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Accor a regagné la confiance des agences de rating / Le groupe hôtelier devrait bientôt lancer ses rachats d'actions
La page de la pandémie est cette fois-ci bien tournée. Alors que la crise sanitaire avait fait basculer la notation financière du premier groupe hôtelier français en catégorie spéculative à l’automne 2020, cette parenthèse est enfin refermée.
Standard & Poor’s (S & P) a relevé mardi sa note de crédit long terme du groupe Accor de "BB + " à "BBB-" en l’assortissant d’une perspective stable, imitant la même démarche opérée au printemps par Fitch. Avec des arguments qui se ressemblent à quelques mois d’écart. Dès avril, Fitch avait souligné la forte reprise de l’activité et la réduction de la dette d’un groupe bénéficiant du rebond post-pandémique des voyages, et ce malgré une certaine incertitude macroéconomique persistante sur son principal marché européen.
Disposant de davantage de recul, S & P a pu enrichir son diagnostic avec les tendances les plus récentes. L’agence constate qu’"Accor a continué de démontrer une forte reprise de sa performance opérationnelle au premier semestre", et prévoit que ses principaux marchés connaîtront "une bonne activité estivale, portée par une demande de loisirs soutenue et solide".
Un modèle économique allégé
Si le groupe avait davantage souffert que certains de ses concurrents lors de la pandémie, il a démontré sa capacité à se redresser et continue à croître dans un contexte macroéconomique pourtant compliqué par le conflit russo-ukrainien et l’inflation.
Au premier semestre, le chiffre d’affaires a bondi de 35 % par rapport à la même période de 2022, s’établissant à 2,4 milliards d’euros, et l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a doublé sur un an, à 447 millions d’euros. Quant au RevPAR (revenu par chambre disponible), l’indicateur de référence du secteur, il a grimpé de 38 %.
Des performances tout sauf fortuites. Le modèle économique d’Accor s’est renforcé au cours de ces dernières années "grâce à sa transition vers un modèle économique allégé en actifs tout en maintenant sa forte diversification géographique et sa forte diversification de marques ", souligne S & P. Et cette stratégie dite "asset light" devrait se poursuivre, "notamment avec la possible cession à moyen terme d'AccorInvest", la filiale immobilière du groupe, estime l’agence.
Pour le second semestre 2023 et l’année 2024, les tendances d’activités devraient profiter de nouvelles améliorations des taux d’occupation, même si une certaine modération des hausses de prix pourrait avoir lieu. "Aucun signe de fléchissement de la demande n’est observé, ni aucun changement dans le comportement des consommateurs", notent ainsi les analystes de Stifel, pour qui les objectifs récemment relevés pour 2023 – hausse du RevPAR, dans le haut de la fourchette entre 15 % et 20 % et Ebitda entre 930 millions d’euros et 970 millions d’euros – pourraient vite se révéler "trop conservateurs".
3 milliards d’euros pour les actionnaires
Et, tandis que les actionnaires du groupe ont tout lieu de se réjouir de la hausse de près de 50 % du cours de leurs actions Accor, le relèvement de la notation des agences devrait également avoir des implications positives les concernant.
La société avait fait clairement fait du retour de sa notation dans la catégorie investissement la condition sine qua non à toute décision concernant son allocation du capital. Ce qui n’avait pas empêché le groupe, lors de son capital market day de juin, d’annoncer son intention de restituer environ 3 milliards d’euros de liquidités à ses actionnaires d’ici 2027, sous formes de dividendes et de rachats d’actions. Avec cette décision de S & P, " la première tranche d’un programme de rachat d’actions devrait être mise en œuvre au cours des prochains mois", anticipent ainsi les analystes de Stifel.
Des distributions de liquidités qui ne fragiliseront pas la structure financière assainie de l’entreprise. Même si cela contribuera à une augmentation nette de l’endettement, S & P estime que le groupe dispose de suffisamment de liquidités pour supporter ces retours aux actionnaires, fort de 1,6 milliard d’euros au bilan et d’une ligne de crédit renouvelable (RCF) non tirée de 1,2 milliard d’euros à fin juin 2023.
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