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Entrepreneuriat féminin : mythes et réalités

BNP Paribas a publié son premier observatoire de l’entrepreneuriat féminin. On y apprend que les femmes financent leurs entreprises en majeure partie elles-mêmes. Si elles craignent de ne pas dégager suffisamment de revenus, elles sont pourtant globalement très optimistes.
Marie-Claire Capobianco
Marie-Claire Capobianco

Selon l’OCDE, si les femmes créaient autant d’entreprises que les hommes, l’économie française pourrait enregistrer un gain de croissance de 0,4% par an supplémentaire. Afin d’aider les Eve à se lancer, BNP Paribas a notamment signé fin 2017 un accord-cadre avec Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les sexes. Le document prévoit, entre autres, de créer un observatoire récurrent pour mesurer de façon précise et dans la durée les évolutions sur le sujet. C’est chose faite, avec la présentation aujourd’hui du premier document.

Le sondage mené par Occurrence, auprès de 810 personnes, vient confirmer certaines tendances mais aussi balayer quelques idées reçues. Ne serait-ce que sur le profil des femmes interrogées : en moyenne, elles ont 43 ans et ont créé leur société il y a 9 ans. On est donc loin d’une moyenne mettant en avant des entrepreneuses qui viendraient de finir leurs études. Par ailleurs, le secteur d’activités le plus représenté est les services (34%), ce qui peut notamment s’expliquer par le développement des services grâce à internet. Malheureusement, l’étude confirme un faible taux d’entrepreneures spécialisées dans les sciences et la technique (3%). Or ce milieu concerne aussi l’intelligence artificielle, qui sera probablement dans quelques années, un pilier.

Qu’est-ce qui a motivé ces femmes à devenir leur propre patron ? D’abord l’envie de se sentir plus autonome (à 46%), ensuite celle de donner plus de sens à leur vie (28%) et obtenir une vie personnelle et privée plus équilibrée (22%). En revanche, "gagner plus d’argent" n’obtient que 11% des suffrages. La question du portefeuille est néanmoins importante : 37% des femmes interrogées ont peur de ne pas dégager assez de revenus pour elles-mêmes et 30% craignent l’échec financier. En revanche, contrairement à ce que l’on entend parfois, le manque de confiance en soi n’est cité qu’à hauteur de 16% dans les freins. A noter néanmoins que ce sont des femmes qui ont déjà monté leur entreprise qui sont sondées et qu’elles ont donc déjà passé les principaux caps.

L’étude révèle également que 8 entrepreneures sur 10 lancent leur entreprise avec leurs propres économies. Un chiffre élevé. Surtout que viennent ensuite les indemnisations publiques (chômage, RSA etc.) et le financement des proches, 16% et 10% respectivement. "Elles sont dans une sorte d’ostracisme économique", souligne Céline Mas, associée chez Occurrence et présidente d’ONU Femmes France. Le financement participatif ne regroupe lui que 3% des réponses et les levées de fonds que 7%.

Le prêt bancaire ne fait pas beaucoup mieux, ne représentant que 10% des modes de financements. Pour Marie-Claire Capobianco, directrice des réseaux France de BNP Paribas, le frein ne relève pas d’une discrimination genrée dans la gestion des dossiers. C’est d’ailleurs pourquoi BNP Paribas a annoncé lors de l’accord-cadre de 2017 qu’elle prévoyait une enveloppe de deux milliards d’euros destinés à financer les projets féminins. "C’est surtout pour que le chiffre interpelle les femmes", souligne Marie-Claire Capobianco, qui précise qu’en 2017, 1,5 milliard d’euros de prêts ont été distribués à des entrepreneures. La dirigeante ajoute que le financement n’est pas le seul biais à regarder, l’écosystème, les mises en relations etc., sont autant de points à ne pas négliger pour faire avancer l’entrepreneuriat féminin. Quoi qu'il en soit les femmes s'étant lancées dans l'aventure restent très positives, puisqu'elles sont 82% à avoir confiance en l'avenir et 60% à attendre une hausse de leur chiffre d'affaires dans les cinq ans (31% à vouloir le doubler et 16% à le tripler).

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