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défaillances d'entreprises / PME/ETI / Banque de France / Ifop / Fiducial
Les défaillances d'entreprises reprennent doucement mais sûrement / Les actions gouvernementales n'inspirent plus confiance aux dirigeants de TPE
L'année 2023 n'a pas débuté sous les meilleurs auspices pour les entreprises françaises. Dès le mois de février, les prévisions d'experts tablaient sur un retour aux niveaux d'avant-Covid du nombre de leurs défaillances. Si un mur de faillites ne devrait pour autant pas se dresser sur l'année à venir, il reste que la proportion d'entreprises ayant déposé leur bilan s'affiche en nette progression.
Ainsi, sur le mois de mars 2023, le nombre de défaillances d'entreprises s'est apprécié de 49 % par rapport à l'année passée, rapportent les données de la Banque de France. Avec 45 120 procédures ouvertes, le niveau reste inférieur à ce qui avait été observé avant la crise du Covid : au mois de mars 2019, 54 193 ouvertures de procédures avaient été enregistrées. Pour l'institution monétaire, les explications de ce moindre nombre de dépôts de bilan sont claires. "Les défaillances ont en effet fortement reculé à compter du début de la crise sanitaire, à la suite de la modification temporaire des dates de caractérisation et de déclaration de l’état de cessation de paiements, puis aux mesures publiques de soutien en trésorerie permettant d’éviter cet état de cessation des paiements", explique-t-elle.
Plus difficile pour certaines
Dans le détail, si les différentes mesures mises en place par les pouvoirs publics au travers du "quoi qu'il en coûte" ont donc permis à l'ensemble des entreprises françaises de garder la tête hors de l'eau, les petites et moyennes entreprises (PME) ont été plus particulièrement touchées par ce mouvement de remontée des défaillances. Elles représentent, de fait, la quasi intégralité des ouvertures de procédures.
En effet les PME ont été, en mars 2023, 45 081 à faire défaut (sur 45 120 procédures donc recensées par la Banque de France). Et hors microentreprises et entreprises de taille indéterminée, ce sont les très petites entreprises (TPE) qui se sont retrouvées - en valeur - en première ligne. Elles auront été 2 081 à mettre la clé sous la porte sur le mois passé, soit une progression de 85,1 % du nombre de défaillances sur un an.
La défiance grandit
Une situation difficile qui a été intégrée par leurs patrons dès le début de l'année. La défiance, les inquiétudes et le pessimisme se sont ainsi invités dans leurs perceptions. Et, tout d'abord, à l'égard du gouvernement. Au cours du premier trimestre, dans un contexte économique morose et face à une inflation que les banques centrales peinent à faire ralentir, 66 % des patrons de TPE ont ainsi déclaré ne plus avoir confiance dans les actions économiques annoncées ou mises en place par le gouvernement d'Emmanuel Macron, pointe le baromètre des TPE réalisé par l'Ifop pour Fiducial. Ce qui représente une hausse de près de 30 points depuis la première élection du chef de l'Etat en 2017. En cause plus particulièrement, les mesures gouvernementales anti-inflation qui auraient pour 48 % des dirigeants de TPE un impact négatif sur leur entreprise.
Alors leurs prévisions s'assombrissent. Pour 44 % des patrons de TPE faisant face à des difficultés financières, il est ainsi envisageable de déposer leur bilan ou de cesser volontairement leur activité pour ne pas perdre davantage de ressources. La statistique s'inscrit aussi dans une vision de plus en plus inquiète du climat des affaires, puisque les trois quarts des dirigeants de TPE l'observent en effet d'un oeil pessimiste. Et ce qui se reflète, enfin, mais dans une moindre mesure, sur la vision de leur entreprise : plus de la moitié des patrons de TPE se déclarent ainsi inquiets quant à leur propre commerce.
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