Macro-économie / Taux / Inflation / François Villeroy de Galhau / Banque de France / Politique monétaire / Banque centrale européenne
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Inflation / François Villeroy de Galhau / Banque de France / Politique monétaire / Banque centrale européenne
Désinflation : la politique monétaire européenne a fait la moitié du chemin / François Villeroy de Galhau fait de la patience une des clés de la victoire de la BCE
La politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) a fait la moitié du chemin. Il semblerait que ce soit ce que l’on peut conclure à écouter François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, qui s’exprimait cet après-midi à l’occasion d’un symposium organisé par la Banque centrale hexagonale et l’association des économistes d’entreprise américains (Nabe).
"La transmission de la politique monétaire aux conditions de financement s’est avérée relativement rapide et globalement conforme aux cycles de resserrement antérieurs ", a déclaré François Villeroy de Galhau, alors que la BCE a augmenté de 375 points de base ses taux d’intérêt directeurs et a fait décroître de 10 % la taille de son bilan en près de dix-huit mois pour mettre fin à une inflation historique.
Jeter un coup d’œil aux taux d’intérêt auxquels se financent désormais les agents économiques (banques, ménages, entreprises, Etats) suffit à se convaincre que la politique monétaire de l’institution de Francfort a des retombées. Oui mais voilà, "ce n’est que la première partie de la transmission pour maîtriser l’inflation ", a indiqué le grand argentier.
Délais de transmission
Se pose maintenant la question de la transmission de sa politique à l’économie réelle. D’après la littérature académique, les délais de transmission de la politique monétaire seraient compris entre 12 et 24 mois ; selon François Villeroy de Galhau, le resserrement présentement à l’œuvre pourrait mettre deux ans à faire sentir ses effets.
Entre autres raisons, le Français cite la part des prêts à taux fixes qui est particulièrement élevée par rapport aux normes historiques. "De nombreux emprunteurs se sont détournés des prêts à taux variable après la crise financière mondiale et la décennie suivante de taux bas a encouragé les emprunts à long terme. C’est une bonne chose pour la stabilité financière, en particulier pour les prêts hypothécaires. Toutefois, la répercussion de la hausse des taux directeurs est plus progressive", a-t-il estimé.
Intensité
En ce qui concerne l’impact à proprement parler du resserrement monétaire, une étude de la BCE montre que le pic de l’effet sur l’inflation serait en 2024 et 2025 : elle devrait se voir amputée de près de 2,5 points de pourcentage du fait des mesures monétaires. Du côté de l’activité économique, le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro pourrait s’être vu grevé de 4 % en 2023, puis ce sera 2 % en 2024, avant un impact nul en 2025.
Reste qu’il n’est pas certain que ces travaux soient très éclairants pour la BCE. En effet, selon la modélisation utilisée, l’intensité de l’impact varie du simple au triple.
Incertitude
Ces incertitudes touchant à la fois aux délais de transmission et à l’impact du resserrement conduisent François Villeroy de Galhau à tirer notamment deux leçons.
D’une part, "la décélération de la hausse de taux directeurs (de 50 à 25 points de base) était sage et prudente. Nous gardons évidemment les mains libres, mais nous ajoutons la capacité d’observer et de surveiller la répercussion de nos hausses substantielles et exceptionnellement rapides passées", juge-t-il. D’autre part, il a estimé que "nos prochaines décisions en matière de taux ne devraient pas monopoliser l’attention ; nous avons déjà accompli la majeure partie de notre parcours de hausse des taux et nous nous trouvons clairement en territoire restrictif".
Ainsi qu’il l’avait annoncé en janvier, François Villeroy de Galhau s’attend à ce que "nous atteignions le taux terminal au plus tard à l’été", précisant qu’il s’agit là d’une "longue et belle saison, qui commence en juin et se termine en septembre".
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