Professions financières / AMF / Certification / influenceurs / Finance / Arpp / Marie-Anne Barbat Layani
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AMF / Certification / influenceurs / Finance / Arpp / Marie-Anne Barbat Layani
L’AMF va certifier les influenceurs de la finance / De quoi aiguiller les professionnels pour limiter les pertes
Protéger les épargnants passe aussi par la formation de ceux qui vantent les mérites de certains investissements sur les réseaux sociaux. Le 7 septembre, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé, en collaboration avec l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), avoir conçu un nouveau module de formation destiné aux influenceurs de la finance. Objectif : aider à la professionnalisation de l’influence commerciale, "une activité désormais encadrée par la loi", a ainsi rappelé le gendarme boursier.
Partant du constat que l’investissement était devenu l’un des secteurs sur lequel communiquaient bon nombre d’influenceurs, l’AMF a donc souhaité apporter son expertise relative au secteur des produits et services financiers - hors banque et assurance - à l’ARPP, dans le cadre d’une collaboration entreprise en 2011. Dans le détail, la formation abordera les produits d’investissement (actions, obligations, ETF, fonds et dérivés), ainsi que les services (conseil en investissement, gestion de portefeuille, réception et transmission d’ordres).
Autre point au programme : le trading et les recommandations d’investissement, les professionnels autorisés, les cryptoactifs, les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN), les biens divers (comme les investissements dans les forêts ou le vin) et le financement participatif… un vaste programme.
Des millions d’euros de préjudice estimés
Si l’AMF s’empare ainsi du sujet, c’est aussi pour répondre à une problématique bien installée. Car les dérives en la matière sont nombreuses.
En témoignent les plaintes déposées contre X en début d’année auprès du parquet de Paris, au nom de près d’une centaine de personnes, pour "escroquerie" et "abus de confiance" au travers du collectif AVI (Aide aux victimes d’influenceurs). Au mois de juin, le parquet a confirmé avoir ouvert deux enquêtes pour des faits d'escroquerie en bande organisée, abus de confiance en bande organisée et pratiques commerciales trompeuses.
La première affaire concerne un groupe de diffusion sur le canal de communication Telegram, animé par un couple d’influenceurs - Marc et Nadé Blata -, où un système de "copy-trading" faisait l'objet de promotion. Plus exactement, il s’agit d’investissements risqués consistant à reproduire les placements de traders professionnels. La seconde concerne quant à elle la promotion du projet NFT Animoon, qui promettait d'importants gains grâce à ces jetons non fongibles ressemblant aux cartes Pokémon. Le préjudice total a été estimé à 6,3 millions d’euros par l’avocat des plaignants. Certains des investisseurs auraient d’ailleurs personnellement pu perdre jusqu’à 100 000 euros. Les deux enquêtes ont ainsi été confiées à la Brigade de Répression de la Délinquance Astucieuse (BRDA), au Service National des Enquêtes (SNE) ainsi qu’à la Direction Générale de la Concurrence, Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF).
Un certificat "option finance" à ajouter au généraliste
Pour rappel, au mois de juin, une loi visant à encadrer la profession d’influenceurs a aussi été adoptée : en donnant une définition légale à ce métier, le texte prévoit aussi d’interdire la promotion de certaines pratiques, comme la chirurgie esthétique ou encore celle d’abonnements à des pronostics de paris sportifs. Enfin, l’obligation de la mention "publicité" ou "collaboration commerciale" a aussi été instaurée.
Pour les influenceurs volontaires souhaitant donc se former à la bonne pratique de l’influence financière auprès de l’AMF, il sera nécessaire d’obtenir un minimum de 75 % de bonnes réponses aux 25 questions à choix multiples. À noter que cette certification option "publicité financière" ne pourra être obtenue qu’en complément du certificat "généraliste", mis à jour des nouvelles dispositions instaurées par la loi du 9 juin 2023, rappelle l’autorité. Lancée par l’ARPP en 2021, cette labellisation généraliste résultant d’une formation en ligne a, à ce jour, été délivrée à près de 1 000 influenceurs français.
"La protection des épargnants est notre première priorité. Si une publication d’un influenceur est rémunérée, il est crucial que le public en soit informé de façon claire. La finance est un secteur très encadré et la communication en matière d’investissement doit respecter des règles, être claire, exacte, non trompeuse, équilibrée. Il apparaît que certains influenceurs l’ignorent. Ce certificat de l’influence responsable en publicité financière contribuera à professionnaliser ce milieu et protéger les épargnants de produits financiers trop complexes ou trop risqués. Nous encourageons les professionnels faisant appel à des influenceurs à s’assurer que ces derniers ont bien obtenu le certificat", a ainsi commenté Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, à l’occasion de l’annonce du lancement du certificat.
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