Entreprises / Actions / Kering / Gucci / François Henri Pinault / Yves Saint Laurent
Entreprises / Actions
Kering / Gucci / François Henri Pinault / Yves Saint Laurent
Pour Kering, l’effet chinois prend son temps / Encore au ralenti, Gucci attend Sabato De Sarno
Pour les miracles, prévoir un délai. Dans un secteur du luxe où LVMH et Hermès ont profité à plein de la réouverture complète des frontières chinoises au premier trimestre, Kering continue à souffrir de la comparaison. Le numéro deux mondial du luxe, dont les ventes avaient reculé de 2 % au dernier trimestre de l’année dernière, a vu celles-ci rebondir modestement au premier trimestre de cette année.
Le chiffre d’affaires du groupe aux racines bretonnes s’est établi à 5,08 milliards d’euros sur les trois premiers mois de 2023, contre 4,96 milliards d’euros à la même période de 2022. Une performance certes légèrement supérieure aux 5,04 milliards d’euros anticipés par le consensus des analystes. Mais vu le rythme affiché par la concurrence, qui a fait bien mieux que prévu, les attentes s’étaient logiquement accrues. De fait, la croissance organique de 1 % des ventes de Kering se situe bien loin des 18 % de l’activité Mode & Maroquinerie de LVMH ou des 23 % d’Hermès. D’où la réaction négative des investisseurs : l’action Kering chutait de plus de 3 % mercredi en début d’après-midi, à 565 euros.
"Non seulement Gucci a été à la traîne du secteur, mais d’autres marques ont également montré des signes de décélération", pointent les analystes d’UBS. Dans le détail, Gucci, la marque étendard du groupe dirigé par François-Henri Pinault a réalisé un chiffre d’affaires de 2,62 milliards d’euros, en hausse de 1 % en données publiées et comparables. Yves Saint Laurent a fait un peu mieux, avec un chiffre d’affaires de 806 millions d’euros, en hausse de 9 % en données publiées et de 8 % en comparable.
Avec des ventes stables à 395 millions d’euros, Bottega Veneta déçoit alors que le consensus attendait une croissance organique de 2 %. De même pour les "Autres Marques", dont les ventes accusent un repli de 9 %, contre une baisse de 6 % anticipée. Notamment, "Balenciaga reste impactée par la mauvaise réception de la campagne de communication de la fin 2022", observe le bureau de recherche Oddo BHF.
Amélioration "encourageante"
Pour la suite, l’espoir repose logiquement sur Gucci. En perte de vitesse depuis l’an dernier, la marque italienne est en pleine transition alors que la direction de la création de la marque a été récemment confiée à Sabato De Sarno. Actuel directeur de la mode chez Valentino, celui-ci rejoindra l’entreprise en mai. Il présentera sa première collection lors de la Fashion Week Femme de Milan en septembre 2023.
En attendant, "l’amélioration progressive de l’activité tout au long de la période est encourageante", a souligné François-Henri Pinault. Et, si cela ne se voit pas encore beaucoup sur les chiffres de ventes globaux, le groupe bénéficie en Asie Pacifique du redémarrage de la Chine, où "la reprise se confirme mois après mois de telle sorte que nous avons achevé le mois de mars avec une performance extrêmement solide" a indiqué Jean-Marc Duplaix, le directeur financier de Kering, lors d’une conférence avec des analystes.
A très court terme, le deuxième trimestre se présente sous des auspices favorables. Car comme le fait remarquer le cabinet d’analystes Stifel, Gucci va bénéficier de bases de comparaison très favorables en Chine et plus faciles aux Etats-Unis, tout en profitant de tendances solides en Europe et au Japon jusqu’à maintenant.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

