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Legrand / datacenters / Benoît Coquart

Legrand n’est pas totalement immunisé de la crise du bâtiment / Mais sa marge est record

Legrand a vu son activité fléchir au troisième trimestre, rattrapée par la crise du bâtiment, en particulier dans le tertiaire aux Etats-Unis. Le groupe n’en devrait pas moins signer en 2023 une année record, en particulier en termes de marge.
Benoît Coquart, le directeur général de Legrand
Benoît Coquart, le directeur général de Legrand

La chose était inéluctable. En tant qu’acteur mondial spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment, Legrand n’échappe pas (encore) totalement à la cyclicité des marchés de la construction. Et pourtant, le groupe y parvenait quasiment jusqu’à présent.

L’entreprise avait même relevé en juillet ses objectifs pour 2023 après avoir publié des résultats en hausse au premier semestre, visant une croissance de ses ventes comprise entre 5% et 8%, contre une fourchette de 2% à 6% anticipée précédemment. Las, elle est légèrement revenue sur ses pas en annonçant mercredi viser une croissance annuelle du chiffre d'affaires d'environ 5%, soit dans le bas de la fourchette de 5% à 8% communiquée cet été.

La bonne nouvelle, puisqu’il y en a une, est le léger relèvement de l’objectif de marge opérationnelle ajustée, désormais attendue entre 20,5% à 21% des ventes (avant acquisitions et hors Russie). Des ajustements qui interviennent alors que Legrand a vu son chiffre d'affaires reculer de 1,8% en données organiques, à 2,01 milliards d'euros, au troisième trimestre, en-dessous des 2,05 milliards d’euros attendus par le consensus. Soit une nette inflexion alors que les ventes avaient très bien résisté au premier semestre où elles avaient progressé de 4,9%.

Pour autant, il est intéressant d’observer les différences de dynamiques selon les géographies. L’Europe, en particulier, qui représente à elle seul près de 42% du chiffre d’affaires, se distingue positivement avec une croissance qui s’accélère à 7,6%. Non pas que la zone bénéficie d’un marché porteur. "La situation du bâtiment en Europe, et notamment du logement, est dégradée. Malgré cela, nous parvenons à générer une croissance en volume au troisième trimestre grâce à nos segments à plus forte croissance, et notamment nos produits ‘Green’, comme les thermostats ou les transformateurs à forte efficacité énergétique", confie à WanSquare, Benoît Coquart, le directeur général de Legrand.

 

1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en plus dans les datacenters

 

Des segments comme l’efficacité énergétique donc, mais aussi les datacenters, et les produits connectés dans la gestion active des bâtiments, sur lesquels Legrand se développe depuis plusieurs années via une politique d’acquisitions ciblées, qu’il poursuit activement. En marge de l’annonce de ses résultats du troisième trimestre, le groupe a justement annoncé mercredi une nouvelle acquisition dans le domaine des datacenters. Basée à Fremont en Californie, la société ZPE Systems emploie plus de 140 personnes et réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 80 millions de dollars. "En six ans, nous avons ajouté 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans les datacenters", à la fois par acquisitions et croissance organique, souligne d’ailleurs Benoît Coquart.

Cette stratégie ne suffit toutefois pas totalement à soutenir les ventes en Amérique du Nord et Centrale où elles ont reculé de 3,2% sur les trois mois de juillet à septembre, une zone où elles avaient déjà diminué de 2,3% au deuxième trimestre. Legrand est en effet pénalisé outre Atlantique par un positionnement plus tertiaire qu'en Europe. "Sur la partie bâtiment tertiaire non résidentiel, qui représente 40% de notre chiffre d’affaires au niveau du groupe et 55% en Amérique du Nord, la situation est franchement déprimée aux États-Unis, spécifiquement sur des marchés comme le bâtiment de bureau, en particulier dans la Tech ou pour les institutions financières…", explique en effet le dirigeant.

Pour autant, que Legrand se dirige malgré tout vers une nouvelle année de croissance dans un environnement aussi adverse - ce qui aurait été impensable il y a une dizaine d’années - est à souligner. D’autant que l'exercice 2023 devrait se conclure à des niveaux de marges inédits, le record de 20,5% de 2021 ayant de bonnes chances d’être battu, grâce aux actions du groupe sur ses prix et ses coûts. Au vu de la hausse de 15,9% du résultat net par action sur neuf mois et de celle de 19,2% du cash-flow libre, à 1,2 milliard d’euros, il est également d’ores et déjà possible de dire que le résultat net par action et le cash-flow libre de l’année 2023 seront historiques.

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