien que, “notre analyse suggère que si ces indicateurs de haute fréquence restent à leurs niveaux actuels, les séries BLS [Bank Lending Survey, enquête trimestrielle de la BCE auprès des banques, ndlr] pourraient se resserrer encore d’environ 10 points de pourcentage dans la zone euro”, jugent-ils.
Pour mémoire, le resserrement observé pendant la crise financière mondiale était de 50 points et il atteignait 20 points lors du déclenchement de la crise des dettes souveraines en zone euro. “Nos résultats suggèrent qu’un resserrement de 10 points de base des normes de prêt réduit le niveau du PIB réel après 6 trimestres de 0,25 % dans la zone euro”, indiquent les économistes.
En conséquence de quoi, la firme américaine, qui a mesuré l’impact du stress bancaire en s’appuyant également sur l’évolution d’un indice d’incertitude, a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro. "Nous voyons maintenant une croissance trimestrielle non annualisée de +0,1 % au T2 (inchangé), +0,1 % au T3 (-0,1 point de pourcentage), +0,3 % au T4 (-0,1 point), et +0,3 % au 2024T1 (-0,1 point)", anticipent-ils.
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