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Zone euro : la Commission européenne révise à la baisse ses prévisions de croissance / L’inflation élevée et le resserrement monétaire n’y sont pas étrangers
C’est une bien médiocre performance économique que la zone euro devrait réaliser cette année. D’après la Commission européenne, le Produit intérieur brut (PIB) des vingt pays partageant la monnaie unique devrait progresser de 0,8 % en 2023, soit une révision à la baisse de 0,3 point par rapport à ce qu’elle escomptait au printemps. Pour ce qui concerne 2024, Bruxelles a également ajusté sa prévision de croissance. L’exécutif européen estime qu’elle s’établira à 1,3 % contre 1,6 % précédemment.
Des chiffres qui font pâle figure comparativement à ce que le Vieux continent avait connu la décennie précédente : rappelons qu’entre 2014 et 2018, le PIB de la zone euro a crû, en moyenne, de 1,9 % chaque année.
"Les indicateurs d’enquête laissent entrevoir un ralentissement de l’activité économique au cours de l’été et des mois à venir, avec une faiblesse persistante dans l’industrie et une perte de vitesse dans les services, malgré une forte saison touristique dans de nombreuses régions d’Europe", souligne la Commission européenne, qui rappelle que le premier semestre s’était déjà montré compliqué. Aux premier et deuxième trimestres, l’activité économique de la zone euro a enregistré une croissance de "seulement" 0,1 % (en glissement trimestriel), freinée par les difficultés que connaissent l’Allemagne et les Pays-Bas, économies qui ont toutes deux rencontré un recul de leur activité entre janvier et mars - l’économie néerlandaise s’est également contractée au deuxième trimestre.
"La faiblesse de la demande intérieure, en particulier de la consommation, montre que les prix à la consommation élevés et toujours croissants pour la plupart des biens et services pèsent plus lourd que prévu dans les prévisions de printemps", pointent les économistes de la Commission européenne. Si la croissance des prix à la consommation de la zone euro a significativement ralenti depuis l’automne dernier, passant de 10,6 % en octobre 2022 à 5,3 % en août 2023, son niveau demeure bien au-dessus de l’étiage auquel sont habitués les consommateurs européens.
Dans le même temps, "le net ralentissement de l’octroi de crédits bancaires à l’économie montre que le resserrement de la politique monétaire fait son chemin dans l’économie", explique la Commission européenne. Pour mémoire, dans sa volonté de terrasser l’inflation, la Banque centrale européenne (BCE) a augmenté de 425 points de base ses taux d’intérêt en l’espace de douze mois, ce qui n’a évidemment pas été sans conséquence sur le coût du crédit et les volumes de prêts, ainsi que les banques le rapportent. Il faut dire que le taux d’intérêt des prêts aux entreprises non financières est passé de 1,83 % en juillet 2022 à 4,93 % en juillet 2023.
À noter que parmi les trois plus grosses économies de la zone euro, la France est la seule à voir sa croissance être révisée à la hausse pour 2023 par la Commission européenne. Le PIB du pays des Lumières devrait augmenter de 1 % cette année, contre 0,7 % auparavant. Pour 2024, la Commission a néanmoins ajusté à la baisse sa prévision : le PIB français devrait croître de 1,2 %, contre 1,4 % précédemment.
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