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Indice entrepreneurial / Femmes / Entrepreneuriat / écart / Bpifrance

L’écart entrepreneurial entre les femmes et les hommes se réduit / Des ambitions bien concrètes malgré quelques écueils structurels

Les femmes restent moins présentes que les hommes au sein de la dynamique entrepreneuriale française. Qu’elles aient l’intention de créer une entreprise, qu’elles soient en train de porter un projet, qu’elles dirigent ou aient dirigé une société par le passé, l’Indice entrepreneurial français de Bpifrance prouve néanmoins que l’écart se réduit d’année en année. Certains facteurs structurels contribuent à expliquer ce décalage persistant. Mais la dynamique semble toutefois bel et bien lancée.
Bpifrance (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Bpifrance (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes c’est avec la publication d’un volet dédié à ces dernières que l’Indice entrepreneurial français (IEF, réalisé par l’Ifop pour le compte de l’Observatoire de la création d’entreprises de Bpifrance Création), a mis en lumière une nouvelle encourageante concernant la parité entrepreneuriale. Car si les femmes restent moins engagées dans cette dynamique que les hommes, l’écart tend à se résorber nettement d’année en année.

Intention de créer leur société, port d’un projet, qualités de cheffes d’entreprises ou d’ex-cheffes (ce qui correspond, autrement dit, à la chaîne entrepreneuriale) : la proportion des femmes, en 2023, à être présentes au sein de ce rouage était de 28 %. Certes, l’écart avec les hommes reste de 8 points. Mais depuis 2018, l’implication entrepreneuriale des femmes progresse. Elle a même gagné cinq points en cinq ans. À l’inverse, chez les hommes, même si elle est aussi en hausse en 2023, elle retrouve en fait son niveau de 2018 après un creux observé en 2021. "L’écart est dû à des facteurs structurels. En l’espace de cinq ans, il est assez fulgurant d’observer cette progression mais il faudra patienter un peu pour que les impacts de la conjoncture se fassent ressentir", explique d’ailleurs Laurence Tassone, responsable des Observatoires PME et Création d’entreprise de Bpifrance, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Trois raisons

 

Ces facteurs structurels résultent de trois écueils. Tout d’abord, les femmes pensent moins que les hommes à devenir entrepreneurs (21 % contre 27 %). Et puis, elles sont en général moins exposées à ce monde. Près de la moitié des femmes n’a par exemple pas d’expérience d’entrepreneur, de chefs d’entreprise dans l’entourage, de formation à la création… tandis que la proportion s’affiche à 4 sur dix du côté des hommes. Pourtant, une fois présentes au sein de la chaîne entrepreneuriale, l’écart se résorbe pour se réduire à une poignée de points de pourcentage. "Que l’on soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la frontière, le tropisme entrepreneurial est avéré. La proximité avec cet environnement fait que l’on intègre la chaîne et une fois à l’intérieur, l’on reste très souvent dedans", souligne Laurence Tassone.

Des femmes qui restent tout aussi exposées à l’entrepreneuriat que les hommes une fois qu’elles ont intégré cette chaîne, mais se coiffant pourtant moins d’un profil de "serial entrepreneur". Ce qui vient ainsi clore le panel des facteurs structurels expliquant l’écart de dynamique entrepreneuriale entre les femmes et les hommes. Il en est de même du côté de la poursuite d’une aventure entrepreneuriale après avoir cédé ou cessé l’activité d’une entreprise : la statistique est moins élevée chez les femmes que chez les hommes.

 

La tendance est là

 

Ces problématiques ne masquent pas, pour autant, une dynamique entrepreneuriale féminine qui semble bien lancée. Déjà, outre la réduction de l’écart, la contribution féminine à cette chaîne entrepreneuriale se fait de plus en concrète. Cela s’observe aussi chez les hommes, ou dans la chaîne entrepreneuriale française en général. Mais toujours est-il que la part des cheffes d’entreprise ou ex-cheffes d’entreprise grimpe, quand celle des intentionnistes se réduit. L’élan général est d’ailleurs plus marqué dans les Quartiers prioritaires de politiques de la ville (QVP) que dans le reste de la chaîne. En tout et pour tout, l’indice entrepreneurial y progresse (de 7 points en 2023 chez les femmes, soit autant que chez les hommes entre 2018 et 2023). En revanche, "une fois que le cap de l’intention est passé, la concrétisation arrive plus vite dans la chaîne féminine", observe Laurence Tassone : le taux correspondant dans les QPV est d’une porteuse de projet pour quatre intentionnistes, contre un pour dix chez les hommes.

Plus généralement, entrer dans la chaîne entrepreneuriale semble advenir, pour les femmes, à un plus jeune âge : une sur trois y a moins de trente ans, contre un sur quatre du côté des hommes. Du côté des diplômes, également, les femmes présentes dans cette chaîne ont un palmarès plus significatif. Mais "c’est une étude nationale, ce n’est pas étonnant. Dans l’enseignement supérieur, les femmes sont généralement inscrites dans les filières plus longues, tandis que les hommes font davantage de cycles courts. Rien que dans l’innovation, la tendance générale est que les femmes sont plus souvent titulaires d’un doctorat que d’un diplôme d’école d’ingénieur. Du côté de l’âge, l’explication est plus difficile à trouver. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que le nouveau statut de micro-entrepreneurs a permis à de nombreux jeunes de se lancer", fait valoir Laurence Tassone.

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