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François Villeroy de Galhau / Token / système monétaire / BRI
La Banque de France ne compte pas laisser filer le train de la tokenisation / Elle s’intéresse de près aux applications aux paiements transfrontaliers
"Le projet Agorá sera le fer de lance de l’exploration du système monétaire de demain pour les paiements transfrontières". François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, ne manque pas d’enthousiasme lorsqu’il s’agit d’évoquer le lancement de cette initiative commune à sept institutions. Il est vrai qu’elle ne verra pas moins de sept zones monétaires travailler conjointement sur le sujet. La particularité de cette association a été présentée par Hyun Song Shin, conseiller économique et directeur de recherche à la Banque des règlements internationaux (BRI), lequel a détaillé que "la tokenisation combine la fonction d’enregistrement d’une base de données traditionnelle avec les règles et la logique qui régissent les transferts".
La France sera donc la représentante de l’Eurosystème dans cette expérience menée avec la Banque du Japon, la Banque de Corée, la Banque du Mexique, la Banque nationale suisse, la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale de New York. La BRI est également présente dans cette tentative d’améliorer le fonctionnement du système monétaire. Pour les équipes de François Villeroy de Galhau il ne s’agit pas de la première fois qu’elles sont impliquées dans un projet similaire, que ce soit avec le projet Jura ou encore avec le projet Mariana. Ce dernier ayant permis d’expérimenter avec succès la réalisation et le règlement d’opérations transfrontières en MNBC de gros, il avait été mené avec la BRI et les instituts d’émission suisse et singapourien.
En faire plus
Les raisons poussant les différentes parties prenantes à lancer le projet ont été exposées par Cecilia Skingsley, responsable du centre d’innovation de la BRI, elle a rappelé qu’actuellement "de nombreux systèmes de paiement, registres comptables et bases de données requièrent d’autres systèmes complexes pour intégrer l’ensemble ". Le projet Agorá doit permettre " d’explorer une nouvelle infrastructure de paiement commune qui pourrait rassembler tous ces éléments et permettre au système de fonctionner plus efficacement sur une infrastructure financière numérique".
Pour y parvenir, différents essais auront lieu et ils veilleront à tenir "compte des conditions opérationnelles, réglementaires et juridiques spécifiques aux zones monétaires participantes, y compris les sociétés financières opérant dans ces devises". Il est également abordé la question des smart contracts, cette innovation permettrait d’introduire de "nouvelles solutions en recourant à la programmabilité", qui in fine offriraient "de nouvelles opportunités aux entreprises et aux usagers finaux".
Ensemble
Pas question cependant d’envisager une réussite et un futur à cette problématique sans y associer le secteur privé, la Banque de France évoque dans un communiqué de presse "ce grand projet de partenariat public-privé" et ce dernier devant permettre de "surmonter plusieurs inefficacités structurelles […] il devra gérer les différences règlementaires, de normes techniques, d’heures d’ouverture ainsi que de fuseaux horaires".
Les Banques centrales espèrent pouvoir compter sur un "grand nombre de sociétés financières privées coordonnées par l’Institut de la Finance Internationale (IIF)", pour cela un appel à candidatures va a être lancé afin de rassembler des établissements financiers régulés en provenance des sept zones monétaires concernées.
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