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Sale temps sur la publicité de TF1 / Mais le digital et l’importante trésorerie font saliver
C’était à craindre. M6 avait donné le mardi en annoncént une baisse de son chiffre d’affaires lié à la baisse de ses recettes publicitaires. Et si celles de TF1 s’étaient plutôt bien tenues jusqu’à présent, les incertitudes macroéconomiques ont fini par les rattraper au premier trimestre.
Le chiffre d’affaires du groupe audiovisuel a chuté de 14,5 % sur les trois premiers mois de l’année, à 479,7 millions d’euros a-t-il annoncé jeudi. La faute à une baisse de la publicité, en recul de 6,9 % (hors effet de périmètre) à 340,7 millions d’euros sur le trimestre écoulé. Outre le contexte macro-économique incertain, "des tensions sectorielles spécifiques" dans les services financiers, la distribution et l’alimentation, ont pesé sur les investissements des annonceurs, explique le groupe dont Rodolphe Belmer a pris totalement les commandes en février dernier.
Dans le même temps, la déconsolidation du pôle de médias numériques Unify (Marmiton, Doctissimo, auféminin…) cédé en juin dernier et l’absence de vente de droits à Salto, la plate-forme de vidéo à la demande (VOD) par abonnement arrêtée fin mars, ont entraîné une forte baisse du chiffre d’affaires hors publicité.
Si les revenus reculent, la rentabilité s’effrite. Le résultat opérationnel courant des activités (Roca) a chuté de 35 %, à 39,9 millions d’euros, le taux de marge opérationnelle tombant à 8,3 %, contre 10,9 % au premier trimestre 2022. Les analystes d’UBS, qui tablaient sur un Roca de 51 millions d’euros, pointent " une évolution des coûts plus importante que prévu pour Newen", la filiale de production de TF1.
La coupe du monde du rugby en ligne de mire
Dans ce contexte, à défaut de réussir à soutenir à lui seul l’activité du groupe à ce stade, le digital, grande priorité stratégique de l’entreprise, joue le rôle d’amortisseur. Au sein du chiffre d’affaires publicitaire du secteur Média, le chiffre d’affaires publicitaire de MyTF1, le site de VOD du groupe, s’est élevé à 20,2 millions d’euros à fin mars 2023, en croissance de 17,3 % par rapport au premier trimestre 2022. Et la poursuite de la croissance des revenus publicitaires numériques sera surveillée de près, suscitant beaucoup d’attentes, encore plus depuis la nomination en début d’année de Claire Basini au poste de directrice générale adjointe en charge des activités "BtoC".
Pour le reste, la suite de l’exercice 2023 ne se présente pas si mal. S’agissant des revenus, le début du deuxième trimestre est certes un peu mou, a concédé le directeur financier du groupe lors d’une conférence téléphonique. Mais le second semestre recevra ensuite le renfort de la diffusion de la Coupe du monde du rugby. Tandis qu’en termes de rentabilité, la capacité du groupe à contenir les coûts de sa grille de programme peut lui permettre de tenir son objectif d’une marge opérationnelle courante des activités "proche de celle de 2022".
La forte position de trésorerie de l’entreprise constitue par ailleurs un atout qui peut créer la surprise. "Avec plus de 400 millions d’euros de liquidités, le groupe pourrait envisager des cibles potentielles de fusions-acquisitions stratégiques ", estiment les analystes de JP Morgan, voire le versement d’un dividende exceptionnel.
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