Politique économique / Politique européenne / transition énergétique / Emmanuel Macron
Politique économique
Politique européenne / transition énergétique / Emmanuel Macron
Une écologie "à la française" / Elle veut concilier transition écologique et pragmatisme économique
"Une écologie qui crée de la valeur et qui s’appuie sur une stratégie industrielle". Emmanuel Macron, président de la République, a dressé très rapidement le décor lors de son allocution dans la foulée du conseil de planification écologique qu’il avait réuni. Le chef d’État a rappelé immédiatement que "120 milliards d’euros par an, c’est le prix de notre dépendance aux énergies fossiles", un montant qu’il souhaite réinvestir ailleurs afin d’être moins dépendant des marchés mondiaux. Un coût conséquent dont RTE s’était déjà fait l’écho la semaine passée.
On le savait déjà depuis ce week-end, c’est désormais officiel, Emmanuel Macron souhaite que "sous ce mandat, on soit totalement sorti du charbon ". Les deux centrales à charbon sur le sol français devraient être converties à la biomasse, en revanche l’ambition européenne de l’occupant de l’Élysée sera bien plus compliquée à mettre en œuvre. C’est pourtant à l’aune de cette réussite que les efforts français prendront du sens.
Convaincre les Vingt-Six
Les annonces ambitieuses ont été nombreuses en ce début de semaine ; 1 million de véhicules électriques produit en France d’ici 2027, passer de 33 milliards d’euros consacrés par l’État à la transition à 40 milliards dès 2024, ou encore une profonde réforme du marché de l’électricité européen d’ici la fin de l’année. Cependant Emmanuel Macron n’a eu cesse de marteler que la pertinence des choix posés se jugera en fonction de l’adhésion de nos partenaires européens à cette vision. Certaines positions fortes du président français seront à défendre à Bruxelles et ailleurs, notamment lorsqu’il a été question " de diminuer le coût de l’investissement pour les grands industriels et les agriculteurs", dans le cadre "d’une meilleure incitation pour le privé" à investir dans la transition.
Plusieurs dispositifs chéris de longue date par Emmanuel Macron ont été mis en avant ce lundi, qu’il s’agisse des clauses miroirs ou encore de s’appuyer sur la taxe carbone aux frontières. Autant d’outils qu’il espère voir adopter ou renforcés pour permettre "une écologie planifiée et financée ". La question des fonds reste prépondérante en particulier pour l’un des piliers de la stratégie hexagonale : le nucléaire dont Paris continue à juger crucial qu’il puisse bénéficier des mêmes facilités de financement que le reste des énergies renouvelables.
Autant de combats qu’il entend bien mener au pas de course sans pour autant juger cela irréaliste. Il a argué qu’il "a été fait la moitié du chemin depuis 1990, il suppose désormais d’aller 2,5 fois plus vite dans les années à venir". Les outils ne manquent pas pour cela, qu’il s’agisse de la loi pluriannuelle d’enseignement supérieur et de la recherche, censée apporter son lot de soutien à l’innovation, ou les 700 millions d’euros déployés à destination des RER métropolitain.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

