Macro-économie / Taux / AIE / chaînes d'approvisionnement / métaux / transition énergétique
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AIE / chaînes d'approvisionnement / métaux / transition énergétique
Le talon d’Achille de la transition énergétique / L’approvisionnement en métaux critiques est crucial pour les États
À peine sorti des congestions de la crise sanitaire, voilà que les chaînes d’approvisionnement doivent s’adapter au virage de la transition énergétique. L’appétit des consommateurs pour les voitures électriques s’est fait grandissant en 2022, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) évoque une hausse de 60 % des ventes en un an. Dans le même temps, tout porte à croire que le solaire et le photovoltaïque vont emprunter la même dynamique dans les mois à venir.
Le rapport de l’institution intitulé "Le rôle des minéraux critiques dans la transition vers l’énergie propre" juge que nous sommes face à "une situation [qui] a entraîné une augmentation significative de la demande de minéraux essentiels. Entre 2017 et 2022, la demande du secteur de l’énergie a été le principal facteur à l’origine d’un triplement de la demande globale de lithium, d’un bond de 70 % de la demande de cobalt et d’une augmentation de 40 % de la demande de nickel". Pour l’année passée, la part des applications d’énergie propre dans la demande totale va atteindre 56 % pour le lithium, 40 % pour le cobalt et 16 % pour le nickel, contre respectivement 30 %, 17 % et 6 % il y a cinq ans. Des changements majeurs qui poussent à repenser une partie des chaînes de valeur.
La poule aux œufs d’or
Loin d’effrayer les gouvernants, ces nouveaux marchés s’annoncent prometteurs avec une taille de ces derniers qui, concernant les "principaux minéraux de transition énergétique, a doublé au cours des cinq dernières années, pour atteindre 320 milliards de dollars en 2022, soit une taille à peu près similaire à celle du marché de l’extraction du minerai de fer". Les équipes de l’AIE jugent qu’en conséquence " les minéraux de transition énergétique, qui constituaient auparavant un petit segment du marché, occupent désormais une place centrale dans l’industrie minière et métallurgique".
Pour autant Fatih Birol s’est montré positivement surpris du très grand nombre de gouvernements qui ont dépêché leurs ministres au sommet parisien ; il a ainsi déclaré que "pour être très franc, nous n’osions même pas penser que ce sujet susciterait autant d’intérêt".
Il comprend cependant cet intérêt puisqu’il a immédiatement martelé à nouveau son message d’urgence ; "je vous assure que la transition vers l’énergie verte se fait rapidement et plus vite que beaucoup de gens ne le pensent. Je vous donne deux exemples de toutes les nouvelles centrales électriques, plus de 80 % d’entre elles sont des énergies renouvelables."
Travail de groupe
Tout n’est pas rose pour autant, Fatih Birol juge avec ses équipes "qu’en regardant la situation actuelle dans le monde, il y a un risque que la transition vers l’énergie propre progresse rapidement" et que les ressources disponibles ne soient pas suffisantes et fassent que le rythme soit plus lent que ce qu’il pourrait être. Il en appelle les parties prenantes à se réunir autour de la table. Un discours immédiatement embrassé par Jennifer Granholm, Secrétaire à l’Énergie des États-Unis, cette dernière espérant que les crises passées serviront de leçon sur ce point-là.
Réussir à "réunir toutes les parties prenantes autour de la table" comme le souhaite le patron de l’AIE ne sera pas une mince affaire mais reste indispensable pour affronter les trois blocs de défis qu’il aperçoit sur le sujet. Le premier étant une réflexion sur "comment accélérer la diversification de l’offre", le deuxième se penchant sur la question de la technologie, de l’innovation et du recyclage et enfin le dernier se trouvant être d’arriver "à rendre l’approvisionnement durable et responsable". Avec l’écueil majeur à éviter qu’est la concentration excessive que peut connaître le secteur.
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