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Défaillances d'entreprises ; Altares ; Conjoncture ; TPE ; PME ; ETI ; Dette Covid

Indicateurs macros / défaillances d'entreprises / PGE / France / Conjoncture

Indicateurs macros
défaillances d'entreprises / PGE / France / Conjoncture

Fort rebond des défaillances d’entreprises au premier trimestre / Une tendance amenée à se poursuivre

Les défaillances d’entreprises continuent de progresser au premier trimestre 2023, selon le cabinet Altares, marquant un retour aux niveaux prépandémiques. La dette Covid pèse lourd pour les entreprises et la situation des PME-ETI se dégrade.
L'enseigne Go Sport fait partie 14 317 procédures entamées depuis le début de l'année (Sebastien ORTOLA/REA)
L'enseigne Go Sport fait partie 14 317 procédures entamées depuis le début de l'année (Sebastien ORTOLA/REA)

Fini l’insouciance du "quoi qu’il en coûte". Avec 14 317 procédures depuis le début de l’année, le niveau des défaillances d’entreprises augmente de 44 % sur un an au premier trimestre 2023, pour un total de 59 000 emplois menacés, d’après une étude du cabinet Altares. "Loin de signer un record de défaillances", ces données restent "dans la moyenne" bien qu’elles marquent un dur retour à la réalité après la parenthèse Covid, indique Thierry Million, directeur des études chez Altares.

 

Dette Covid

 

Les entreprises doivent aujourd’hui rembourser les prêts garantis par l’État contractés au plus fort de la pandémie. Or, les difficultés s’accumulent depuis 2020 – pénuries de matières premières, crise énergétique ou encore inflation – et certaines entreprises ne parviennent pas à retrouver un niveau de revenu suffisant pour régler leur emprunt. "La dette Covid pèse davantage dans un contexte économique défavorable. Avec un chiffre d’affaires qui stagne et des charges qui augmentent, l’effet ciseau est difficilement tenable", poursuit Thierry Millon.

Mais si le nombre de défaillances reste encore conforme aux attentes, le rythme ne ralentit pas et cela alors que les recouvrements forcés de l’Urssaf ne reprennent que depuis peu. "Amortisseur social et économique durant le Covid, partenaire de la relance pendant la reprise, l’Urssaf reprend désormais progressivement les procédures de recouvrement pour lui permettre à la fois de répondre à sa mission de financement de la protection sociale mais aussi garantir l’équité entre les entreprises", explique Thierry Millon.

"Plus qu’une normalisation c’est à un fort rebond des défaillances d’entreprises que notre économie doit faire face. Le retour à la situation avant Covid (2019) est déjà là, c’est désormais 2018 et ses 55 000 défauts qui est en ligne de mire", prévient le directeur des études.

 

Ça barde pour les PME et les ETI

 

Si les TPE demeurent – et de loin – les plus nombreuses à faire défaut (92 %), la situation des PME-ETI inquiète, avec des tendances bien plus sévères. Plus de 1 100 sociétés d’au moins 10 salariés ont fait défaut au cours de ce premier trimestre 2023 ce qui représente un bond de 59 % sur un an. "Ces 1 125 défauts ne touchent pas que l’employeur et ses salariés, mais tout un écosystème", alerte Thierry Million.

Dans le détail, la construction résiste encore bien par rapport à l’immobilier, l’habillement, l’industrie agroalimentaire, la restauration ou encore les services aux entreprises mais la perspective d’une dégradation dans le secteur laisse craindre une hausse plus marquée des défaillances.

"Il n’y aura pas de mur des faillites, mais la vigilance et l’anticipation sont de mise. Entre recouvrements forcés, panne de la consommation et immobilier en difficulté, finir 2023 avec 55 000 défaillances comme prévu serait une bonne chose, car les perspectives pourraient être bien pires", conclut Thierry Millon.

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