WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Kering / Gucci / Valentino

Entreprises / Actions
Kering / Gucci / Valentino

Kering jette son dévolu sur Valentino / Gucci toujours au ralenti

Alors que ses ventes et ses résultats font du surplace, Kering a annoncé une prise de participation de 30% dans Valentino pour un montant de 1,7 milliard d’euros. Le groupe pourrait prendre le contrôle total d’ici cinq ans de la marque italienne actuellement détenue par le fonds qatari Mayhoola. La recherche du futur président-directeur général de Gucci débutera à la rentrée.
The shop of the Italian luxury brand Gucci - Photo by Alexander Pohl / NurPhoto / NurPhoto via AFP
The shop of the Italian luxury brand Gucci - Photo by Alexander Pohl / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Kering avait réservé une surprise de taille pour la publication jeudi soir de ses résultats semestriels. Le groupe dirigé par François-Henri Pinault a dévoilé un accord pour acquérir 30% de la maison de couture italienne Valentino auprès de son propriétaire, le fonds d’investissement qatari Mayhoola.

Pour cette participation minoritaire, Kering, conseillé dans cette opération par Centerview Partners, déboursera 1,7 milliard d’euros. Montant qui valorise la totalité de Valentino à 5,7 milliards d’euros, ce "qui peut paraître élevé", note le cabinet Oddo BHF, calculant que cela correspond à une valeur d’entreprise de 16 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ou de plus de 25 fois le résultat opérationnel. Mais un prix "relativement logique eu égard à la rareté des cibles attractives ", ajoute-t-il.

Les cibles sont rares et lorsqu’il y en a, elles font l’objet d’une féroce concurrence, c’est ainsi que Kering a vu la marque de mode Tom Ford lui échapper l’an dernier au profit de l’américain Estée Lauder. D’ailleurs, dans un autre domaine, celui du parfum, Kering n’a pas non plus hésité à mettre le prix -  3,5 milliards d’euros selon le Financial Times - pour l’acquisition annoncée fin juin de la maison Creed.

Ce retour de la croissance externe montre bien que le numéro deux mondial du luxe est déterminé à relancer la dynamique de ses résultats, qui en ont besoin. Les comptes du premier semestre 2023 montrent une hausse limitée de 2% des ventes, qui se sont établies à 10,14 milliards d’euros, tandis que le résultat opérationnel a reculé de 3%, à 2,74 milliards d’euros, des performances en ligne avec les attentes du consensus mais loin des croissances à deux chiffres publiées ces derniers jours par les autres géants du luxe LVMH et Richemont.

 

Yves Saint Laurent et Bottega Veneta en soutien

 

En particulier, la dynamique de Gucci, la marque phare du portefeuille avec un chiffre d’affaires semestriel de 5,1 milliards d’euros, représentant la moitié de celui de tout le groupe, ne montre toujours pas de signes d'inflexion positive. Ses ventes ont progressé de 1% à données comparables au deuxième trimestre comme au premier, en deçà de la hausse de 4% anticipée par le consensus. Une déception heureusement "compensée par un deuxième trimestre moins mauvais que redouté pour les autres Maisons tandis que les tendances pour Yves Saint Laurent et Bottega Veneta ont été conformes aux attentes ", note le bureau de recherche Stifel. Le chiffre d'affaires d'Yves Saint Laurent a augmenté de 7% en comparable au premier semestre, à 1,6 milliard d'euros, pour un résultat opérationnel courant de 481 millions d'euros, tandis que Bottega Veneta a généré des ventes de 833 millions d'euros, en progression de 2% en comparable, avec un résultat opérationnel courant de 169 millions d'euros.

Pour la suite, si Valentino vient compléter habilement le portefeuille de Kering et dispose d’un important potentiel de développement, sa taille est relativement modeste - un peu inférieur à celle de Bottega Veneta - et sa prise de contrôle s’envisage sur plusieurs années. L’accord conclu avec Mayhoola comprend en effet une option, dont les termes n’ont pas été révélés, permettant à Kering d'acquérir 100% de Valentino au plus tard en 2028.

La priorité immédiate demeure donc Gucci et son redressement. Logiquement, la prochaine réorganisation de la marque annoncée la semaine dernière a fait l’objet hier de nombreuses questions de la part des analystes. Pour Jean-François Palus, nommé à la tête de Gucci de façon transitoire, "nous comprenons que la mission est de solidifier l’organisation de manière à permettre de retrouver le plus rapidement possible une dynamique de croissance", indique Oddo BHF. Et ce, avant de passer la main à un futur président-directeur général dont la recherche débutera à la rentrée, l'idée étant de réaliser la transition une fois que Gucci sera de nouveau sur la bonne voie. Pour ce faire, le groupe compte beaucoup sur les premières collections qui seront présentées en septembre par son nouveau directeur artistique, Sabato de Sarno - transfuge de Valentino -, pour créer une nouvelle esthétique et renforcer la désirabilité de la marque.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article