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ESG / Saint-Gobain / Benoit Bazin / Sénat / Commission des affaires économiques

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Saint-Gobain / Benoit Bazin / Sénat / Commission des affaires économiques

Chez Saint-Gobain, l’isolation est le maître-mot / Benoit Bazin s'est exprimé sur la transition énergétique au Sénat

Le directeur général de Saint-Gobain a été entendu par la commission des affaires économiques du Sénat ce mercredi. Pour Benoit Bazin, la transition énergétique dans le secteur du bâtiment passera nécessairement par la rénovation, avec l’isolation en fer de lance.
Benoit Bazin devant la commission des affaires économiques du Sénat (DR)
Benoit Bazin devant la commission des affaires économiques du Sénat (DR)

Procéder à un changement de pompes à chaleur dans un bâtiment pour améliorer sa performance énergétique, un faux débat ? Si le sujet reste de prime importance, le directeur général de Saint-Gobain Benoit Bazin a tenu à rappeler ce mercredi matin, devant la commission des affaires économiques du Sénat, qu’il apparaissait tout aussi  "important de focaliser également tous les efforts possibles dans l’efficacité énergétique de l’enveloppe du bâtiment, soit l’isolation. Cela permet de diviser par six ou sept la consommation énergétique d’un bâtiment. Les solutions techniques existent dans le secteur. Cela peut être un réservoir fantastique, avant même de se concentrer sur la substitution de la source d’énergie", a ainsi expliqué le dirigeant du géant français des matériaux de construction.

Un marché de la rénovation sur lequel Saint-Gobain souhaite adopter une position novatrice et qui représente 50 % de ses activités dans le monde. L'impact sur l’efficacité énergétique des bâtiments est, de fait, important : les solutions de rénovation et de construction durable peuvent permettre d’éviter l’émission d’1,3 milliard de tonnes de CO2 sur l’ensemble de la durée de vie d’un bâtiment. "C’est quarante fois notre empreinte carbone sur les scopes 1, 2 et 3 [donc émissions directes, indirectes et sur l’ensemble de la chaîne de valeur, ndlr] et cela correspond aussi à l’addition des émissions de CO2 annuelles de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni réunis", a pointé Benoit Bazin devant les sénateurs.

 

Plusieurs leviers

 

Une solution d’autant plus efficace, pour le directeur général de Saint-Gobain, que les procédés de fabrication des matériaux de construction se décarbonent eux aussi. Et, ce, au travers de plusieurs leviers. L’aspect recyclable de ses produits, déjà, puisque la laine minérale que le groupe confectionne contient par exemple 70 % de matière recyclée en France. Ou encore quant au fait que le verre soit recyclable en intégralité et à l’infini. La circularité, aussi, qui s’organise plus aisément grâce à des boucles locales des matériaux permises entre autres par l’organisation du modèle d'affaires de Saint-Gobain par zone géographique plutôt que par activité. Enfin, l’efficacité énergétique : le groupe possède par exemple deux usines, en Norvège et au Canada, fonctionnant intégralement grâce à de l’électricité décarbonée.

A Benoit Bazin de préciser que subsiste une problématique de visibilité afin de pouvoir basculer intégralement sur ce type d’énergie, à la fois sur les prix mais aussi sur sa disponibilité. D’autant que les objectifs environnementaux que s’est fixé le groupe à horizon 2050 sont finalement proches. "Notre réalité est différente. Une usine de verre plat dure vingt ans. Pour atteindre nos objectifs en 2050, cela signifie que ce type de site devra être prêt en 2030. Cela représente 150 millions d’euros d’investissement, donc il nous faut un pilote industriel en 2025. […] Nous concernant, 2050 est demain et il n’y aura pas d’innovations de rupture disponibles sur le marché d’ici là. Il nous faut donc travailler sur l’excellence opérationnelle, améliorer les rendements et réduire les déchets", a expliqué le directeur général.

 

Joindre le concret aux actes symboliques

 

Le groupe vise, en tout cas, la neutralité carbone à cette échéance, tandis qu’en 2030, Saint-Gobain devrait avoir contracté ses émissions des scopes 1 et 2 de 30 % par rapport à 2017.

Des prévisions qui nécessitent donc la mise en œuvre d’actions concrètes. Mais il existe aussi des "actes symboliques importants. Il sera bientôt demandé aux entreprises de signer une charte d’engagement pour la sobriété des bâtiments tertiaires privés", a notamment souligné Benoit Bazin. Cependant, le terme d’isolation n’y figure pas, a-t-il regretté : "C’est pourtant, fondamentalement, le premier geste à adopter. Si l’on raisonne uniquement dans un angle CO2, oui, faire passer une pompe à chaleur du fioul au gaz a du sens. Mais il n’est pas possible de ne pas apporter le confort nécessaire à nos concitoyens. Il faut aussi garder en tête que l’électricité verte décarbonée ne sera peut-être pas disponible en surabondance d’ici", a-t-il rappelé.

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