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Scor / réassurance / Thierry Léger / Fabrice Brégier
Scor se projette en 2026 de manière convaincante / Des objectifs ambitieux doublés d’une nouvelle politique de gestion du capital
Une nouvelle feuille de route pour " tirer pleinement parti des conditions de marché les plus favorables de ces deux dernières décennies". C’est peu de dire que le nouveau plan stratégique de Scor dévoilé jeudi était très attendu. Finalisé par Thierry Léger, le directeur général, arrivé début mai, le plan en question sur lequel avait initialement planché François de Varenne, le patron par intérim, après la démission de Laurent Rousseau en janvier dernier, a pour mission de conforter la place du groupe dans le tout premier cercle des réassureurs mondiaux.
Baptisé "Forward 2026" et couvrant la période de 2024 à 2026, il doit permettre au réassureur d' "accélérer la création de valeur", a-t-il annoncé jeudi. Celle-ci ayant été brièvement mise entre parenthèse l’an dernier alors que le groupe enchaînait plusieurs trimestres de résultats déficitaires. La société a heureusement été remise rapidement sur pied, grâce à un plan d’urgence mené tambour battant. Un redressement éclair grâce auquel Denis Kessler, dirigeant emblématique de l’entreprise décédé en juin d’une longue maladie, avait pu souligner l’importante valeur économique de l’entreprise lors de l’assemblée générale des actionnaires en mai dernier.
Fabrice Brégier ayant depuis été nommé à la tête du conseil d’administration de Scor pour succéder à Denis Kessler, le nouveau tandem qu’il forme désormais à la tête de Scor avec Thierry Léger a dévoilé jeudi deux objectifs à la fois ambitieux et crédibles, à en juger par la réaction des investisseurs. Le premier est un taux de croissance de sa valeur économique de 9 % par an, à taux d'intérêt et de change constants, pour la durée du plan. Il est doublé d’un objectif de solvabilité avec un ratio de solvabilité visé dans la plage optimale de 185% à 220%.
Un rendement des capitaux propres supérieur à 12%
Dans le détail, par segment d’activité, Scor s'attend à ce que sa division L&H de réassurance vie dégage un résultat compris entre 500 millions et 600 millions d'euros par an au cours de la période s'étalant entre 2024 et 2026, pour des flux de trésorerie opérationnels prévus entre 0,2 milliard et 0,4 milliard d'euros en 2026. De son côté, la branche P&C d'assurance et de réassurance dommages et responsabilité, devrait enregistrer un taux de croissance annuel moyen des revenus d'assurance compris entre 4% et 6% entre 2023 et 2026. Et ce avec un ratio combiné P&C inférieur à 87% sur la période de 2024 à 2026, pour un ratio de charge liée aux catastrophes naturelles correspondant à 10% des revenus nets d'assurance.
Des hypothèses sur la base desquelles le groupe vise un rendement des capitaux propres (Return on Equity - RoE) supérieur à 12 % par an sur la période 2024 à 2026. En parallèle, Scor compte poursuivre sa transformation et sa simplification, ce qui lui permettra de maintenir ses dépenses de gestion à un niveau stable entre 2023 et 2026, grâce à 150 millions de réduction de coûts d’ici à la fin de l’année 2026.
Autre argument de poids, Scor introduit une politique de gestion du capital attractive pour ses actionnaires, qui privilégie les dividendes en numéraire mais peut également inclure des rachats d'actions ou des dividendes spéciaux. Et dont le calibrage, au titre de l’exercice en cours, seront annoncés en mars 2024 avec les résultats annuels de l'exercice 2023.
"Nous bénéficions des meilleures conditions de marché des deux dernières décennies et disposons d'un fonds de commerce très solide : Je suis convaincu que Scor va prospérer dans cet environnement porteur, en se développant sur des lignes de métier profitables, en atteignant ses objectifs financiers et de solvabilité, et en créant une valeur significative pour ses actionnaires", a commenté jeudi Thierry Léger. Message entendu, l’action Scor a terminé la séance en hausse 4,7%, à 29,61 euros.
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