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Comment Accor a su réintégrer le CAC 40 / Une stratégie qui ne cesse de convaincre

Trois ans et demi après être sorti du CAC 40 au profit d’Alstom, le géant de l’hôtellerie vient de remporter le "match retour". Il réintégrera l’indice phare de la Bourse de Paris le 15 mars prochain, aux dépens de l’équipementier ferroviaire en difficulté financière. Pour Accor, il s’agit de la reconnaissance d’une stratégie de transformation débutée il y a 10 ans et la preuve du redressement durable de ses performances.
Sébastien Bazin, président-directeur général d'Accor (©Photo by Eric PIERMONT / AFP)
Sébastien Bazin, président-directeur général d'Accor (©Photo by Eric PIERMONT / AFP)

Interrogé par La Lettre de L’Expansion en septembre dernier, le numéro deux d’Accor, Jean-Jacques Morin, confiait, non sans superstition, être convaincu qu’un jour, le géant de l’hôtellerie réintégrerait le CAC 40. Le 15 mars prochain, ce sera désormais chose faite. "Nous sommes fiers de voir Accor réintégrer le CAC 40, un succès majeur qui témoigne du travail acharné et de l’engagement sans faille de nos équipes. Cette reconnaissance reflète la croissance soutenue du groupe et son leadership dans le secteur mondial très dynamique de l’hospitalité", s’est félicité ce jeudi soir le président-directeur général du groupe, Sébastien Bazin, à la suite de l’annonce de la décision du Conseil scientifique des indices d’Euronext Paris.

 

Plus fort qu’avant la crise sanitaire

 

Certes, sa sortie du CAC 40 en septembre 2020 - il en était membre depuis la création de l’indice en 1987 - n’avait eu que peu de conséquences sur ses relations avec les banques, mais cet événement était venu conclure une année qu’Accor pourrait qualifier "d’Annus horribilis", alors qu’il venait d’être percuté de plein fouet par la crise sanitaire, l’obligeant à fermer les portes de ses hôtels. Avec 2 milliards d’euros de pertes cette année-là, le groupe aurait pu ne pas se relever de la pandémie de Covid 19. Aujourd’hui, sa situation financière est tout autre.

Pour la première fois de son histoire, l’entreprise a franchi en effet, l’année dernière, la barre du milliard d’euros d’excédent brut d’exploitation (+55 % sur un an) tandis que son bénéfice net a fait un bond spectaculaire de 57 % sur la période, à 633 millions d’euros. Son chiffre d’affaires a quant à lui atteint un record à 5,056 milliards d’euros.

Des performances dépassant les perspectives que l’entreprise s'était fixées pour 2023, et ce dans un contexte macroéconomique difficile. Pour Sébastien Bazin, "c’est la preuve que nous sommes capables de naviguer en eaux troubles et d’être agiles en nous adaptant quelles que soient les circonstances. Cela signifie aussi que nous pouvons aller encore plus loin dans un contexte où l’inflation devrait ralentir cette année ", répondait-il à WanSquare lors de la présentation des résultats annuels d’Accor il y a quelques semaines. Déjà, en septembre dernier, les agences Fitch et Standard & Poor's avaient relevé la note d’Accor au niveau "Investment grade", prouvant ainsi que sa performance était partie pour durer.

 

Se transformer pour générer du cash

 

De fait, ces résultats ne doivent rien au hasard. C’est l’œuvre d’une stratégie de transformation engagée il y a 10 ans et aboutissant à une restructuration organisationnelle de ses activités ainsi qu’à la vente des murs des hôtels, y compris dans le luxe.

Objectif ? En finir avec les coûts fixes au profit de contrats de management et de franchise. Un modèle "Asset light" qui a permis au groupe de récupérer 5 milliards d’euros immédiatement réinvestis dans le rachat de marques fortes telles que Mantra ou Mövenpick pour la division "Premium, Milieu de gamme et Economie" ou Fairmont et Raffles dans le luxe, propulsant davantage Accor sur la scène internationale.

Une stratégie qui plaît aussi aux investisseurs, car elle permet à l’excédent brut d’exploitation d’être converti directement en cash. Certes, ces derniers auront mis du temps à comprendre cette vaste transformation mais le titre n’aura cessé de poursuivre sa remontée depuis le 1er janvier 2023 grimpant de 65,5 % jusqu’à ce jeudi soir, avant l’annonce de sa réintégration au CAC 40.

Il faut dire aussi qu’Accor sait se montrer généreux. À l’occasion de son Capital Market Day de juin dernier, le groupe avait annoncé avoir décidé de renouer avec le retour aux actionnaires – une première depuis la crise sanitaire – en distribuant, sur la période 2023-2027, 3 milliards d’euros, incluant un programme de rachat d’actions d’un montant d’environ 400 millions d’euros. Celui-ci sera lancé cette année.

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