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Entreprises / Actions / Bpifrance / Indice entrepreneurial / chefs d'entreprise / Entrepreneuriat / Nicolas Dufourcq / Chaîne entrepreneuriale

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Bpifrance / Indice entrepreneurial / chefs d'entreprise / Entrepreneuriat / Nicolas Dufourcq / Chaîne entrepreneuriale

Les créateurs d’entreprise ne semblent pas regretter leur choix / Rester dans la chaîne entrepreneuriale pour porter de nouveaux projets

L’Indice Entrepreneurial Français 2023 de Bpifrance a mis en évidence un constat. Les anciens chefs d’entreprise ont en majorité cédé (ou cessé) leurs projets avec l’idée d’en créer de nouveaux. Un maillon d’ex-patrons d’ailleurs important dans la chaîne entrepreneuriale française, au sein de laquelle ceux qui ont l’intention de créer une entreprise mais n’ayant pas encore sauté le pas prennent de moins en moins de place. En comparaison, la part de ceux qui portent des projets ou de ceux étant déjà installés à leur tête progresse.
Les créateurs d’entreprise ne semblent pas regretter leur choix -(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Les créateurs d’entreprise ne semblent pas regretter leur choix -(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Après les dirigeants de start-ups interrogés par la Mission French Tech, c’est au tour de Bpifrance d’avoir mené son enquête pour mesurer la fièvre entrepreneuriale en France. Et les constats se rejoignent. L’Hexagone est un endroit toujours plus propice à la création d’entreprise, avec 32 % de la population résidant en France participant à la "chaîne entrepreneuriale", rapporte l’édition 2023 de l’Indice Entrepreneurial de la banque publique d’investissement publié ce jeudi. Cela correspond à 16 millions de personnes en France. Soit une légère hausse par rapport à 2021, puisque cette chaîne ne représentait alors que 30 % de la population.

En clair, celle-ci se compose comme suit : il s’agit d’anciens chefs d’entreprise (18 % des Français), de chefs en poste (17 %), de porteurs de projet (13 %) et d’intentionnistes (8 %, ceux qui souhaiteraient lancer un projet mais n'ayant pas engagé de démarches). Des anciens chefs d’entreprise qui ressortent donc en majorité et dont la proportion a progressé depuis 2021. Une bonne nouvelle ? En tout cas cela ne devrait pas en être une mauvaise, puisque le fait que leur entreprise ait été cédée ou soit entrée en cessation n’est pas nécessairement un signal négatif.

"Trois ex-chefs d’entreprise sur quatre vont continuer un projet entrepreneurial après avoir vendu une activité", a en effet expliqué Laurence Tassone, responsable des Observatoires PME et Création de Bpifrance, à l’occasion de la conférence de presse de présentation de l’étude. 

 

Un récidivisme qui compense

 

D’abord, les cessions d’entreprises (donc une vente) représentent une plus forte proportion que les cessations d'activité. Ensuite, parmi ces dernières, la majorité l’a réalisé avec une autre idée de création de projet. Il en est de même du côté des cessions : 41 % d’entre elles ont été exécutées dans l’idée de fonder une autre entreprise. Au total, explique l’Indice de Bpifrance, "le récidivisme entrepreneurial des ex-chefs d’entreprise surcompense les entreprises qui ont disparu".

Une envie de continuer dans une classe de métier particulière qui répond à des avantages bien identifiés. Le fait d’être son propre patron revient en majorité, du côté des chefs d’entreprise, des porteurs de projets ou des intentionnistes. Les précédentes enquêtes avaient plutôt fait ressortir le fait d’augmenter ses revenus ou son capital comme principale motivation.

"Cette motivation [pécuniaire] perd, d’enquête en enquête, des places dans le classement. Désormais les créations d’entreprises sont motivées par de grands projets, personnels ou collectifs", a précisé Philippe Mutricy, directeur de l’Évaluation des Études et de la Prospective chez Bpifrance.

 

Oser grimper la montagne

 

Autre point positif : la part des intentionnistes dans la chaîne entrepreneuriale recule. La tendance est à la baisse depuis 2016, tandis que la dynamique de l’augmentation de cette chaîne se fait porter par les chefs d’entreprise et ex-patrons (+ 4 points chacun par rapport à 2021) mais aussi par les porteurs de projets (+ 2 points). De quoi observer que la proportion de Français à passer le cap de créer ou reprendre une entreprise s’apprécie.

Restent évidemment certaines prédispositions qui encouragent l’envie d’entreprendre. Mais avec 40 % des interrogés (5 500 personnes représentatives de la population française) ayant indiqué avoir un ou plusieurs entrepreneurs dans leur cercle familial ou amical, et 24 % des répondants ayant déjà aidé quelqu’un à créer, ou à faire fonctionner une entreprise, la culture entrepreneuriale semble prendre ses quartiers dans l’Hexagone.

"Les gens qui ont envie de faire de la haute montagne alors qu’ils sont dans la vallée regardent ceux qui montent et redescendent", a illustré le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, pour imager ce qu’il manquait aux hésitants à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. En reprenant les principaux freins identifiés à la création d’entreprise (revenu trop faible ou instable, excédent de responsabilité ou de stress et manque d’accompagnement professionnel), tout en citant l’exemple des anciens chefs d’entreprise qui restent donc dans la chaîne entrepreneuriale en créant de nouveaux projets, Nicolas Dufourcq a conclu : "C’est ce que dit l’étude : les Français à regarder la montagne sont de plus en plus nombreux. Certains l’ont fait et la peur est tombée : donc ils recommencent".

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