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Macro-économie / Taux / Allemagne / Angela Merkel / Exportations / PIB

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Allemagne : peut-on encore croire en une reprise en V ?

Les experts tablent sur un fort rebond au troisième trimestre, alors que tous les indicateurs macro sont au vert depuis le mois de juillet. Mais ce rattrapage mécanique ne suffira pas à masquer les problèmes structurels auxquels le pays est confronté depuis trois ans.
Angela Merkel
Angela Merkel

L'Allemagne a encore dévoilé ce matin un indicateur économique de bonne facture, renforçant l'idée d'un rattrapage de son PIB au troisième trimestre, après un début d'année catastrophique. Les exportations du pays ont ainsi progressé de 4,87% au mois de juillet, après une hausse de 14,9% en juin, tandis que les importations ont dans le même temps augmenté de 1,1% sur un mois. Certes, les échanges allemands sont encore situés plus de 10% en dessous de leur niveau de juillet 2019. Mais cette reprise du commerce allemand témoigne du redémarrage des échanges avec ses partenaires commerciaux, lié au déconfinement, et des premiers effets du plan de relance de 130 milliards d'euros instauré en juin, qui a notamment permis de donner un coup de fouet à la consommation et donc des achats de produits importés.

Rappelons qu'à la différence de la France, l'Allemagne a choisi de frapper fort et immédiatement puisque sur les deux tiers des dépenses programmées dans son plan de stimulation du mois de juin sont censés intervenir en 2020, soit environ 90 milliards, et le solde en 2021. Le but étant de "court-circuiter au maximum les effets d'une crise d'une rare violence et stimuler la demande immédiate, afin de compenser les pertes des secteurs en péril là où la croissance peut s'exprimer", explique ainsi Véronique Riches Flores, directrice du cabinet de recherche en macroéconomie du même nom.

Depuis ces annonces de juin, l'économie du pays semble se redresser lentement. Vendredi dernier, le pays a dévoilé des commandes industrielles en hausse de 2,8% sur le mois de juillet, tandis qu'hier Destatis annonçait que la production industrielle avait progressé de 1,2% sur la même période et de 2,8% en excluant la production d'énergie et a construction. "Tous ces chiffres laissent prévoir un fort rebond de l'activité au troisième trimestre, que nous estimons aux alentours de 6%", explique ainsi Carsten Brzeski, économiste en chef chez ING. Selon lui, la baisse de trois points de la TVA entre juillet de décembre de cette année devrait notamment soutenir la consommation des ménages allemands. Il faut dire que le pays a connu au deuxième trimestre sa pire performance historique, avec un recul de son PIB de 9,7%, plombé notamment par l'effondrement des exportations (-20%), de la consommation privée (-9,7%) et des investissements (-20%). 

Mais cette lente convalescence de l'Allemagne ne suffira pas à masquer les faiblesses structurelles du pays, prééxistantes à l'épidémie de coronavirus. Le pays souffre depuis bientôt trois ans du fort ralentissement de son industrie et en particulier de son automobile. L'an dernier, l'industrie du pays a reculé de 5,3%, dont une baisse de 9% pour la seule production automobile, tombée à 4,7 millions d'unités, soit son plus bas niveau depuis 1997. Une chute de sa production liée au retournement du marché mondial, la demande internationale en véhicules ayant plongé l'an dernier, entraînant une chute des exportations allemandes d'automobiles de 13% sur l'année. La déliquescence du secteur a entraîné d'autres industries allemandes dans sa chute, dont la chimie et l'électrique. 

Et ce n'est certainement pas la demande intérieure qui devrait permettre de compenser la chute des exportations cette année, vu le contexte de crise économique généralisé. L'industrie allemande est ainsi toujours située 10% en dessous de son niveau pré Covid. C'est d'ailleurs pour discuter de la nécessité d'accélérer la transformation du secteur auto que la chancelière réunit à partir de ce soir les responsables politiques de Länders et les représentants des constructeurs, lors d'un sommet sur le sujet. Le ministre des transports Andreas Scheuer devrait notamment proposer une prime à l'automobile pour soutenir le secteur, alors que les immatriculations de véhicules ont encore dégringolé de 20% au mois d'août. "On ne peut pas jouer sur le temps quand il s'agit de la voiture. C'est l'élément vital de notre économie", a déclaré le ministre dans une interview au quotidien FAZ. Un élément vital et qu'il est donc urgent pour le pays de transformer, face à l'évolution structurelle du marché. 

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