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Société Générale / Slawomir Krupa / Assemblée générale
Pour Slawomir Krupa, tout reste désormais à confirmer / Les fondations sont posées selon Frédéric Oudéa
Pour sa dernière assemblée générale des actionnaires en tant que directeur général ce mardi, Frédéric Oudéa a voulu partir en beauté. La veille au soir, Société générale annonçait en effet avoir finalisé avec succès l’acquisition par sa filiale ALD de 100 % du capital de Leaseplan, société spécialisée dans le leasing automobile, pour un montant de 4,8 milliards d’euros, soit la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe. Une opération qui fait de la banque le numéro un mondial de la location de voitures avec une flotte de 3,3 millions de véhicules dans 44 pays dans le monde.
Passage de témoin
C’est donc non sans émotion et avec panache que Frédéric Oudéa, en poste depuis 2008, a officiellement cédé son fauteuil à Slawomir Krupa ce mardi soir. "Je crois modestement avoir contribué à poser des bases solides pour laisser aujourd'hui une banque saine, forte et armée pour l'avenir", a-t-il déclaré. Un passage de témoin approuvé haut à la main, à 98,74 % des votes des actionnaires. A 48 ans, l’ex-patron de la banque de financement et d’investissement de Société Générale, pur produit du groupe (il y est depuis 27 ans avec une entrée par la voie royale de l’Inspection générale) doit désormais imprimer sa marque au sein de la banque. " Je suis l’homme d’une seule banque, la Société Générale ", a-t-il déclaré lors de l’assemblée générale.
En huit mois de préparation - sa nomination était connue depuis la fin du mois de septembre dernier -, il s’est déjà constitué sa garde rapprochée. Ambroise Pascal, ex-directeur de la clientèle de la banque de détail en France est, par exemple, devenu son directeur de cabinet. D’autres changements ont été effectués. Si Philippe Aymerich reste directeur général délégué, poste qu’il occupe depuis mai 2018 où il est en charge de la supervision des activités de banque de détail en France et à l’international, il est rejoint dès ce mercredi par Pierre Palmieri, jusqu’alors responsable des activités Global Banking & Advisory. Il remplacera ainsi Diony Lebot qui devient quant à elle conseillère auprès de la direction générale. Tous les trois siégeront dans un nouveau comité exécutif qui comptera 13 membres.
Des fruits à récolter
Hormis ce nouvel organigramme où Sébastien Proto ne figurera pas puisqu’il a décidé en début d’année de quitter la banque, les attentes des actionnaires vis-à-vis de Slawomir Krupa sont surtout focalisées sur sa feuille de route et sur la rentabilité du groupe. Rappelons en effet que la rentabilité sous-jacente de Société Générale, ROTE, est tombée l’an dernier à 9,6 % contre 10,2 % pour BNP Paribas et 12,6 % pour le Crédit Agricole. Or, si certains observateurs ont souvent reproché à son prédécesseur un manque de vision à long terme, ils devront s’armer encore d’un peu de patience puisque le plan stratégique de la banque de la Défense devrait être dévoilé le 18 septembre prochain à l'occasion d'un Capital Market day.
Plusieurs grands axes stratégiques d’importance ont néanmoins déjà été engagés. Parmi ceux-ci figure l’émergence d’un nouveau modèle dans la banque de détail en France avec la marque SG, issue du rapprochement entre Crédit du Nord et Société Générale, complétée de la montée en puissance de la banque en ligne Boursorama, "qui doit devenir un important contributeur aux résultats du groupe grâce à son partenariat avec ING ", a affirmé Frédéric Oudéa.
A cela s’ajoute la consolidation de l’activité de banque de grande clientèle et solutions investisseurs, initiée par Slawomir Krupa, avec le projet de création d’une coentreprise avec AllianceBernstein dans les métiers actions ou encore la création d’un leader mondial de la mobilité durable avec l’acquisition de LeasePlan. "Nous avons posé les fondations d’un changement profond de notre business modèle. Cela a pris du temps et il reste à faire pour aller au bout de nos projets et en récolter les fruits. Les transformations digitales et climatiques seront aussi le fil conducteur des décisions stratégiques des années à venir. Nous avons donné au groupe la possibilité de se projeter", s’est félicité Frédéric Oudéa devant les actionnaires.
Un cours de Bourse à faire remonter
Des fondations qui peinent pour l’instant à faire ressentir leurs effets en Bourse. Rappelons en effet qu’alors que le cours de Bourse se négociait à plus de 140 euros en mai 2007, l’action Société Générale s’échange aujourd’hui autour des 24 euros, soit pratiquement la moitié du niveau qui était le sien il y a cinq ans. A titre de comparaison, l’indice regroupant les principales valeurs bancaires européennes, le Stoxx Europe 600 Banks, a perdu 15 % sur la même période. "Le cours de Bourse est une frustration", a confessé Frédéric Oudéa qui y voit plusieurs explications : "le poids des activités de marché de Société Générale qui l’expose particulièrement ; le marché de la banque de détail qui n’est pas le plus attractif d’Europe (cette activité a été plombée avec -56,7 % sur un an au premier trimestre 2023 en raison de la hausse des taux des livrets réglementés, ndlr) et la nécessité de prolonger le track record pour rassurer les investisseurs. Je suis convaincu que cette décote va se réduire dans les deux à trois prochaines années si le groupe parvient à atteindre ses objectifs de rentabilité", a-t-il assuré.
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