Feuilleton de l'été / adan / actif numériques / cryptoactifs / Web 3
Feuilleton de l'été
adan / actif numériques / cryptoactifs / Web 3
Série d’été - ces jeunes talents qui construisent la France de demain /
Faustine Fleuret, P-D.G de l'Association pour le développement des actifs numériques
Faustine Fleuret n’était pourtant pas destinée à faire de l’innovation son cheval de bataille quotidien, son parcours étant tout tracé du côté de la régulation "où elle s’est beaucoup épanouie ". Elle n’hésite pas à confier à WanSquare qu’elle était "très finance classique à l’époque", c’est alors qu’elle a croisé la route " du sujet des crypotactifs, qui commençait à être suivi avec attention par les régulateurs".
Pour la diplômée en finance de la Sorbonne, c’est l’occasion de "monter le premier groupe de place sur les cryptoactifs" dès 2017 avant de cofonder en 2020 l’Adan, l’association professionnelle représentant le Web 3 en France et en Europe. Le sujet ne la quittera alors plus jamais ; à la suite d’un début de carrière à l’Autorité des marchés financiers (AMF) puis à l’Association française des marchés financiers (Amafi). Elle décide de rejoindre Consensys où elle devient une pionnière sur les sujets en lien avec les cryptoactifs, Faustine Fleuret y est alors consultante pour des acteurs de premier plan tels que le ministère des Finances ou encore la Commission européenne.
Voler de ses propres ailes
Elle y perçoit cependant que l’écosystème français du web 3 gagnerait à se serrer les coudes et se lance dans l’aventure de l’Adan. Son ancien collègue chez Consensys Simon Polrot assure alors la présidence de l’association et la petite équipe a dû abattre un travail conséquent de pédagogie. L’actuelle présidente et directrice générale se remémore "qu’il a fallu que le noyau dur des onze membres fondateurs pour que l’ensemble de l’écosystème comprenne l’intérêt de se fédérer" et "qu’il y a trois ans on ne savait pas du tout si l’industrie allait nous soutenir".
Vient alors le temps d’être élu pour un premier mandat de deux ans, tout juste renouvelé en ce début d’été, Faustine Fleuret quitte alors ses habits de directrice stratégie pour revêtir conjointement ceux de présidente et de directrice générale. Une centralisation des pouvoirs qu’elle juge précieuse, à ses yeux "la spécificité de l’éco-système est d’avoir encore besoin de se structurer et aujourd’hui en tant que salarié de l’association à plein temps je n’ai aucun risque d’être désintéressé par une mission de l’Adan".
La pédagogie chevillée au corps
Mêler patience et de compréhension pour transmettre des concepts est aujourd’hui au cœur des journées de la présidente de l’Adan et cela est loin de lui déplaire. Preuve en est, elle a durant plusieurs années assuré des cours à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et elle nous a confié que "si depuis un an, je n’assure plus de cours, j’effectue encore des interventions ponctuellement ". Un attachement à l’enseignement qu’elle attribue à "une envie de transmettre, c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire " et à "un attachement profond à la Sorbonne où durant mes études j’ai pu profiter de l’enseignement de personnalités d’exception ".
Elle y a successivement assuré des cours sur les produits dérivés puis sur les Fintech, comme un symbole de son parcours entamé dans la finance plus classique avant de se diriger vers le monde du Web 3. Elle y retrouve ce qui "est un peu une histoire sans fin, de prendre beaucoup de temps pour expliquer des choses. Principalement en ce qui concerne le débat réglementaire où ceux qui ont la plume ne sont pas forcément experts sur toutes les questions".
Passerelle entre deux mondes
C’est même ce qui donne tout son sens à son rôle actuel, elle se retrouve "face à des interlocuteurs dont il faut comprendre le langage, les codes des régulateurs n’étant pas ceux de l’industrie du Web 3 et inversement. On se retrouve vite dans une position assez complexe pour arriver à ce que nos messages portent". Une responsabilité qui demeure exaltante puisqu’elle trouve que dans sa mission "ce qui est stimulant, c’est de voir que ça porte ses fruits ".
Un travail de longue haleine qui la rend " fière de plusieurs réalisations telles que MiCA sur lesquels on a effectué un travail de très très longue haleine et également d’avoir réussi à mobiliser toute une équipe de talents en seulement deux ans de mandat". Son cumul des fonctions s’accompagne d’un équilibre vie privée et professionnelle "qu’on compartimente plus difficilement et qui est associé à une charge mentale plus importante ", qu’elle accepte pleinement, ayant conscience "qu’on est dans un moment charnière, il n’y aura pas beaucoup d’opportunités comme celle-ci d’être au bon endroit au bon moment".
Certes cela implique de parfois aller moins au théâtre et de passer moins de temps à cuisiner mais ces concessions sont pleinement intégrées par la PDG de l’Adan. Elle se garde cependant des "soupapes de décompression qui sont fondamentales, notamment via mes amis". Le spectre de la solitude du chef n’étant jamais très loin malgré des équipes "qui veillent les uns sur les autres".
Rêver plus grand
Se trouver face aux bonnes opportunités ne suffit pas pour être une pionnière dans l’écosystème bouillonnant du Web 3, Faustine Fleuret aspire lors de ses deux nouvelles années de mandat " à d’une part consolider l’Adan et également à la rendre de plus en plus représentative, notamment au niveau européen ". De fait elle souhaite que les adhésions à l’association ne se limitent pas à l’industrie "native" du Web 3 et soient de plus en plus liées à des "cas d’usage plus éloignés qui se saisissent des possibilités".
Pour ce faire elle continuera à se faire "le relais de nos convictions devant les parlementaires, le gouvernement, les régulateurs, en France comme en Europe", une tâche dans laquelle elle s’épanouit aujourd’hui alors que l’entrepreneuriat et le privé lui tendent les bras. De fait, elle nous explique "se retrouver beaucoup plus dans ce que je fais aujourd’hui que dans ce que je pourrais faire dans une entreprise en particulier ". Cet attrait pour l’intérêt collectif elle le retrouve rétrospectivement dans son parcours comme lorsqu’elle " se projetait à la fin de mes études bien plus dans une thèse que dans le monde du travail ". C’est d’ailleurs en partie le corps enseignant qui l’a poussée à voir plus grand et à ne pas mettre de barrières au champ des possibles.
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