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Renault / Luca de Meo

Renault de plus en plus rentable / L’offensive produits amplifie les effets de la stratégie de valeur

La stratégie de Renault axée sur la valeur produit des effets de plus en plus importants au fur et à mesure des lancements de nouveaux modèles du constructeur, qui gonflent progressivement ses volumes. Le groupe a relevé mercredi ses objectifs de rentabilité 2023, tout en indiquant viser le premier semestre 2024 pour l'introduction en bourse de son entité électrique Ampere.
Renault a dévoilé son nouveau SUV Rafale au salon du Bourget - Hans Lucas via AFP
Renault a dévoilé son nouveau SUV Rafale au salon du Bourget - Hans Lucas via AFP

La stratégie de valeur de Renault fonctionne encore mieux lorsque les volumes sont aussi rendez-vous. Initiée en 2021 lors du lancement du plan Renaulution de Luca de Meo, celle-ci devrait permettre de hisser la marge opérationnelle du groupe automobile au losange entre 7% et 8% cette année, a-t-il annoncé mercredi. De nouvelles projections à comparer à la précédente prévision d’une marge supérieure ou égale à 6%, sachant que la marge était déjà remontée à 5,6% en 2022, après les 2,8% de 2021.

Le flux de liquidité de l’entreprise s’en portera mieux également. Il est désormais attendu supérieur ou égal à 2,5 milliards d’euros, soit 500 millions d’euros de plus qu’auparavant. Plus spécifiquement, le groupe prévoit pour le seul premier semestre une marge opérationnelle supérieure à 7 % et un free cash-flow opérationnel de ses activités automobiles d’environ 1,5 milliard d’euros.

"Cette révision s'explique principalement par la qualité du mix (des) ventes en lien avec le succès des nouveaux lancements et la poursuite de la politique commerciale axée sur la valeur", a expliqué la société. Alors que la stratégie visant à privilégier la valeur au détriment des volumes de ventes a déjà très bien fonctionné pour redresser la rentabilité de l’entreprise, l’offensive produits débutée en 2021, et qui s’est accélérée en 2022, amplifie donc visiblement ses effets.

 

11% de part de marché en Europe

 

Les chiffres des immatriculations publiés depuis le début de l’année au plan européen avaient déjà permis de mesurer son efficacité sur les volumes. En mai, le groupe Renault a fait remonter sa part de marché en Europe à 11,1%, contre 9,7% sur le même mois un an plus tôt, grâce à un bond de 35,9% de ses ventes. Et sur cinq mois, le groupe a immatriculé près de 482 000 véhicules sur le continent, contre 366 000 sur la même période un an auparavant, soit une hausse de 31,6%, tandis que la part de marché remontait de 9,8% à 11%. Des ventes soutenues par le verdissement de la gamme avec l’électrique, l'hybride et l'hybride rechargeable, et un repositionnement réussi sur le segment C à fortes marges, grâce à l’Arkana, la Mégane e-Tech mais aussi l’Austral.

Mais le plus encourageant est que ce n’est sans doute qu’un début. "Cette offensive produits, dans toutes nos marques, ne fait que commencer et permettra encore d’améliorer la performance du groupe", a commenté Luca de Meo. D’ici fin 2025, le groupe a prévu de lancer pas moins de 18 autres nouveaux modèles parmi lesquels le coupé Rafale, les Scenic, Renault 5 et Alpine A290 électriques ou encore le SUV Dacia Bigster.

L’annonce de ces bonnes nouvelles a par ailleurs donné mercredi à Renault l’occasion de s'avancer sur le calendrier prévu pour introduire en Bourse son entité électrique Ampere. Une fois la scission finalisée "au second semestre" de cette année, le groupe estime que la fenêtre la plus favorable devrait se situer "très probablement au premier semestre de 2024", a indiqué jeudi le directeur financier de Renault, Thierry Piéton, lors d’une conférence de presse.

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