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Projet Jura; privé; public

Macro-économie / Taux / Innovation / système monétaire / BRI

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Innovation / système monétaire / BRI

La BRI pense le futur système monétaire / Innovation et tokénisation en seraient les clés

Le rôle des banques centrales ne doit pas être cloisonné à la seule politique monétaire, avance la Banque des règlements internationaux. L’institution leur demande de promouvoir l’innovation en particulier numérique afin de construire le système monétaire de demain.
Banque des règlements internationaux. Fabrice COFFRINI / AFP
Banque des règlements internationaux. Fabrice COFFRINI / AFP

Un nouveau système monétaire construit sur la confiance et la collaboration entre le public et le privé. Voici l’ambition de la Banque des règlements internationaux (BRI) et de son directeur général Agustin Carstens. Après avoir déjà mis un pied dans l’innovation numérique avec notamment le projet Jura, l’institution avance dans un chapitre de son rapport annuel qu’il "est essentiel de passer de l’expérimentation individuelle à l’innovation conjointe".

Une problématique sur laquelle la BRI se veut force de proposition, en rappelant qu’il "est essentiel d’avoir une vision du futur système monétaire et du rôle des banques centrales dans la promotion de l’innovation pour répondre à l’évolution des besoins". Une part importante de ce projet réside la proposition d’une "nouvelle infrastructure de marché financier - un grand livre unifié - qui intègre les CBDC, les dépôts tokenisés et d’autres créances tokenisées sur des actifs financiers et réels en un seul endroit ". Une partie de l’innovation devant effectivement venir des débouchés de l’usage d’actif numérique et échangeable sur la blockchain.


La souplesse est de mise

 

Néanmoins l’institution ne se fait pas d’illusion sur " la nature imprévisible de l’innovation", et au delà des solutions proposées actuellement il est martelé que "l’accent doit être mis sur la mise en place d’un système monétaire suffisamment adaptable pour soutenir l’innovation sûre et saine du secteur privé, quelle que soit la forme qu’elle prenne". Un schéma de pensée qui s’explique par le fait que sa proposition de grand livre unifié "présente deux avantages majeurs" à ses yeux.

D’un côté, il est avancé qu’il constitue un " lieu où un plus large éventail d’actions contingentes et de transactions financières peut être intégré de manière transparente et exécutées automatiquement", et "permet ainsi un règlement simultané et instantané ". Avec l’immense avantage comparé cryptoactifs, qu’un règlement en monnaie de banque centrale est disponible et "garantit l’unicité de la monnaie et la finalité des paiements". L’autre avancée permise serait de permettre "de nouveaux types de contrats contingents qui servent l’intérêt public en surmontant les obstacles associés aux problèmes d’information et d’incitation".

 

 

Le sens de l’histoire


Du côté de Bâle on assure ne pas vouloir réglementer à tout prix et on argue "tout au long de l’histoire, les évolutions du système monétaire et de la société en général ont été étroitement liées". Et on espère observer "des bonds spectaculaires de l’activité économique", tout comme "les dernières innovations majeures dans le domaine de la monnaie et des paiements ont libéré une demande latente pour de nouveaux types d’activités économiques qui ont conduit à des poussées spectaculaires de croissance et de développement économiques".

C’est là où le bas blesse avec les crypto-monnaies et la finance décentralisée, qui ont certes "donné un aperçu des promesses de la tokenisation, mais les crypto-monnaies sont un système défectueux qui ne peut pas devenir l’avenir de la monnaie". Puisqu’il est estimé que non "seulement les crypto-monnaies sont autoréférentielles et n’ont que peu de contacts avec le monde réel, mais elles n’ont pas non plus l’ancrage de la confiance dans la monnaie que procure la banque centrale". La critique effectuée ajoute que tous ces projets manquent d’intégration avec une version tokenisée de l’actif de règlement sous la forme d’une monnaie numérique de banque centrale. Les institutions n’en ont donc pas fini de leur bataille contre les cryptoactifs.

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