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Intelligence artificielle / travail / slack / IA générative / productivité / Nicolas d'André

Le monde du travail se laisse amadouer par l’intelligence artificielle / Questions de productivité et de confiance

À contre-courant des idées selon lesquelles l’intelligence artificielle pourrait venir se substituer aux emplois, une étude menée par OpinionWay pour l’entreprise Slack fait ressortir que nombre de salariés envisagent finalement cette technologie comme un avantage. En cause : des gains de temps qui permettraient de se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée, venant de ce fait accroître la productivité du travail. Pour autant, encore reste-t-il nécessaire de s’assurer d’utiliser des outils de confiance.
(Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Les craintes vis-à-vis de l’intelligence artificielle (IA) semblent s’estomper au fur et à mesure que la technologie se développe. En effet, pour 70 % des travailleurs spécialisés dans des métiers dits de "savoir" et 62 % de salariés dits "de première ligne", l’IA représenterait une avancée majeure pour la société française, a observé une étude menée par OpinionWay pour l’entreprise spécialisée dans la centralisation des flux de travail Slack.

Une statistique qui s’inscrit a contrario des inquiétudes relatées au sujet d’un remplacement des salariés par cette technologie. "C’est un résultat qui nous a effectivement surpris dans le bon sens. Il y a quelques années, l’IA était une boîte noire algorithmique, qui produisait des notes fermées et brutes. Il y avait donc une tendance naturelle à s’en méfier, puisqu’il s’agissait d’un système d’expert. Avec l’IA générative, la technologie est désormais dans les mains de chacun : une personne sur deux a déjà utilisé ChatGPT", explique Nicolas d’André, directeur général de Slack France, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Plus de temps à utiliser consciencieusement

 

Et tandis qu’une grande partie de la méfiance à l’égard des évolutions de l’IA (notamment avec l’apparition de l’IA générative, qui reproduit les capacités cognitives humaines), provenait du fait qu’elle puisse venir se substituer aux emplois salariés, l’utilisation de l’IA dans le cadre du travail apparaîtrait finalement comme un point positif pour les sondés. Elle permet en effet, selon la majorité d’entre eux (66 % pour les employés côté savoir et 52 % pour les employés côté première ligne) de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée. Des tâches donc plus stimulantes et auxquelles ils auront davantage de loisir à consacrer, la plupart des interrogés considérant aussi que la technologie leur permet de gagner du temps, à hauteur de 73 % pour la première catégorie de sondés et de 64 % pour la seconde.

À titre d’illustration : pour venir perfectionner ses outils existants, Slack a développé une plateforme d’IA conversationnelle, Slack AI. Elle permet de résumer des conversations professionnelles ou d’aider à la rédaction dans un objectif d’efficacité. "Cela brise les silos d’information. Par exemple, en revenant de vacances, la plateforme a pu me résumer ce qu’il s’était passé en mon absence. J’ai ainsi évité de perdre du temps ou d’en faire perdre à mes collaborateurs. On s’attache à supprimer, en fait, des tâches répétitives", démontre Nicolas d’André. En moyenne, l’IA pourrait venir faire gagner six heures par semaine aux travailleurs du savoir et cinq heures aux travailleurs de première ligne, remarque d’ailleurs l’étude.

 

S’assurer sur les données et sur l’efficacité

 

Encore faut-il, pour réellement gagner du temps, se doter d’un outil de confiance qui ne produira pas d’effets secondaires négatifs. D’une part, dans ce cas d’exemple, parce que le produit est destiné aux entreprises. Puisque l’IA générative se développe en "apprenant" à reproduire des tâches humaines grâce à l’apprentissage de données, ces dernières se doivent d’être protégées avec rigueur. "C’est un vrai sujet, d’autant que les clients de Slack [soit des entreprises de la French Tech comme Doctolib, Veepee, Alan, trente-deux des entreprises du CAC 40 et de grandes multinationales comme Netflix, Paypal, AirBnB, Nike, ou encore IBM, ndlr] nous confient des données sensibles. Il est donc hors de question d’avoir un libre accès à celles-ci. Le cloisonnement des données est un premier vecteur de confiance de l’outil. Il y a aussi le fait de ne pas exploiter les données pour d’autres clients et de ne pas les revendre pour produire de l’IA", souligne le directeur général de Slack France.

Un premier gage de confiance pour les clients, auquel doit aussi s’ajouter l’assurance de l’efficience de la technologie. Pour éviter, justement, de devoir faire un double travail de vérification par la suite. "Il faut aussi être capable d’éviter les biais qui pourraient par exemple survenir avec un surapprentissage. Il ne faut pas faire n’importe quoi, l’outil est certes dans nos mains mais il y a des garde-fous à mettre en place", prévient Nicolas d’André. À ce sujet, les acteurs du secteur semblent en tout cas s’accorder sur un point : il s’agit avant tout de maîtriser la technologie plutôt que de la craindre. Un constat que partage le directeur général de Slack France. "Pour générer de la confiance, il faut pouvoir garder la main. Un résumé proposé par notre plateforme est sourcé, il peut être vérifié et modifié. C’est une aide à la décision conversationnelle, mais nous restons pilotes. Il faut utiliser ces technologies dans cet esprit. Cela ne viendra pas remplacer des emplois, mais plutôt supprimer des automatismes redondants", conclut Nicolas d’André.

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