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Le couple franco-allemand veut encore croire en son avenir / Les récentes divergences ne seraient pas irrémédiables
"L’amitié franco-allemande est une condition sine qua non à une Europe forte". Aucune concession n’est possible sur le sujet pour Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie. Alors que les divergences entre Paris et Berlin ont éclaté au grand jour ces derniers mois, tantôt sur le financement de nucléaire hexagonal par des fonds européens ou encore sur le projet de char franco-allemand.
Rien n’est encore joué pour lui, qui a rappelé au souvenir de son assistance à quel point les négociations autour du lancement de l’euro avaient été compliquées. Pourtant aujourd’hui il estime que "l’euro est un succès planétaire, le marché unique fonctionne à plein régime", fort de la conviction que "nos obstacles ne sont rien comparés à ce qui nous ressemble", il espère bien construire avec Berlin "une industrie qui fera de l’Union européenne le vrai champion de cette révolution écologique".
L’épineuse question énergétique
Tout n’est pas au beau fixe pour autant, le ministre délégué reconnaissant que le défi "le plus difficile est la réforme du marché européen de l’énergie" et qu’il convient de s’y attaquer en premier. Une fois actée, elle doit permettre au Vieux continent "de disposer d’un coût compétitif de l’énergie, qui est un objectif européen".
Ce sujet n’est pas une mince affaire et Guy Maugis, président de la Chambre Franco- Allemande de Commerce et d’Industrie, en convient également. Ce dernier a cependant regretté que s’il est "fait volontiers état des divergences sur l’énergie, le budget ou l’armée", elles ne sont pas irrémédiables et il "se félicite de leur éclatement au grand jour, c’est le premier pas vers un consensus". Sven Giegold, secrétaire d’État au ministère fédéral de l’Économie et de la Protection du Climat, l’a rejoint et dans un français presque impeccable a rappelé que bien des outils pour dépasser les difficultés du moteur de l’Europe existent déjà.
Il a ainsi évoqué la création "des marchés verts, que nous devrions utiliser ensemble", tout comme il a laissé entendre que les derniers jours avaient été fructueux puisqu’il a été question d’un travail commun "avec la France pour l’élaboration d’un commun à destination de l’Union européenne afin de baisser la charge (administrative ndlr)" pour permettre aux entreprises de se concentrer sur leur cœur de métier.
Le concret se fait attendre
Un point plus concret que Roland Lescure a appuyé, arguant qu’"on peut dire ce qu’on veut à Paris et à Berlin, s’il n’y a pas de concret dans les Territoires, on n’arrive à rien". Il n’a pas hésité à prendre l’assemblée à témoin en leur déclarant "si vous avez des idées ou des blocages administratifs, faites nous en part !".
Son homologue allemand a certes été très concret également mais a aussi alerté sur l’urgence du couple franco-allemand à agir face à des problématiques plus abstraites. Notamment en ce qui concerne l’Intelligence artificielle, où il redoute qu’à trop tarder l’Europe n’arrive "pas à suivre le rythme des technologies de ruptures" et échoue "à ne pas devenir de simples utilisateurs ". Il espère que les prochains mois permettront à Paris et à Berlin de travailler "ensemble à créer la sécurité et la clarté juridique nécessaire pour investir " dans ces domaines.
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