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Entreprises / Actions / BNP Paribas / Assemblée générale / Jean-Laurent Bonnafé

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BNP Paribas / Assemblée générale / Jean-Laurent Bonnafé

Une ambiance animée mais constructive à l’assemblée de BNP Paribas / Le financement de la transition énergétique au centre des débats

L’assemblée générale de BNP Paribas s’est tenue mardi dans un climat, sinon apaisé, du moins constructif, alors que de nombreuses questions ont porté sur le financement de la production des énergies bas carbone et celui des énergies fossiles.
Assemblée générale 2023 de BNP Paribas - DR
Assemblée générale 2023 de BNP Paribas - DR

"Toute question mérite d’être posée". Jean Lemierre, le président du conseil d’administration de BNP Paribas a parfois eu du mal à se faire écouter lors de l’assemblée générale de la banque qui se tenait mardi. On a longtemps cru pourtant que celle-ci se déroulerait dans un climat totalement apaisé par rapport à celle de l’année précédente qui avait été fortement perturbée par des militants d’associations de défense de l’environnement. Cela a été le cas jusqu’à la session des questions-réponses.

La réunion s’est soudainement animée lorsque, après une première question d’un actionnaire au sujet de la stratégie de croissance externe de la banque, un scientifique a interpellé la direction du groupe afin qu’elle cesse de financer de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Un sujet sur lequel BNP Paribas s’est d’ailleurs positionné à deux reprises depuis le début de l’année. D’abord en janvier, avec l’annonce de l’accélération de sa stratégie de financement de la production d’énergies bas carbone. Puis, tout récemment, le 11 mai, le groupe a annoncé ne plus accorder de financements dédiés au développement de nouveaux champs pétroliers ou gaziers, quelles que soient les modalités de financement.

Sur ce point, l’intervenant se présentant comme un porte-parole des 600 scientifiques français ayant écrit une lettre ouverte au groupe en février dernier, a reproché à la banque de poursuivre ses financements via les prêts généraux aux entreprises et l’émission d’obligations. Ce à quoi Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de l’établissement, a répondu que ces financements généraux étaient naturellement dirigés par les entreprises du secteur du pétrole et du gaz vers les investissements bas-carbone, dans la mesure où les activités historiques regorgent aujourd’hui de cash-flows.

 

"Le gaz a une place dans la transition"

 

A un autre de ces 600 scientifiques, chercheur en sociologie, reprochant cette fois à la banque de prévoir une réduction de seulement 30 % à l’horizon 2030 de son exposition de crédit à la production-exploration du gaz bien qu’il s’agisse d’une énergie fossile contribuant au dérèglement climatique, le dirigeant a rappelé que le gaz avait "une place dans la transition" et avait été défini comme tel par le Parlement européen, afin de se substituer à des énergies moins efficaces, comme le charbon.

Bien sûr, "le gaz n’est pas parfait", et cette énergie ne fera pas partie de la situation finale permettant d’atteindre l’objectif de zéro émission nette de CO2 d’ici 2050. Cependant, la trajectoire vers cet objectif intègre l’utilisation de centrales thermiques au gaz à basses émissions afin de remplacer les nombreuses centrales à charbon toujours en activité à travers à l’Europe, a poursuivi Jean-Laurent Bonnafé. "Ne sous estimez pas les objectifs que nous avons pris", a par ailleurs souligné le dirigeant." Nous avons été très prudents dans nos calculs, nous ferons très probablement beaucoup mieux que cette réduction de 30 %" envisagée dans l’exploration-production gazière, a-t-il ajouté.

Et, face à un représentant d’une organisation appelée Reclaim Finance, qui appelait à mettre des lignes rouges dans l’analyse des plans de transition des clients de la banque, le dirigeant a souligné le devoir de BNP Paribas d’"accompagner une transformation fondamentale sans contribuer à créer de catastrophe". Alors que la géopolitique a grandement déstabilisé l’approvisionnement en énergie du continent, "il faut veiller à ce que ce changement de pied vers la transition ne se traduise pas un effondrement de l’économie telle qu’elle est", a-t-il notamment observé.

 

Des questions au cœur de la stratégie du groupe

 

Ces questions sont "importantes", "au cœur de la stratégie du groupe", et "il est important qu’elles puissent être posées", a souligné de son côté Jean Lemierre, alors que certains actionnaires commençaient à vociférer face à cette succession de questions toujours sur le même sujet, auxquelles Jean-Laurent Bonnafé a pris le soin à chaque fois de répondre de façon pédagogique en apportant des éléments d’explications supplémentaires.

A un autre intervenant d’Amérique Latine qui témoignait des dégâts occasionnés par la technologie d’extraction de pétrole et de gaz de fracturation hydraulique ou fracking, Laurence Pessez, la directrice de la responsabilité sociale et environnementale, a pour sa part rappelé que le groupe ne finançait plus le pétrole et le gaz non conventionnels depuis 2017. Et, appelée par une autre intervenante à s’engager à intégrer ses activités de marché dans son reporting climat et dans ses objectifs de décarbonation, la banque a également répondu par la voix de Laurence Pessez que cela était difficile à ce stade dans la mesure où "la méthodologie pour comptabiliser les émissions de CO2 liées aux émissions obligataires n’existe pas encore", le groupe de travail interbancaire n’étant pas encore parvenu à un consensus sur le sujet.

Avant cette séance de questions-réponses quelque peu mouvementée, l’assemblée générale avait aussi donné l’occasion à la banque de revenir sur les solides résultats 2022 et le relèvement en début d’année des prévisions pour 2025 contenues dans son plan stratégique "GTS" (Growth, Technology, Sustainability, soit croissance, technologie et développement durable). Ce plan, qui met l’accent sur les enjeux liés à la finance durable et à la technologie (intelligence artificielle, cloud) tout en poursuivant une croissance rentable, prévoit une croissance moyenne de son résultat net par action de plus de 9 % par an sur 2022-2025, contre une croissance de plus de 7 % prévue à l’origine.

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