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ESG / ESG / facture carbone / Vérité40 / Axylia / Investissements / emissions de CO2

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ESG / facture carbone / Vérité40 / Axylia / Investissements / emissions de CO2

Qui peut s’acquitter de sa facture carbone dans la cote parisienne ? / Le Vérité40 donne aussi du crédit aux trajectoires d'amélioration réalistes

Le lien entre l’excédent brut d’exploitation et le montant (tarifé) des émissions de CO2 des entreprises du SBF120 permet de rendre compte des firmes qui seraient en mesure de régler leur facture carbone. La société d’investissement Axylia, qui développe cette méthode, a dévoilé hier son "indice phare" des entreprises qui pourraient s’en acquitter : le Vérité40.
Environnement (Photo by VICTOR de SCHWANBERG/SCIENCE PHO / VSC / Science Photo Library via AFP)
Environnement (Photo by VICTOR de SCHWANBERG/SCIENCE PHO / VSC / Science Photo Library via AFP)

Un peu plus de deux semaines après le rendu du verdict du conseil scientifique d’Euronext quant à la nouvelle composition de l’indice phare de la Bourse de Paris, c’est la promotion 2023 d’un CAC 40 d’un nouveau genre qui s’est fait connaître ce mardi : le Vérité40. Il est nécessaire, pour intégrer cet indice construit par la société de conseil en investissement Axylia, de répondre à une question simple. Une entreprise cotée est-elle capable de s’acquitter de sa facture carbone ? En d’autres termes, si les grandes entreprises françaises devaient régler le prix de leurs émissions de CO2, sur leurs trois scopes (donc les émissions directes, indirectes et celles qui sont reliées à l’ensemble de leur chaine de valeur), seraient-elles toujours rentables ?

Les entreprises du SBF 120 qui ont obtenu les meilleurs "Score Carbone Axylia" ont ainsi été regroupées au sein de ce Vérité40. En clair : les entreprises notées de A à C sont capables de payer leur facture carbone, celles de D à F ne le sont pas. Parmi les lauréats du Vérité40 (qui s’attache à respecter au maximum la répartition sectorielle du CAC40) il est par exemple possible d’y retrouver Getlink, qui en s’appuyant sur cette même méthode, a déjà publié sa facture carbone ou encore Kering, qui a publié un compte de résultat environnemental. Mais il est aussi possible d’y retrouver des entreprises appartenant à des secteurs réputés plus polluants, comme Eiffage qui opère dans la construction et les concessions. Mais ayant obtenu le score maximal, l’entreprise apparaît donc en mesure de régler son bilan carbone.

Au total, "le Vérité40 a un score de A. L’énorme avantage de cet indicateur est qu’il est fongible. C’est à l’inverse de la notation ESG classique qui peut reposer sur 50 à 200 critères différents et passant généralement par des questionnaires. Ici c’est un score, tout est calculé de la même manière", souligne Vincent Auriac, le président d’Axylia, lors d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Une vraie marge de progression

 

Un score général de A par ailleurs obtenu malgré l’intégration, sur les trois dernières places de l’indice, de sociétés n’étant pas en mesure de régler leur facture carbone aujourd’hui. Mais qui le seraient à horizon 2030.

Une démarche qui provient plus simplement de la demande des clients d’Axylia, explique Vincent Auriac, qui souhaitaient avoir une vision d’ensemble : "Nous ne voulions pas seulement prendre une photographie de l’année 2022. C’est aussi intéressant de regarder les sociétés qui s’engagent à faire des réductions importantes, celles qui pourront, dans les cinq à dix prochaines années, s’acquitter de leur facture carbone. Nous avons repris la même formule, qui intègre donc l’excédent brut d’exploitation et les trois scopes d’émissions. Nous sommes allés chercher, grâce aux consensus d’analystes, les estimations de ce que seraient les bénéfices à cet horizon et nous avons soustrait aux émissions de CO2 de 2022 les engagements de réduction des sociétés. A priori, nous faisons confiance aux entreprises mais nous nous attachons aussi à ce que ces objectifs de réduction soient validés par le SBTi".

Afin de construire son indicateur, Axylia s’est attelé à éplucher les rapports financiers de l’année 2022 des sociétés du SB120. Celles qui ont été intégrées à l’indice ont communiqué sur les trois scopes d’émissions. A l'inverse, les entreprises qui n'ont pas donné de renseignements (ou de manière incomplète) à ce sujet en ont été exclues. "Le scope 3 représente, en moyenne, 80 % des émissions d'une entreprise", pointe en effet Axylia.

 

Intégrer le coût social

 

Puis, étape suivante : calculer le coût du carbone. La société d’investissement s’est accordée à utiliser le prix publié par le Giec, soit 127 euros par tonne de carbone. "Le prix de la tonne carbone sur les marchés européens – qui est depuis remonté – était trop faible lorsque nous avons commencé à procéder à ces calculs en 2019, puisque l’attribution de quotas gratuits avait fait chuter les cours. Nous avons cherché un prix plus mondial, universel. Le coût de la tonne carbone que nous avons choisi d’utiliser, qui est donc tiré du rapport 1.5 du Giec (2018), inclut tous les coûts sociaux du carbone", indique le président d’Axylia.

Le prix de la tonne, multiplié par les quantités émises est par la suite soustrait à l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) des groupes. De quoi donc, en fonction du résultat de cet Ebitda ajusté au carbone, attribuer une note qui permet aux investisseurs et aux émetteurs de réaliser un lien concret entre les performances financières et extra-financières d’une société.

"Il y a eu une vraie bascule, en 2023, dans la communication extra-financière. Le fait que Getlink, par exemple, publie sa facture carbone signifie bien quelque chose. Il est nécessaire d’entrer dans une logique plus simple, plus concrète, de se tourner vers le pilotable. Et dès lors qu’un facteur extra-financier devient une réalité financière, il est incontestable", conclut Vincent Auriac.

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