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Macro-économie / Taux / Exportations / Zone euro / crise énergétique

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Exportations / Zone euro / crise énergétique

Les exportateurs européens ont des ennuis / Des industriels pris en étau entre la crise et la transition énergétique

Entre autres à cause du choc énergétique ayant frappé le Vieux continent, les exportations de marchandises, mesurées en volume, des pays de la zone euro ont reculé de près de 5% par rapport à leur pic de l’été dernier. Les perspectives à moyen terme s'annoncent compliquées.
Gazoduc en Allemagne - SEAN GALLUP / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Gazoduc en Allemagne - SEAN GALLUP / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Sale temps pour les exportateurs de biens du Vieux continent. Au sein de la zone euro, les exportations de marchandises, mesurées en volume, apparaissent en recul de 4,3% (en mai) par rapport au pic qu’elles avaient atteint à la fin de l’été dernier, montrent les données publiées par le Bureau néerlandais d’analyse de la politique économique (CPB).  

Une demande mondiale modeste, des goulets d’étranglement au niveau de l’offre et des coûts de l’énergie en forte hausse ont pesé sur les performances à l’exportation de la zone euro au cours de l’année passée”, résume une étude de la Banque centrale européenne (BCE). Si les inquiétudes à l’égard du niveau d’intensité des tensions affectant les chaînes d’approvisionnement mondiales se sont plutôt dissipées ces derniers mois en raison de son atténuation, l’on ne peut pas en dire autant de la problématique énergétique.  

C’est justement ce sur quoi se sont penchés dans une étude Lorenz Emter, Vanessa Gunnella et Tobias Schuler, économistes à la BCE, qui rappellent qu’un choc sur l’approvisionnement énergétique fait sentir ses effets au travers de deux canaux. “La hausse des prix mondiaux de l’énergie tend à freiner la demande mondiale, les revenus étant redistribués des pays consommateurs d’énergie vers les pays producteurs d’énergie, qui ont généralement une propension marginale à dépenser moins élevée”, expliquent-ils, avant d’ajouter que "les coûts de l’énergie étant une composante essentielle des coûts de production, le renchérissement de l’énergie peut également nuire à la capacité de la zone à affronter la concurrence sur les marchés mondiaux”. 

 

Compétitivité-prix abîmée

 

Ce dernier point s’est avéré particulièrement cruel pour la zone euro. En effet, alors que les prix de gros du gaz (et de l’électricité) ont explosé en zone euro du fait du déclenchement de la guerre en Ukraine et de la réduction progressive de l’approvisionnement en gaz russe, ils ont été en moyenne 13 fois plus élevés qu’en 2020, quand, aux États-Unis et en Asie, ils se situaient respectivement 3,5 fois et 9 fois plus élevés que leurs niveaux respectifs de 2020. 

La situation s’est-elle améliorée à l’image des tensions sur les chaines logistiques ? “Malgré la baisse des prix de l’énergie (en particulier des prix du gaz) depuis l’été 2022, les prix de l’énergie restent élevés par rapport aux niveaux d’avant la pandémie (les prix du gaz TTF, la série de référence utilisée pour la zone euro, sont actuellement trois fois plus élevés, tandis que la référence américaine est au même niveau qu’en décembre 2019)”, indiquent les trois économistes. 

 

Moyen terme compliqué

 

Et c’est sans parler du fait que l’approvisionnement énergétique de la zone euro n’a rien de garanti dans les temps à venir. “Si le tableau à court terme est relativement favorable après un hiver doux, la zone euro doit encore trouver un remplacement durable à moyen terme à l’approvisionnement en gaz russe. Les sources alternatives pourraient entraîner une hausse structurelle des prix (les contrats à terme sur le gaz pour 2025 sont trois fois plus élevés dans la zone euro que leur équivalent aux États-Unis) et des prix à l’importation plus volatils”, jugent ainsi les chercheurs. 

A cela vient s'ajouter l'inévitable transition énergétique dont le coût pourrait atteindre 6,5 points de Produit intérieur brut (PIB) par an dans l'Union européenne d'ici 2050 (objectif de neutralité carbone). "C'est la dépense la plus importante parmi les économies avancées", fait remarquer l'étude.

De sorte que si ces investissements généreront "sans doute des effets positifs à long terme, y compris par le biais d’une forte baisse des coûts de l’énergie", les trois économistes rappellent néanmoins que, pendant la phase de transition, "une hausse des coûts des intrants énergétiques entraînerait une hausse des coûts de production, qui pourrait affaiblir la compétitivité-prix de la zone euro à moyen terme, comme le suggèrent les récentes évolutions des mesures du taux de change effectif réel de l’euro tirées de l’indice des prix à la production".

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