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PME / Internationalisation / stratégie
Les PME voient au-delà des frontières / Mais ont toujours besoin d'accompagnement pour s'exporter
La progression est conséquente : plus 63 % en deux ans. Les petites et moyennes entreprises (PME) françaises s’exportent de plus en plus, rapporte le dernier baromètre de l’export mené par Capital Export et OpinionWay. Alors que leur présence à l’international s’élevait à 41 % en 2021, elle a atteint 67 % en 2023. Ce qui représente deux PME sur trois au sein de l’échantillon de 300 chefs d’entreprises interrogés.
"Plus que jamais, la source d’une croissance pérenne se trouve à l’international", s’enthousiasme ainsi Jean-Mathieu Sahy, président et fondateur de Capital Export. Et de fait, l’international représente aujourd’hui en moyenne 25 % du chiffre d’affaires PME tricolores, contre 12 % en 2021. Une progression qui intervient toutefois dans un contexte géopolitique instable, dont les différents impacts n’ont pas manqué d’avoir des conséquences sur les affaires des dirigeants sondés. Et notamment sur leur stratégie : plus de la moitié des PME présentes hors du territoire français l’affirment et une majorité d’entre elles (68 %) pointent "spontanément", évoque l’étude, la situation économique et ses incidences.
Dans ce contexte tourmenté, il reste que le premier moyen de s’exporter relève tout d’abord de la volonté des dirigeants. Ils sont en effet 96 % à le soutenir, invoquant également les compétences techniques, la maîtrise des langues et des codes étrangers ou la capacité à innover comme nécessaires à leur internationalisation. Des facteurs dont la mise en avant est stable depuis deux ans. La qualité ou la différenciation de l’offre subit, quant à elle, une chute de près de sept points de pourcentage (malgré une proportion toujours élevée de 90 %) dans les leviers nécessaires au développement international.
Besoin d'experts
A noter, toutefois, qu’en dépit de l’importance soulignée de la volonté des dirigeants, ces derniers ont toujours besoin d’accompagnement pour dépasser les frontières. Trois dirigeants sur cinq admettent que leur entreprise ne pourra se développer à l’international sans une aide extérieure d’experts (à 62 %) ou de relais locaux dans les pays visés (à 59 %). En cause, les délais ou les risques de défaut paiements des clients étrangers, des difficultés à se faire connaître ou encore des barrières douanières.
Malgré cela, la propension à faire appel à ces dits professionnels est à la baisse. En 2023, 34 % des dirigeants de PME ont eu recours à un accompagnement externe, tandis que la proportion atteignait 41 % l’année précédente. Une contraction peut-être reliée à une réduction des moyens alloués à ce domaine par les entreprises dans un contexte d’inflation, suppose l’étude, d’autant plus que les "dirigeants français sont moins habitués que les Anglo-Saxons à rémunérer des conseils extérieurs pour les aider", relève Jean-Mathieu Sahy.
Une habitude à prendre, donc, puisque les dirigeants d’entreprises françaises ne se sentent par ailleurs pas encore assez soutenus par l’écosystème hexagonal dans leur stratégie d’internationalisation. "Concrètement, seuls 35 % des dirigeants estiment que les entreprises françaises sont plus accompagnées dans leurs efforts de développement international que leurs pairs étrangers", prévient l’étude. Ce qui représente une diminution du sentiment de 8 % sur un an.
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