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ESG / ESG / taux d'intérêt / Fonds d'investissement / Bpifrance / Banque / Start-up / PME

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Qui dit plus d’ESG peut dire de moindres taux / La finance s'organise pour inciter les start-ups et les PME à s'engager

Certaines banques et certains fonds d’investissement se mettent à conditionner l’obtention d’un prêt, à un taux réduit, à la stratégie environnementale, sociale et de gouvernance des plus petites sociétés. Une manière de créer un mécanisme incitatif pour les entrepreneurs et qui apporte aussi quelques avantages aux prêteurs.
Panneaux solaires (Photo by Fiora Garenzi / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Panneaux solaires (Photo by Fiora Garenzi / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Ebaucher une stratégie d’engagement sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) requiert des données et des moyens qui ne sont pas toujours à la portée des start-ups, petites et moyennes entreprises.

A l’occasion d’un colloque organisé par Bpifrance mercredi, au sujet du rôle des institutions promotionnelles nationales, Peder Lundquist, chef directeur du Fonds d’exportation et d’investissement du Danemark (EIFO) raconte : "Lorsque je parle à des PME, elles ont souvent tendance à se trouver dans des situations [vis-à-vis de l’ESG, ndlr] où elles se retrouvent perdues. Elles se demandent comment faire pour avancer dans cette direction alors qu’elles n’ont pas forcément de stratégie et qu’en mettre une en place peut s’avérer coûteux et, donc, empiéter sur leurs moyens de production. C’est un problème authentique, il faut être réaliste à ce propos. […] Ce que je peux souligner, c’est que nous tentons de les aider au travers d’actions concrètes : entre autres, nous essayons d’intégrer des prêts à bénéfices, c’est-à-dire que si les entreprises adoptent les bons comportements en matière d’ESG, nous pouvons leur donner une certaine réduction sur un prêt, par exemple de 25 points de base".

Un mécanisme d’incitation financière qui peut pousser les entreprises à établir de vraies feuilles de route en matière d’ESG. Et le principe peut même s’appliquer à des sociétés en phase de démarrage, comme les start-ups. En effet, de plus en plus de fonds d’investissement souhaitent désormais intégrer des critères ESG lors des levées de fonds réalisées par les jeunes pousses. Cela peut s’opérer au travers de différents avantages, comme la diminution des taux d’intérêt sur les obligations convertibles.

 

Faire preuve de bonne foi

 

Mais sous réserve, évidemment, de l’atteinte d’objectifs ESG. "Par exemple, lors d’une levée de fonds pour une start-up du secteur de la production d’énergie solaire, les engagements pris par la société correspondaient au nombre d’actions menées pour intégrer la population locale au projet – notamment au travers du crowdfunding -, à réserver une certaine part aux fournisseurs locaux dans les Capex et à un assujettissement aux mécanismes de l’agence d’évaluation RSE EcoVadis", illustre Cyprien Dufournier, avocat counsel au sein du cabinet BCTG, lors d’un entretien accordé à WanSquare.

Le mécanisme reste nouveau, mais l’avocat qui accompagne régulièrement des start-ups dans leurs levées de fonds observe sa dynamique grandissante. "Ce sont souvent les fonds qui proposent ce genre d’initiatives. Et la pratique est de plus en plus récurrente, notamment pour les Greentechs ou pour les start-ups du milieu de l’énergie", souligne Cyprien Dufournier. Et si les différentes parties sont de plus en plus enclines à ajouter ce type de clauses dans les contrats qui structurent les tours de table, c’est parce qu’elles profitent à chacune d’entre elles. "Avoir une attitude proactive en matière d’ESG n’est pas forcément un gage de rentabilité économique améliorée. Mais cela permet aux fonds d’avoir une certitude sur les engagements d’une start-up et à celle-ci d’améliorer aussi son image", indique l’avocat.

 

Aller dans le sens des règles

 

De plus, avec la réglementation qui évolue dans un sens où les entreprises seront, à l’avenir, dans l’obligation de pratiquer le reporting extra-financier ou de faire preuve d’engagements tangibles en la matière, matérialiser ces derniers en phase de démarrage pourrait s’avérer bénéfique en termes de coûts évités. Et pourrait ainsi leur permettre de devenir plus compétitives et d’accélérer leur chemin vers la rentabilité. "A court terme, ce type de mécanisme est presque un cadeau. C’est une concession faite de la part des investisseurs puisqu’ils acceptent de minorer les taux d’intérêt. Mais ils parient donc bien sûr aussi sur une certaine rentabilité de leur investissement", ajoute Cyprien Dufournier.

Une solution donc gagnant-gagnant et qui semble apparaître comme opportune pour aider les plus petites entreprises à avancer vers une meilleure prise en compte des critères ESG. Car si l’urgence climatique et l’importance de prendre en compte les critères ESG dans l’activité sont un fait pour les entreprises, la réalité économique en est un elle-aussi. "L’ESG est également un moyen de maintenir notre économie. Si vous n’en faites pas, vous pourrez aussi bientôt être exclu d’une chaîne de valeur", a pointé Andrea Montanino, le chef économiste et directeur de la stratégie chez Cassa Depositi e Prestiti, lors du colloque organisé par Bpifrance."Et il est clair que les petites et moyennes entreprises peuvent être perdues à ce propos. Il faut donc leur offrir des services de conseil et de support", a-t-il ainsi conclu.

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