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Chalmin; Cyclope; souveraineté;

Macro-économie / Taux / Chine / métaux / croissance / Matières premières

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Chine / métaux / croissance / Matières premières

La croissance mondiale dépend encore et toujours de l’Empire du Milieu / Le cours de nombre de minerais et métaux dépend de près ou de loin de la Chine

Difficile aujourd’hui d’arriver à prendre le pouls d’une économie chinoise bouleversée par la pandémie et qui ne sera plus jamais la même. La Bible des matières premières qu’est le CyclOpe 2024 vient d’être publiée et évoque la Chine comme facteur majeur d’incertitude de la croissance cette année. La publication dirigée par Philippe Chalmin revient également sur la place de l’Empire du Milieu dans le commerce mondial, jugée comme très différente d’il y a quelques années.
L'appétit chinois pour les minerais est toujours aussi fort. Guo Yu / XINHUA / Xinhua via AFP
L'appétit chinois pour les minerais est toujours aussi fort. Guo Yu / XINHUA / Xinhua via AFP

"La croissance mondiale serait inférieure à 5 %, la principale différence entre les différentes prévisions étant le coefficient attribué à la Chine". Le CyclOpe 2024, publication de référence sur les matières premières, ne déroge pas au consensus d’une Chine comme variable des prévisions. Ainsi il est évoqué concernant cette dernière d’une part "le chiffre officiel qui sera probablement de l’ordre de 3 % ou bien une évaluation plus réaliste autour de 4 %, voire même inférieure". Cette question de la crédibilité des chiffres publiés par les organes d’État complique chaque anticipation.



Réorganisation


Cependant les effets du Covid commencent à se faire de plus en plus prégnants pour l’Empire du Milieu, le CyclOpe avançant qu’à compter de la fin de l’année passée, on observait des "flux commerciaux entre la Chine et l’Asie du Sud-Est [qui] ont dépassé en effet les échanges entre la Chine et l’Europe, de même que leur équivalent entre les États-Unis et la Chine". Pékin commerce davantage avec ses voisins les plus proches.

Pourtant une constante demeure : celle de la proéminence de la Chine sur la question des minerais et différents métaux. Le chapitre dédié se montre circonspect sur la question d’un rebond des cours mondiaux et s’interroge sur l’existence d’un "espoir légitime ou [d’une] illusion tenace ". Cela malgré une "évidence d’une demande de ressources minérales amenée à croître sensiblement au cours des deux prochaines décennies, portée par la transition énergétique, mais également par l’essor démographique et l’urbanisation".

 

Jeu trouble

 

Un des facteurs expliquant cette indécision réside dans le rôle prépondérant qu’occupe la Chine dans la chaîne de valeurs des métaux. En occupant une place " tantôt importatrice, tantôt exportatrice, elle influence en large part l’orientation haussière ou baissière de leurs cours", dans bon nombre de situations elle est à même d’en contrôler l’offre. Notamment dans un "certain nombre de ressources minérales qualifiées de ‘critiques’:celles de la transition énergétique précisément".

Le point sur le Cuivre en témoigne avec une Chine qui pèse 54,4 % de l’offre mondiale et étant considéré comme s’affirmant de nouveau tel " le principal raffineur primaire et secondaire de cuivre (représentant des tonnages de 12,3 millions de tonnes, en progression de 14 % par rapport à 2022)". CyclOpe se projette sur un métal rouge en hausse de 6 % en 2024, légèrement plus que le département de recherche de Fitch, qui mise quant à lui sur une hausse de 4 %, tout en rappelant que la politique monétaire américaine pourrait contribuer à dévaluer le dollar. L’impact sur le cours du cuivre ne manquerait pas de survenir tout "comme sur celui de beaucoup d’autres matières premières, rendant cette croissance toute relative."

Pourtant les experts ayant contribué à cette édition de la Bible des matières premières sont formels, ils continuent à penser que "l’appétit pour ce métal ne pourra qu’être grandissant, la production suivant cette demande structurelle à mesure que les politiques de transition énergétique se mettent en place à travers le globe, en Chine notamment". Philippe Chalmin et Yves Jégourel, respectivement président-fondateur de CyclOpe et co-directeur, n’ont pas manqué de s’inquiéter pour le Vieux continent, regrettant une certaine vision de la transition environnementale dans laquelle ils voient "une incohérence à refuser toutes exploitations minières" et rappelant qu’il faudra un certain nombre d’années avant que la filière du recyclage fonctionne à plein régime. Ils jugent que cette question de l’acceptabilité sociale aura comme conséquence que "les mines en Europe vous pouvez les oublier".

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