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France; souveraineté; critique

Macro-économie / Taux / métaux / Matières premières / réindustrialisation / transition énergétique

Macro-économie / Taux
métaux / Matières premières / réindustrialisation / transition énergétique

L’appétit pour les métaux est là pour durer / La reprise économique en est friande tout comme la transition énergétique

Sécuriser ses approvisionnements est devenu une priorité pour nombre d’États et d’entreprises depuis l’épisode pandémique et les différents métaux n’échappent pas à cette logique. Une double logique conduit à maintenir les différents cours à des niveaux élevés : d’une part la remontée en puissance d’une partie de l’industrie, d’autre part la transition énergétique particulièrement gourmande en ressources minières.
Mine de cuivre. Roberto CISNEROS / AFP
Mine de cuivre. Roberto CISNEROS / AFP

Au revoir la stabilité, place à la course vers les sommets. C’est en substance l’un des derniers messages du blog de la Banque mondiale. John Baffes, économiste spécialiste de l’agriculture au sein de l’institution, ne voit pas l’indice des prix des métaux diminuer dans les prochains mois. Il se projette sur deux ans et voit d’abord cet indicateur " rester relativement inchangé en 2024 avant d’augmenter régulièrement en 2025". Cette dynamique reflète à ses yeux d’une part la "reprise de l’activité industrielle mondiale " et d’autre part " une forte demande tirée par la croissance de la production de technologies d’énergie renouvelable ".

L’économiste signalait ces derniers jours qu’une importante hausse du prix des métaux était à noter en avril. Une progression de l’ordre de 8,9 %, due aux mouvements conséquents tant sur l’étain (+ 15,8 %), l’aluminium (+12,6 %) ou encore le zinc ( +11 %). Les prévisions de Goldman Sachs pour 2024, dont nous nous faisions l’écho en fin d’année dernière, s’inquiétaient d’une "contrainte d’approvisionnement ferme à un horizon de 12 mois" sur l’offre minière mondiale. Les cours n’ont donc pas attendu l’arrivée de celle-ci pour commencer à augmenter.


Devant nous

 

La Banque mondiale partage cette idée d’une année 2025 bien plus propice à une envolée des prix, ce qui pourrait créer de véritables tensions lorsqu’on constate que dernièrement "les prix du cuivre ont grimpé à un sommet en deux ans en avril en raison de préoccupations d’approvisionnement et de signes de résilience de l’activité économique mondiale ".

Le rôle ambivalent de la Chine est souligné par Jeetendra Khadan, économiste principal au sein du groupe des perspectives de la Banque mondiale, et Kaltrina Temaj, analyste de recherche au sein du groupe de prospective de la Banque mondiale. Si les deux spécialistes mettent d’un côté en avant une " faiblesse prolongée du secteur immobilier chinois [qui] devrait continuer à affecter la demande de métaux utilisés dans la construction, en particulier le minerai de fer, qui est important pour le développement immobilier", ils s’attendent également à "des investissements industriels et infrastructurels robustes en Chine [qui] devraient aider à contrebalancer la baisse de la demande pour certains métaux, y compris le cuivre".

D’autres métaux parmi desquels le nickel ou l’étain seraient mis sous tension par une croissance des technologies d’énergie propre. Pas de quoi convaincre les prévisionnistes de la Banque mondiale, qui tablent à court terme sur des " prix du nickel, du minerai de fer et du zinc [qui] devraient connaître les baisses les plus importantes d’une année sur l’autre, à 21 %, 9 % et 6 %, respectivement ". Là où " les prix du cuivre et de l’étain devraient augmenter modestement de 5 % et 4 %, respectivement, tandis que l’aluminium devrait augmenter légèrement de 2 %". Pour l’année suivante, seuls "les prix de l’aluminium et de l’étain [qui] devraient encore augmenter de 4 %", sont mis en avant comme devant progresser substantiellement.


Perturbateurs

 

Plusieurs éléments sont susceptibles de créer la surprise aux yeux des deux experts, une force soutenant les prix des métaux pourrait provenir de mesures de relance supplémentaire dans l’Empire du milieu. L’offre est capable d’être resserrée via des restrictions commerciales plus ou moins drastiques. Tout comme elle pourrait subir une hausse des préoccupations environnementales susceptible de "retarder la délivrance des licences de production et d’exportation ". Certains de ces évènements sont déjà survenus dans un passé récent, les auteurs évoquent ainsi l’interdiction des métaux d’origine russe sur les principales bourses de produits de base aux États-Unis et au Royaume-Uni, une interdiction dont les effets ne sont pas encore quantifiés sur les approvisionnements de cuivre et d’aluminium.

Un scénario est également envisagé concernant une baisse des prix et est lié, encore une fois, à la Chine et aux autres grandes économies. Une moindre croissance y aurait comme conséquence de diminuer l’activité industrielle et in fine la demande de métaux.

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