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Feuilleton de l'été / Euronext / Portrait / Camille Leca / ESG

Feuilleton de l'été
Euronext / Portrait / Camille Leca / ESG

exclusif Série d’été - ces jeunes talents qui construisent la France de demain / Camille Leca, responsable ESG et finance durable d'Euronext

EXCLUSIF. Celle qui s’est toujours évertuée (parfois avant les autres) à comprendre les besoins en financement des entreprises et a participé à l’émergence de la French Tech met aujourd’hui son talent au service de la finance durable en accompagnant les sociétés désireuses de se décarboner. Et l’une des chevilles ouvrières du développement européen d’Euronext a déjà pensé à quelques problématiques qu’elles vont devoir résoudre pour y parvenir.
Camille Leca,  responsable ESG et finance durable d'Euronext (©Euronext)
Camille Leca, responsable ESG et finance durable d'Euronext (©Euronext)

Si l’on souhaite savoir quelles seront les grandes tendances économiques de demain, autant se pencher sur ce qui occupe les journées de Camille Leca. La responsable ESG et finance durable d’Euronext depuis novembre dernier a en effet un don. Elle est systématiquement en avance sur son temps. "L’ESG est un domaine passionnant et en pleine évolution. Prenons l’exemple des garanties d’origine, comme les crédits carbone volontaires ", explique la femme de 36 ans lors d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Visionnaire

 

A l’heure où toutes les entreprises, pressées par les pouvoirs publics et les ONG, réfléchissent à une trajectoire de réduction de leurs émissions à effet de serre d’ici à 2030 voire à 2050, Camille Leca, elle, sait déjà que ce ne sera pas suffisant. "Les signataires de l’Accord de Paris se sont engagés à une neutralité carbone en 2050. Or, si les entreprises peuvent réduire au maximum leurs émissions, elles auront toujours un reliquat qu’il va falloir capturer et séquestrer. Il va donc falloir trouver des infrastructures capables de gérer ces crédits carbones volontaires. Réfléchir à la façon d’accompagner les sociétés sur ces sujets est un des nombreux domaines en développement de la finance durable ", explique Camille Leca.

 

Contribuer à l’intérêt général

 

Pour celle qui rêvait de faire l’ENA, cette mission est aussi sa façon à elle de contribuer à l’intérêt général. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a décidé de travailler chez Euronext, dès 2013, à la sortie de l’ESCP. "A l’époque, je n’avais pas réellement compris la nature de l’emploi pour lequel j’avais postulé. Le projet me semblait intéressant, il s’agissait de développer le financement des PME et des ETI par les marchés financiers. J’ai donc commencé comme analyste alors que j’avais un profil plutôt littéraire. Je devais faire beaucoup d’analyses de marché, étudier une multitude de données financières. Ce n’était pas forcément ce que j’avais en tête lorsque j’ai accepté le poste, mais cela a été pour moi la meilleure façon d’entrer sur ces sujets ", avoue-t-elle.

Elle va en effet vite se rendre compte qu’elle évolue dans un univers extrêmement stimulant. "J’accompagnais des dirigeants d’entreprise dans leur réflexion sur leur ouverture de capital, leurs perspectives de financement, leur manière d’accélérer leur croissance. J’ai eu le sentiment de contribuer à une mission d’intérêt général en mobilisant des acteurs privés ", indique Camille Leca.

A l’époque, le financement de l’économie n’est pas encore une priorité de l’exécutif et le private equity n’en était qu’à ses débuts. "Les dirigeants d’entreprise ne comprennent pas toujours bien le rôle d’Euronext dans l’écosystème du financement et celui que nous pouvons jouer pour dynamiser les marchés. C’est pourtant toute la raison d’être d’Euronext, qui est certes très connu pour ses activités de trading mais qui doit aussi permettre aux sociétés d’entrer en Bourse pour financer des projets de croissance et de développement stratégique. Car sans entreprise, la Bourse ne fonctionne pas ", fait-elle observer.

 

Les talents de la Tech

 

Deux ans plus tard, elle est promue cheffe de projets et cheffe de cabinet du directeur général d’EnterNext. "Je me suis retrouvée à travailler sur des sujets de stratégie, de développement d’offres en me concentrant sur les PME et les ETI et surtout sur le financement des entreprises innovantes, les entreprises Tech ", relate Camille Leca.

C’est en effet l’époque où les premières start-ups apparaissent. L’on ne parle pas encore de la French Tech. "D’un côté les besoins de financement étaient très importants et de l’autre, les entreprises innovantes avaient du mal à trouver des investisseurs ", constate-t-elle.

C’est dans ce contexte qu’elle développe TechShare, le programme pré-introduction en Bourse (IPO) d’Euronext et l’un des nombreux succès du groupe. "L’idée était de comprendre quels étaient les besoins de ces entreprises et, en même temps, de guider les investisseurs dans leurs choix. C’est pour cela que nous avons créé des indices dédiés à la thématique de la Tech ", explique Camille Leca.

L’une des premières sociétés à candidater à ce programme est la start-up Leetchi - finalement rachetée par Crédit Mutuel Arkéa en 2015. "C’est fantastique d’avoir pu suivre dans la durée ces sociétés ", confie Camille Leca. "Avec ce programme, nous avons pu suivre tout un tas de champions de la French Tech qui ont fini par s’introduire en Bourse ", constate-t-elle.

 

Ouverture des premiers bureaux européens

 

Forte de ce succès, elle est nommée en 2016 directrice de cabinet de l’ex-directeur général d’Euronext Paris, Anthony Attia. "Cela m’a permis d’avoir une vision d’ensemble des métiers de l’opérateur boursier", estime-t-elle.

Elle devient ensuite directrice des opérations des activités de cotation et prend notamment en charge l’ouverture en Europe de bureaux de représentation d’Euronext. "Ce nouveau rôle était lié à mes premières compétences, à savoir la promotion des marchés de capitaux et la structuration d’un écosystème de partenaires à même d’attirer sur Euronext Paris des sociétés étrangères de qualité ", explique Camille Leca.

Une tâche d’autant plus ardue qu’à l’époque Euronext n’était pas encore l’opérateur paneuropéen qu’il est devenu aujourd’hui sous l’impulsion des différents mandats du président de son directoire, Stéphane Boujnah, arrivé en 2014. "Pour essayer d’attirer de nouvelles entreprises et les convaincre de venir se coter sur Euronext plutôt que sur les Bourses voisines, il fallait être sur place. J’ai donc ouvert des bureaux d’Euronext en Europe, en Allemagne, en Suisse, en Espagne et en Italie. C’est par exemple moi qui aie choisi les bureaux et les aie installés. J’ai trouvé cette expérience passionnante parce qu’il y avait quelque chose d’entrepreneurial ", se félicite l’ancienne responsable des marchés France, Portugal et Espagne. Aujourd’hui deux des quatre bureaux sont encore ouverts, le bureau italien ayant été absorbé par Borsa Italiana lorsqu’Euronext l’a acquis en 2020.

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