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Pertes d'emploi / chefs d'entreprise / Inflation / défaillances d'entreprises / Altares / Observatoire GSC
Les chefs d’entreprise rattrapés par les pertes d’emploi / Inflation et hausse des défaillances se reflètent logiquement sur le patronat
"Près de 140 chefs d’entreprise perdent désormais leur emploi chaque jour", alarme Anthony Streicher, président de l’association GSC, dont l’Observatoire a publié lundi une étude avec la société Altares sur l’emploi des chefs d’entreprise.
Un rapport qui dresse le constat suivant : de plus en plus de patrons se retrouvent sans travail. Entre le 1er janvier et le 31 juin 2023, ce sont ainsi 25 296 chefs d’entreprise qui ont perdu leur emploi, ce qui représente une hausse conséquente de 36,6 % sur un an.
La statistique n’est pas forcément étonnante, au regard du rebond des défaillances d’entreprises que connaît la France depuis le début de l’année. Sur le seul deuxième trimestre de l’année, celles-ci se sont en effet accrues de 35 % par rapport à la même période l’année passée.
Les dépenses de loisirs à la peine
La situation s’est plus particulièrement dégradée pour les chefs d’entreprises opérant dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration et des débits de boissons. La progression de la perte d’emplois des patrons s’y est appréciée de près de 66 %. De fait, ces segments de l’économie ont été les plus durement touchés par l’inflation, qui a contraint les ménages à réviser leurs dépenses depuis le début de l’année et à se priver, donc, de ces frais de loisirs. Ainsi, le secteur des services aux particuliers - comme les activités de coiffure ou de soins de beauté - subit, lui aussi, une forte accélération de la perte d’emplois chez les chefs d’entreprise. Elle y a progressé de près de 58 % par rapport au premier semestre de 2022.
Mais en termes de volume et non de progression, ce sont les entrepreneurs de la construction et du commerce qui ont le plus pâti de ce phénomène. "Ils représentent à eux seuls près de la moitié des liquidations judiciaires", relève l’étude, avec respectivement 5 713 et 5 614 dirigeants ayant perdu leur emploi au fil du premier semestre de 2023 (soit une hausse de 50 % et de 47,2 %).
Pas de répit pour les plus grands
Autre fait notable : les grandes entreprises ne sont pas épargnées. Si les entrepreneurs à la tête de petites structures (moins de cinq salariés) représentent près de neuf pertes d’emplois sur dix au premier semestre de 2023, il reste qu’en matière de tendance, le nombre de chefs d’entreprise de plus de vingt salariés ayant perdu leur emploi a doublé au premier semestre.
Et de même, le nombre de patrons de sociétés déclarant plus de deux millions d’euros de chiffre d’affaires et s’étant retrouvés dépourvus de travail sur les six premiers mois de l’année a lui aussi grimpé de 100 %.
Qu’il s’agisse en tout cas de cette dynamique (à la hausse) des pertes d’emplois des chefs d’entreprise, de leur répartition sectorielle ou encore de la taille des sociétés concernées, ces différentes orientations semblent bien enclenchées : en témoignent les chiffres des défaillances d’entreprises publiés par la Banque de France à l’issue du mois de juillet. Et, prévient Frédéric Barth, le directeur général d’Altares, "dans ce contexte [de signes de refroidissement de l’économie, d’inflation qui étouffe la consommation des ménages et de la hausse des taux d’intérêt qui pèse sur l’investissement des entreprises], le nombre de défaillances d’entreprises, et donc de pertes d’emplois de dirigeants, continuera de progresser au cours du second semestre 2023 mais encore en 2024. A fin août 2023, la France cumule déjà sur huit mois 34 500 défauts soit le niveau constaté à fin août 2018."
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