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De plus en plus de bons payeurs au sein des entreprises françaises / Mais les grands retardataires se font aussi plus nombreux
Une sur deux qui règle ses factures à temps, mais donc encore une sur deux le faisant avec retard. La dernière étude du cabinet Altares, au sujet des délais de paiement des entreprises en Europe au premier semestre de 2023 et parue ce mardi, a dressé un panorama du comportement en la matière des structures publiques et privées sur le Vieux continent.
Et si la France peut se targuer de voir sa proportion de "bons payeurs" à son plus haut historique (près de la moitié, à 49,3 %), il se trouve tout de même que le retard moyen a, quant à lui, aussi réalisé une progression. En cause : des retards supérieurs à 30 jours de plus en plus fréquents. Les entreprises présentant ce type de défaut représentent désormais 7,6 % des sociétés étudiées, contre 5,7 % il y a un an. Pour rappel, depuis 2008, le délai de paiement accepté entre entreprises est de 30 jours à compter de la date d’émission d’une facture.
Des divergences entre PME et TPE
La situation s’est d’ailleurs plus particulièrement tendue du côté des petites structures. Les sociétés de 10 à 49 salariés ont maintenu leurs retards de règlement sous la barre des 11,5 jours. Mais du côté des entreprises employant de 50 à 200 collaborateurs, ils se sont allongés de plus d’une journée sur un an, pour atteindre 12,4 jours au deuxième trimestre de 2023. "Constat diamétralement inverse chez les TPE", remarque l’étude d’Altares.
En effet, les plus grandes des très petites entreprises françaises (plus de trois salariés) ont maintenu leurs retards de paiement à leurs niveaux de moyenne tandis que les plus petites les ont étendus, les faisant repasser à 12,2 jours sur la période.
De mauvais augure pour la suite
"Les premières analyses de l’été confirment l’incertitude du premier semestre. Les PME restent à la peine. Mais c’est sur le périmètre des très petites entreprises que les tensions seraient les plus fortes. Les TPE de moins de trois salariés pourraient approcher 13 jours de retard sur le troisième trimestre 2023, un niveau très inhabituel pour une population généralement contrainte à des règlements plus prompts", observe ainsi Thierry Million, directeur des études Altares. Une population donc plus souvent soumise à des délais de paiement plus courts, mais dont la trésorerie reste également en première ligne lorsqu’il s’agit de subir ces dits retards de paiement.
Il reste également à souligner que ce sont les plus grandes des entreprises (1 000 salariés et plus) qui présentent les retards de paiement les plus importants. Alors que la moyenne se situe à douze jours en France, ces structures présentent, en moyenne, un retard de 17,7 jours. Conclusion ? Certes, les évolutions sont encourageantes. Malgré les multiples crises sanitaires, sociales ou encore géopolitiques qui ont marqué la France depuis 2020, les retards de paiements se sont progressivement réduits sur les dernières années. Et si en Europe, il apparaît encore difficile de passer sous le "seuil traditionnel" de 13 jours de retard, la France est quant à elle repassée à douze jours, donc, de moyenne.
Questions de RSE et d’un effet domino
Des conclusions qui pourraient donc porter leur lot d’optimisme pour les temps à venir. D’autant que "La question des achats responsables, et donc du respect des délais de paiement, est un enjeu majeur placé au cœur de la démarche RSE des entreprises", pointe Thierry Millon. Une raison pour laquelle, souligne le directeur des études Altares, cette trajectoire positive devra pouvoir embarquer l’ensemble des acteurs du tissu entrepreneurial français, des plus petites aux grandes entreprises.
"Toutefois, les liquidités manquent parfois et l’augmentation des grands retards constatée dans plusieurs pays dont la France, nous rappelle à des réalités très opérationnelles. Il faut des clients qui payent à l’heure pour pouvoir à son tour payer ses fournisseurs à l’heure. Le crédit interentreprises et ses 800 milliards d’euros n’est pas un jeu à somme nulle où les postes fournisseurs et clients s’équilibrent toujours", conclut ainsi Thierry Millon.
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