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Excès de prudence pour Société Générale ? / Un plan stratégique sous le signe de la rentabilité plutôt que sur le risque

La banque de la Défense a enregistré la plus forte baisse du CAC 40 à la mi-séance ce lundi. Une place de lanterne rouge due à la présentation de son plan stratégique à horizon 2026 qui a fortement déçu les investisseurs.
Slawomir Krupa, directeur général de Société Générale (Photo by JOEL SAGET / AFP)
Slawomir Krupa, directeur général de Société Générale (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Lundi difficile pour Société Générale. Alors que le nouveau directeur général, Slawomir Krupa, en poste depuis quatre mois, présentait ce matin à Londres le nouveau plan stratégique de la banque de la Défense, celui-ci a été très fraîchement accueilli en Bourse. À 13 heures, le titre chutait de près de 10 % à 23,89 euros. Il faut dire que les analystes se sont montrés intraitables. Jefferies, par exemple, s’est dit entre autres "déçu de l’absence de détails".

À la traîne en Bourse face à ses principaux concurrents que sont le Crédit Agricole ou BNP Paribas, Société Générale mise pourtant beaucoup sur sa nouvelle feuille de route, censée en faire une banque "européenne de premier plan, robuste et durable".

 

Renforcer les fonds propres

 

Un nouvel élan marqué cependant par une certaine prudence de la part de la banque dans ses objectifs financiers. Elle vise désormais une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE) comprise entre 9 % et 10 % en 2026 alors qu’elle visait auparavant 10 % en 2025 et que le consensus d’analystes pour 2026 s’élève à 10,2 %.

La croissance annuelle des revenus est pour sa part attendue entre 0 % et 2 % en moyenne sur 2022-2026. Une prévision décevante pour Jefferies, le consensus tablant sur 2,7 % sur la période. Le coût du risque est quant à lui attendu entre 25 et 30 points de base entre 2024 et 2026. Pas suffisant non plus pour les analystes qui sanctionnent : "Ce n’est pas ce que nous attendions. Nous sommes négativement surpris par l’absence de croissance du chiffre d’affaires, l’augmentation de l’objectif de capital, l’objectif de ROTE ", juge Jefferies.

Pour y parvenir, le premier objectif stratégique de Société Générale est de continuer à renforcer son profil financier. Pour l’établissement bancaire, les fonds propres doivent être portés à un niveau cible de ratio CET 1 de 13 % en 2026 sous Bâle IV avec un niveau minimum basé sur un coussin de 200 points de base au-dessus des exigences réglementaires (12 % au premier trimestre 2025, à environ 13 % fin 2025 et à 13 % fin 2026). "Les encours pondérés par les risques du groupe devraient dépasser les 420 milliards d’euros fin 2026", a précisé le groupe, "avec une allocation de capital plus stricte, Boursorama et ALD étant les seuls bénéficiaires d’un supplément de capital organique".

 

1,7 milliard d’euros d’économies d’ici à 2026

 

Par ailleurs, pour améliorer sa rentabilité, Société Générale vise principalement une amélioration de son efficacité. Le coefficient d’exploitation est attendu inférieur à 60 % en 2026 (contre 65,8 % au deuxième trimestre), "avec une amélioration progressive à partir de 2024", a précisé le groupe qui vise "des économies brutes de coûts d’environ 1,7 milliard d’euros à horizon 2026 par rapport à 2022, dont environ 0,6 milliard lié à l’amélioration de la plateforme informatique. Ces réductions seront effectuées à travers la mise en œuvre de plans déjà annoncés, notamment la fusion des réseaux France et les synergies de coûts liées à l’intégration de LeasePlan ", a indiqué la banque.

Dans le détail par métiers, le coefficient d’exploitation dans la banque de détail en France est attendu inférieur à 60 % en 2026 (contre 66,3 % en 2026). Société Générale se donne pour objectifs d’augmenter sa base de clientèle à 17 millions de clients, et de 8 millions de clients pour Boursorama (contre environ 5 millions aujourd’hui). S’agissant de la banque de grande clientèle, le coefficient d’exploitation doit être inférieur à 65 % à cette date sur la base d’une croissance annuelle des revenus comprise entre 1 % et 2 % en moyenne sur les activités de financement et conseil entre 2022 et 2026 et une fourchette de revenus comprise entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros sur les activités de marché. Pour sa banque de détail à l’international, le groupe vise un coefficient d’exploitation inférieur à 55 %, même chose s’agissant des services de mobilité et de leasing, grâce à l’intégration complète de LeasePlan par ALD.

 

Pas de cessions précises annoncées

 

De plus, Société Générale a indiqué vouloir simplifier son portefeuille d’activités. Pour rappel, le groupe a déjà annoncé plusieurs cessions stratégiques en juin dernier, visant à un repositionnement stratégique de ses activités stratégiques et notamment en Afrique. Si la banque n’a donc pas précisé nommément la vente de nouvelles filiales, elle a toutefois indiqué qu’elle mettrait en œuvre une discipline stricte dans la gestion de son portefeuille sur la base de plusieurs critères, à savoir "la cohérence avec l’exigence ESG du groupe, la contribution à la rentabilité, les synergies significatives au sein du groupe ou encore une exposition limitée aux risques extrêmes ".

 

Une réduction de 50 % de l’exposition au pétrole et au gaz

 

Autre annonce de cette feuille de route stratégique pour 2026, et non des moindres, Société Générale entend promouvoir "des activités performantes et durables". La décarbonation de ses activités va donc être accélérée. Le groupe vise désormais une réduction de l’exposition au secteur de la production de pétrole et de gaz avec une cible de -80 % d’ici 2030 par rapport à 2019 - une étape intermédiaire de -50 % (à comparer à l’engagement précédent de -20 %) est prévue en 2025 -. Par ailleurs, la banque s’engage à l’arrêt de l’offre de produits et services financiers dédiés aux projets de nouveaux champs de production de pétrole et de gaz ainsi que la sortie du financement des acteurs privés spécialisés de la filière en amont du pétrole et du gaz. Un nouveau fonds d’investissement pour la transition d’un milliard d’euros, comprenant un volet d’investissement en fonds propres de 0,7 milliard d’euros, va en outre voir le jour. Il visera à soutenir les acteurs de la transition, les technologies vertes, les solutions fondées sur la nature et des projets en finance à impact "en cohérence avec les objectifs de développement durable des Nations Unies".

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