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Jean-Charles Naouri / Casino
Le projet de Casino avec Teract gagne un peu plus en crédibilité / Les discussions avec les créanciers sont désormais encadrées
Le désendettement est " la priorité absolue", avait déclaré le 10 mai le distributeur lors de son assemblée générale. Deux semaine plus tard, une double étape en ce sens vient d’être franchie. Cela ne se voit pas nécessairement dans le cours de Bourse, qui cède du terrain vendredi à sa reprise de cotation après deux jours de suspension, le titre Casino perdant près de 10% à 6,11 euros. Mais le groupe de distribution vient de faire un pas significatif dans l’objectif de faire correspondre les intérêts de ses créanciers avec ceux de ses actionnaires et des autres parties prenantes vis-à-vis de la réduction de son endettement, tout en préservant son projet industriel avec Teract.
Le groupe de Jean-Charles Naouri a obtenu l'accord de ses créanciers bancaires (Term Loan et RCF) et de ses créanciers porteurs des obligations Quatrim et des obligations Casino 2026 et 2027 pour demander la nomination de conciliateurs sans que cela ne déclenche un cas de défaut. En découle l’ouverture d'une procédure de conciliation par le Tribunal de Commerce de Paris. Les conciliateurs nommés sont Maîtres Aurélia Perdereau et Marc Sénéchal.
Une nouvelle salutaire, dans l’intérêt de toutes les parties. Qui ne survient pas par hasard. Le distributeur vient concomitamment de montrer à ses créanciers qu’il était prêt à monétiser une partie ciblée de son très important réseau français (de 3 454 magasins à fin 2022) en concluant avec le Groupement Les Mousquetaires (Intermarché) la vente de magasins au chiffre d'affaires cumulé d'environ 1 milliard d’euros. Un montant à la fois suffisamment important au regard de la dette de 6,4 milliards d’euros du groupe. Et limité au regard du chiffre d’affaires de 14,2 milliards d’euros réalisé par le pôle France Retail en 2022. Un volume complémentaire de magasins représentant 461 millions d’euros (HT) de chiffre d’affaires pourrait être cédé si besoin pendant une période de trois ans.
Accélérer le recentrage
Ces cessions de magasins à venir, dont les premières auront lieu d’ici la fin de cette année ne viendront pas obérer la nouvelle dynamique que le groupe cherche à redonner à sa croissance via sa stratégie de proximité urbaine (Franprix, Monoprix), rurale (Spar, Vival, Sherpa…), premium (Monoprix), et bio (Naturalia). Au contraire, les magasins choisis pour être vendus aux Mousquetaires "vont permettre aux enseignes Casino d’accélérer leur recentrage géographique sur leurs régions prioritaires", a indiqué le groupe, qui a ouvert près de mille magasins de proximité en France l'an dernier.
Le cadre est donc en place pour faire aboutir les discussions entre le groupe et ses créanciers, alors que ces derniers devront probablement abandonner une partie de leurs créances, au besoin par une transformation de dette en capital. Cela redonne une visibilité et vient renforcer la crédibilité du projet de création avec Teract du leader français de la distribution responsable et durable. Projet rejoint justement fin avril par le Groupement les Mousquetaires.
Et ce alors qu’une convergence s’opère petit à petit entre ce projet Teract (porté par son directeur général Moez-Alexandre Zouari, Xavier Niel et Matthieu Pigasse) et celui de Daniel Kretinsky qui souhaite apporter 750 millions d’euros à l’occasion d’une augmentation de capital de Casino.
Reste maintenant à clarifier la situation financière et juridique de Rallye, l’actionnaire de contrôle de Casino. La holding a obtenu, fin avril, du tribunal de Commerce de Paris l’ouverture d’une procédure amiable pour tenter de renégocier avec ses créanciers un endettement estimé à près de 3 milliards d’euros. Ce mandat ad hoc a été décidé pour une durée initiale de trois mois renouvelable.
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