WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Emploi des entrepreneurs : séparer les quelques bons grains de trop d'ivraie

En 2018, 50.185 dirigeants d'entreprises ont dû faire face à une liquidation judiciaire, dévoile aujourd'hui un observatoire. Si ce chiffre est trop important et pourrait encore augmenter, certaines données méritent d'être mises en avant.
Entrepreneur - start-up - entrepreneuriat - entreprise - PME - ETI
Entrepreneur - start-up - entrepreneuriat - entreprise - PME - ETI

C'est le type de chiffres qui ne fait jamais plaisir à lire. En 2018, 50.185 dirigeants d'entreprises ont dû faire face à une liquidation judiciaire, soit une hausse de 0,3 % par rapport à 2017, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs publié ce mardi. Évidemment, c'est toujours trop. Néanmoins, certains points méritent d'être mis en avant. D'abord, la situation est quasiment stable depuis l'année précédente. Or, en 2017, le nombre de chefs d'entreprise qui avait connu un revers avait été réduit de 9,2 % par rapport à 2016. Il s'agissait alors de la deuxième année consécutive de baisse, après un pic en 2015 (59.725 dirigeants). La tendance est donc plutôt au déclin jusqu'ici. Néanmoins peut-on être optimiste pour la période à venir ? "En 2019 les défaillances d'entreprises devraient repartir à la hausse, et les dirigeants d'entreprises en situation de perte d'emploi être toujours plus nombreux !", estime Charles Battista, directeur Altares.

Une donnée positive parmi ces chiffres peut également être mise en avant : l'an dernier 691.300 entreprises ont été créées en France, soit 100.000 de plus qu'en 2017. "Plus de 690.000 nouvelles entreprises ont vu le jour en 2018, dont près de la moitié en microentreprises ; un record !", note Charles Battista. Par ailleurs, l'âge médian des dirigeants d'entreprises concernés par les faillites est de 46 ans, d'après ce baromètre, réalisé par GSC, l'assurance perte d'emploi des entrepreneurs et mandataires sociaux, et la société d'études Altares. Si la perte d'emploi chez les dirigeants d'entreprises de moins de 26 ans a augmenté de 6,7 %, c'est néanmoins en raison du grand nombre de sociétés créées par les jeunes depuis deux ans. En revanche, les seniors sont toujours en difficulté (35,8 % des dirigeants touchés par la perte de leur emploi ont plus de 50 ans).

La situation est inégale d'une région à une autre. Près de la moitié des pertes d’emploi est concentrée sur l’île-de-France (23 %), la région Auvergne Rhône Alpes (12%) et PACA (10 %). La majorité des régions françaises (9 sur 13) est impactée par la hausse du nombre d’entrepreneurs en situation de perte d’emploi. Les territoires les plus touchés sont l’Ile-de-France (+7,3 %), l’Outre-mer (+4,6 %) et les Pays de la Loire (+4,2 %). A contrario, les régions Provence Alpes Côte d’Azur (-7 %), Languedoc-Roussillon-Midi Pyrénées (-5,3 %) et Bretagne (-4,8) enregistrent un recul significatif.

Par ailleurs, tous les secteurs ne sont pas exposés de manière égale. Les entrepreneurs du bâtiment (25 %) et du commerce (23 %) représentent toujours la moitié des pertes d’emploi, même s'il convient de noter une légère baisse (-1,6 % et -2,1 %). Les dirigeants exerçant dans les professions en contact direct avec les consommateurs et dont l’activité n’est pas aisément transformable sont les plus à risque. En particulier, 1.051 boulangers et pâtissiers, 5.253 restaurateurs, et 879 coiffeurs ont perdu leur emploi. Les entrepreneurs du secteur du transport routier de voyageurs connaissent un niveau très élevé de perte d’emploi et en particulier les taxis et VTC avec 472 entrepreneurs sans emploi (+66,8 %).

Dernier enseignement de cet observatoire : plus une entreprise est petite, plus elle a de risques d'être touchée. Les artisans, les commerçants, les gérants de TPE qui sont les plus impactés. 6.650 artisans commerçants ont perdu leur emploi en 2018. Ce nombre est toutefois en baisse. Ce n'est en revanche pas le cas pour les professions libérales, avec 1.050 entrepreneurs au chômage (en hausse de 1,6 %). Les gérants de SARL, avec 27.919 sans emploi, forment l’essentiel des pertes. Ils enregistrent néanmoins une chute bienvenue de 5,7 %. À noter que 11.958 autres dirigeants étaient à la tête d’une SAS. Cette hausse de 28,1 % par rapport à l’an passé s’explique notamment par l’augmentation des créations d’entreprises sous ce statut juridique depuis trois ans.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article