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Vivendi / universal music group / Bolloré / Daniel Kretinsky

Vivendi ne fait pas d’étincelles / Les surprises pourraient venir de Bolloré

Vivendi a vu son chiffre d’affaires progresser à un rythme modéré mais conforme aux attentes au premier trimestre. Au-delà des tendances opérationnelles, le marché s’interroge surtout sur les intentions du groupe Bolloré vis-à-vis de sa filiale, alors que la vente prévue de ses activités logistiques a relancé les spéculations sur le lancement d’une offre. Par ailleurs, Vivendi a obtenu une promesse d'achat du milliardaire Daniel Kretinsky pour Editis.
Yannick Bolloré, le président du conseil de surveillance de Vivendi - Eric TSCHAEN/REA
Yannick Bolloré, le président du conseil de surveillance de Vivendi - Eric TSCHAEN/REA

Ni franc motif de satisfaction ni déception. Le chiffre d’affaires de 2,29 milliards d’euros publié lundi par Vivendi au titre de son premier trimestre 2023 a progressé de 3,3%, conformément aux attentes. La filiale d’édition de jeux vidéo Gameloft a maintenu une forte croissance grâce au succès de sa réorientation stratégique vers les jeux pour PC et consoles : ses revenus ont grimpé de 14%. Vivendi Village, qui comprend les activités de billetterie a poursuivi sa reprise, voyant ses revenus bondir de 20,1%.

Mais à côté de cela, la croissance a été "à peine supérieure à 1% pour les deux principales entités opérationnelles, Canal+ et Havas", pointe le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Le chiffre d’affaires de Canal+ au premier trimestre s’est établi à 1,48 milliards d’euros, en progression de 2,2 % par rapport au premier trimestre 2022, mais en hausse de 1,2% à taux de change et périmètre constants. Pour Havas, le chiffre d’affaires d’Havas s’est élevé à 611 millions d’euros, en hausse 1,1% à taux de change et périmètre constants, une performance conforme aux anticipations mais nettement moins convaincante cependant que chez les pairs.

Sur la même période, les groupes publicitaires concurrents Omnicom et Publicis ont en effet affiché des croissance organiques de 5% et 7,1% respectivement sur le trimestre écoulé. En comparaison, le faible rythme d’Havas peut s’expliquer en partie par une base de comparaison élevée, alors qu’Havas avait enregistré une croissance de 11% au premier trimestre l’année passée.

Il reste que le profil du groupe a évidemment changé depuis la scission de la filiale musicale UMG intervenue en 2021. "Vivendi est aujourd'hui davantage une holding diversifiée qu'une véritable valeur média", dont "les actifs opérationnels connaîtront une croissance modérée par rapport à UMG", observe AlphaValue.

 

Les médias, une activité annexe ?

 

D’ailleurs, l’essentiel se situe probablement ailleurs que dans les tendances opérationnelles de l'entreprise. Comme le font remarquer les analystes de Barclays, il importe sans doute davantage aujourd’hui de savoir ce que Bolloré (la maison mère de Vivendi) compte faire si ses activités logistiques sont bien vendues à l’armateur CGA CGM, ou ce que fera Vivendi des liquidités qu’il pourrait récupérer si Telecom Italia (dont il détient 24% du capital) vient à vendre son réseau fixe.

La cession de la cession de Bolloré Logistics porterait la trésorerie du groupe Bolloré autour de 4,5 milliards d'euros, ce qui lui conférerait les moyens de prendre le contrôle de Vivendi, un scénario qui alimente de nombreuses spéculations depuis longtemps.

Interrogé sur le sujet lors de l’assemblée générale du groupe qui se tenait également lundi, Yannick Bolloré, le président du conseil de surveillance de Vivendi a botté en touche, appelant à poser directement la question au groupe Bolloré sur ses intentions.

Toutefois, même en cas d’OPA sur Vivendi, Bolloré ne devrait pas s'en tenir là, estime AlphaValue. "Il est probable que les médias restent une activité annexe qui ne mobilisera jamais beaucoup de ressources", pense le bureau de recherche, soulignant que la puissance de feu de Bolloré et Vivendi "serait d'environ 10 milliards d'euros à eux deux". Une remontée au capital d’UMG ne serait pas à exclure selon lui, alors que "Bolloré et Vivendi ne détiennent plus que 28 % d'une société qui est aujourd'hui moins chère qu'au moment de son introduction en bourse". D'autres idées pourraient inclure un certain nombre d'entreprises de qualité présentant des décotes importantes.

En attendant, le dossier du rachat de Lagardère évolue lui progressivement. Dans le cadre des remèdes présentés à la Commission européenne, Vivendi a conclu le 23 avril 2023 une promesse d’achat avec la holding CMI de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, pour la cession de 100 % du capital d’Editis, a annoncé le groupe.

L’Assemblée générale de lundi a par ailleurs a approuvé la distribution d’un dividende ordinaire de 0,25 euro par action au titre de l’exercice 2022. Le détachement du coupon interviendra le 25 avril 2023 pour une mise en paiement le
27 avril 2023.

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