Macro-économie / Taux / Chômage / Emploi / Monde / perspectives
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Chômage / Emploi / Monde / perspectives
L’OIT anticipe une baisse du chômage mondial en 2023 / La fracture entre les pays développés et le reste du monde s’aggrave
L’Organisation internationale du travail (OIT) fait son mea culpa sur les chiffres du chômage. Initialement attendu à la hausse, le taux de chômage mondial devrait en fait reculer de 0,1 point pour s’afficher à 5,3 % en 2023 – un niveau équivalent aux standards prépandémiques. Un léger mieux emmené par la résilience "plus forte que prévu" du marché du travail dans les pays à revenu élevé face au ralentissement économique, qui ne doit toutefois pas masquer de profondes inégalités régionales, souligne l’OIT.
Plus globalement, ce sont les estimations concernant le chômage dans le monde entre 2020 et 2022 qui ont été revues à la baisse de manière non négligeable en raison de l’existence de nouveaux chiffres, en provenance d’Inde notamment. La population active sans emploi devrait donc passer de 192 à 191 millions d’individus courant 2023, alors que l’OIT tablait encore mi-janvier sur 3 millions de chômeurs supplémentaires.
Fracture mondiale
Précipitée par la guerre en Ukraine et par les effets prolongés de la pandémie, la crise actuelle du coût de la vie retarde pourtant la reprise du marché du travail, notamment dans les pays à moindre revenu. Or, dans le même temps, la réponse à cette "polycrise" - néologisme très en vogue chez les institutions internationales – se trouve contrariée par la conjonction d’une forte inflation et de taux d’intérêt élevés, qui alimentent le risque grandissant de surendettement.
La photographie mondiale masque donc en réalité "une hétérogénéité importante au niveau régional". Jusqu’ici, les pays à faible revenu, dont les États africains et arabes, "n’ont pas réussi à revenir au taux de chômage enregistré en 2019", estime l’OIT. Conséquence, cette main-d’œuvre sous-utilisée sombre dans la pauvreté, contrainte d’accepter des emplois informels, souvent mal rémunérés et de moins bonne qualité.
À l’inverse, d’autres régions du monde, comme l’Amérique latine, l’Europe du Nord, de l’Ouest et du Sud, ainsi que l’Asie Pacifique, sont parvenues à faire baisser leurs taux de chômage nettement au-dessous des niveaux d’avant-crise, observe l’OIT.
Un constat conforté par le chiffre du déficit d’emplois dans le monde – cet indicateur de l’OIT qui offre une mesure plus complète de la demande non satisfaite en emploi – qui concerne 453 millions de personnes en 2023, soit plus du double du niveau du chômage, et dont le détail indique que les pays à faible revenu font face au taux le plus important, 21,5 %, alors que les pays les plus riches enregistrent les taux les plus bas, 8,2 %.
Appel à la solidarité
Les pays en développement, en particulier les plus endettés, "ont un besoin urgent de soutien international et d’une coordination multilatérale pour s’attaquer aux déficits persistants en matière d’emploi et aux inégalités grandissantes", plaide en conséquence l’OIT.
Un appel qui intervient à quelques jours du sommet pour un nouveau pacte financier mondial, les 22 et 23 juin à Paris, destiné à poursuivre les discussions sur les mécanismes de solidarité financière entre pays développés et les plus vulnérables.
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