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Legrand / Benoît Coquart / datacenters

Legrand est armé pour renforcer sa croissance / Les datacenters confirment leur essor

Legrand a relevé ses prévisions de croissance et de marge pour 2023 sur des marchés du bâtiment aux évolutions contrastées. L’avance prise au premier semestre va permettre au groupe d’investir pour aller chercher des parts de marché additionnelles.
Benoît Coquart, directeur général de Legrand - BBouillot
Benoît Coquart, directeur général de Legrand - BBouillot

Il ne faut pas se fier aux apparences, ni aux contradictions supposées. Que Legrand voie sa croissance organique ralentir ne l’empêche pas de relever ses prévisions en la matière. Ladite croissance est pourtant passée de 7,4 % au premier trimestre à 2 % au deuxième. Un écart significatif dont l’ampleur n’avait pas été totalement anticipée par les analystes, qui estimaient en moyenne qu’elle s’établirait plutôt à 3,6 %. Cependant, "un chiffre d’affaires trimestriel peut être influencé par un nombre de jours différent ou des phénomènes de déstockage. Le noyau de l’analyse est le semestre. ", rappelle à WanSquare Benoît Coquart, le directeur général du groupe industriel français.

Sur l’ensemble des six premiers mois, "le spécialiste mondial" des infrastructures électriques et numériques du bâtiment, a vu ses ventes progresser de 4,9 %, à 4,3 milliards d’euros, ce qui constitue à n’en pas douter une performance sur un marché du bâtiment en retrait, marqué par une faiblesse assez généralisée du marché de la construction résidentielle. "C’est le cas aux États-Unis, en France, en Allemagne, en Scandinavie, ou encore en Chine. Et cette faiblesse concerne en particulier le marché résidentiel neuf, comme le montrent les statistiques des permis de construire et des mises en chantiers, alors que la rénovation se tient un peu mieux", explique Benoît Coquart.

 

Le tertiaire résiste en Europe

 

Face à cette constante, les différences de performances entre les zones géographiques se jouent finalement sur le marché tertiaire, où la demande est plus solide en Europe qu’aux États-Unis. Les centres villes des grandes métropoles américaines n’ont pas totalement effacé les stigmates de la pandémie, beaucoup de secteurs d’activités n’étant pas complètement revenus au bureau, comme dans la finance ou la Tech. Ainsi, entre la croissance de 6,8 % enregistrée en Europe à structure et taux de change constants par rapport au premier semestre 2022, et celle de 0,4 % observée en Amérique du Nord et Centrale, le contraste est important.

Si ses métiers traditionnels ne sont pas totalement immunisés, les nouvelles offres sur lesquelles le groupe axe sa stratégie depuis plusieurs années, jouent bien leur rôle de relais de croissance, qu’il s’agisse des solutions d’efficacité énergétiques, des produits connectés ou des datacenters. "Les solutions et services pour les datacenters sont en croissance très forte partout dans le monde. Cela représente d’ores et déjà quasiment 15 % de notre chiffre d’affaires, avec des taux de croissance extrêmement élevés qui vont perdurer du fait notamment de nouveaux phénomènes comme l’intelligence artificielle qui requièrent de plus en plus de datacenters", souligne à cet égard Benoît Coquart.

Évidemment, derrière l’évolution des ventes du groupe se cache un effet prix qui demeure important, principalement du fait des hausses de prix embarquées qui avaient été passées l’an dernier. Cet effet prix "a été d’un peu plus de 7 % au premier semestre", indique le dirigeant, mais il devrait s’atténuer progressivement sur l’ensemble de l’année pour revenir "à des niveaux un peu plus proches des moyennes historiques, autour de 4 à 5 %", ajoute-t-il.

 

Le free cash-flow impressionne

 

En matière de rentabilité, le semestre écoulé a constitué une bonne surprise. Le résultat opérationnel ajusté s’est établi à 954,7 millions d’euros pour les six premiers mois de l’année, contre 837,8 millions d’euros au premier semestre 2022, soit une marge de 22,2 % des ventes, au-dessus des 20,5 % du premier semestre 2022 et des 21,6 % anticipés par les analystes. Par ailleurs, le résultat net progresse de 18,8 %, à 651 millions d’euros, " et le cash-flow libre est très solide, à 814 millions d’euros", souligne le cabinet Oddo BHF.

En somme, "notre premier semestre a été bon en termes de chiffre d’affaires, très bon en termes de marge, et exceptionnel sur le plan du cash-flow", résume Benoît Coquart. Pour la suite, le groupe compte "réinvestir au second semestre une partie de ces bons résultats pour aller chercher de la croissance et des parts de marché additionnelles ", ajoute le dirigeant. Ces investissements expliquent notamment que la marge, désormais attendue à 20,5 % des ventes sur l’année, au lieu de 20 % prévu auparavant, sera inférieure au second semestre à ses niveaux du premier.

Pour l’ensemble de l’exercice 2023, le groupe vise ainsi désormais une croissance de ses ventes comprise entre 5 % et 8 %, hors effet de change et hors impacts liés à sa sortie de Russie, contre une fourchette de 2 % à 6 % anticipée précédemment. La croissance externe devrait compter pour 2 %. Legrand, qui a conclu trois acquisitions depuis le début de l’année, dont celle annoncée lundi d’un groupe chilien réalisant 45 millions d’euros de chiffre d’affaires, a bien l’intention d’en signer d’autres d’ici fin décembre. De quoi maintenir une dynamique dans des marchés qui ne devraient "ni se dégrader davantage, ni s’améliorer franchement ", prévoit Benoît Coquart.

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